Phocylide, XV. (Moralistes anciens, p
LES QUATRAINS DE PIBIiAC. 33
46. Qui a désir d'exploiter sa prouesse, Donite son ire, et son ventre, et ce feu Qui dans nos cueurs s'allume peu à peu, Soufflé du vent d'erreur et de paresse.
47. Vaincre soymesme est la grande victoire : Chacun chez soy loge ses ennemis.
Qui, par l'efïort de la raison soubmis, Ouurent le pas à l'éternelle gloire.
48. Si ton amy a commis quelque offense. Ne va soudain contre luy t'irriter, Ains doucement, pour ne le despiter, Fay luy ta plainte, et reçoy sa défense.
49. L'homme est fautif : nul viuant ne peut dire N'auoir failly. Es hommes plus parfaicts, Examinant et leurs dicts et leurs faicts,
Tu trouueras, si tu veux, à redire.
50. Voy l'hypocrite auec sa triste mine : Tu le prendrois pour l'aisné des Gâtons, Et ce pendant, toute nuict, à tastons.
Il court, il va pour tromper sa voysine.
46. «rXtjbaarjç, Y^taipoç, aîôot'wvxpciÎTEi. » Fragm. phil. gi'OBc, p. 282, n» 4. — Ibid., p. 527, n» 231. •
47. Fragm. phil. graec, p. 345, n" 75; p. 499, n" 32. — Publius Syrus, p. 803, col. 2, V. 1; p. 812, col. 1, v. 9.^ — Baïf, Mimes, 107, 144. — Le vers « Chacun chez soy loge ses ennemis » rappelle une sentence de Publius Syrus : « Gravier est inimicus qui latet in pectore. » (P. 779, col. 1, V. 9.)
48. Hésiode, Travaux et jours, 709-714. — Théognis, XXXVII. {Moralistes ancie7is, p. 34.) — Pythagore, Vers dorés, V. (Ibid., p. 166.) — Publius Syrus, p. 766, col. 2, v. 3. — Baïf, Mimes, p. 272, str. III.