Dessus la loy tes iugemens arreste
Et non sur l'homme : elle [est]* sans affection, L'homme, au contraire, est plein de passion : L'vn tient de Dieu, l'autre lient de la beste.
86. Le nombre sainct se iuge par sa prenne, Tousiours égal, entier ou desparty :
Le droict aussi, en Atomes parly, Semblable à soy tousiours égal se treuue.
œuvre à Phalaris, tyran d'Agrigento, fut le premier à subir ce supplice rafllnc. (Plutarque (?), Parallèles d'histoires gr. etrom., 78; Diodore de Sicile, Biblioth. Idstor. [trad. Miot], t. III, ix, p. 60.)
84. Publius Syriis, p. 790, col. 2, v. 8. « Nenio esse judex in sua causa potest. »
86. Le sens paraît être : De même que le nombre saint est recon7iaiS' subie à le qualité qu'il a de demeurer toujours épal, qu'il soit ou non
' Faute d'ajoater ce vei'be, la phrase paraîtrait boiteuse; d'autre part, la correction donne au vers une syllabe de trop, mais il est à croire que Pibrac comptait a/j'ectioii pour trois syllabes.- Cf. le v. 3 du Quatrain 96.
87. Nouueau Vlysse, appren du long voyage A gouuerner Ithaque en équité :
Maint vn a Scylle et Gharybde euité,
Qui heurte au port, et chez soy faict naufrage.
88. Songe long temps auant que de promettre : Mais si tu as quelque chose promis,
Quoy que ce soit, et fust ce aux ennemis, De l'accomplir en deuoir te fault mettre.
partagé, de même la moindre des actions justes renferme toute la justice et découle d'un principe qui se retrouve entier dans chaque application qu'on en fait. — Eesterait à savoir quel est le nombre qu'on appelle saint '} D'après Agrippa, que cite dans ses notes M. Claretie, ce seraient 4 et ses multiples. La conjecture est acceptable, car, pour les pythagoriciens, 4 représentait la justice; on le regardait comme « le nombre des nombres », et lorsque les partisans de la secte voulaient prêter un serment très solennel, ils juraient par la Tétractys mystique, « source, affirmaient-ils, et racine de l'éternelle nature ». (Chaignet, II, 117-118.) Voilà, certes, de solides raisons pour accorder à 4 la sainteté. Le malheur, c'est que 3 et 5 ne sont guère moins saints que 4:(ibid., 119), et l'embarras se complique de ce fait que 9 a, lui aussi, un caractère sacré. (Ibid., 122-3.) Est-ce tout? Nullement. Le nombre 10 entre en concurrence avec les précédents, attendu qu'il figure « la force interne et incréée qui produit la permanence éternelle des choses de ce monde ». (Ibid., 98.) Quel rôlel Aucun, je pense, n'est plus beau, sinon celui du « nombre ineffable », de l'Un, cause avant la cause, et que l'on tient non seulement pour un dieu, mais pour le dieu par excellence. [Ibid., 13, 52.) On le voit donc, il est difficile d'établir quel est le nombre vraiment saint, et nous avons d'autant moins le droit de prêter sur ce sujet telle ou telle opinion à Pibrac, que nous ne savons pas exactement à quelle source il a puisé. La théologie chrétienne avait appliqué aux dogmes et aux mystères la théorie des nombres ; les philosophes du xvi« siècle s'étaient presque tous inspirés des songes pythagoriques, et l'on conçoit, par suite, que le vers des Quatrains qui nous occupe peut, selon le texte dont il dérive, désigner des nombres bien différents.
87. « Il y a des gens, l'emarque Démocrite, qui sont les maîtres de leur ville et les esclaves de leur femme. » [Fragm. phil. graec, p. 351, n» 181.) La maxime grecque est plus bourgeoise que la française; elle concerne le ménage, non la cité, mais l'antithèse qu'elle présente ne diff'ère pas, au fond, de celle que Pibrac a marquée.
88. Publius Syrus, p. 774, col. 1, v. 5; p. 776, col. 1, v. 6; p. 790, col. 1, V. 1. — Trésor de sentences, p. 15. — Fénelon, III.
89. La loy soubs qui Testât sa force a prise, Garde la bien, pour goiïe (lu'elle soit :
Le bon heur vient d'où l'on ne s'apperçoit, Et bien souuenl de ce que l'on mesprise.
90. Fuy ieune et vieil de Circe le bruuage; N'escoute aussi des Serenes les chants, Car, enchanté, tu courrois par les champs, Plus abruty qu'vne beste sauuage.
91. Vouloir ne fault chose que l'on ne puisse, Et ne pouuoir que cela que l'on doit, Mesurant l'vn et l'autre par le droit, Sur l'éternel moule de la lustice.
92. Changer à coup de loy et d'ordonnance. En faict d'estat, est vn poinct dangereux, Et si Lycurgue en ce poinct fut heureux. Il ne fault pas en faire conséquence,