le hay ces mots de puissance absolue
De plein pouuoir, de propre inouuement : Aux saincts Décrets ils ont premièrement, Puis à nos loix, la puissance toluë.
92. « Car de vouloir enlrepreiidre de changer du premier coup ou de reformer à sa mode la nature de tout un peuple, il n'est ny facile ny seur, par ce. qu'il y faut un long temps et une grande authoritc et puissance. » (Plutarque, t. XV, Instruction pour ceulx qui -manient affaires d'estat, p. 107.) — Lorsque Lycurgue prit en main le gouvernement de Sparte, il trouva la ville troublée et dissolue au dernier point. C'est pourquoi il se décida sur l'heure à « changer eittiorement toute la police : estimant que faire seulement quelques loix et ordonnances particulières ne servirffitde rien, non plus qu'à un corps tout gasté et plein de toutes sortes de maladies, rien no prouliteroit ordonner quch^ue légère médecine. » (Li/curgus, 2 et 7.)
94. Croire léger, et soudain se résoudre, Ne discerner les amis des flateurs, leune conseil, et nouueaux seruiteurs, Ont mis souuent les hauts estats en poudre.
95. Dissimuler est vn vice seruile, Vice suiuy de la desloyauté :
D'où sourd es cueurs des grands la cruauté, Qui aboutit à la guerre ciuile.
96. Donner beaucoup sied bien à vn grand Prince, Pourueu qu'il donne à qui l'a mérité,
Par proportion, non par equalité.
Et que ce soit sans fouler sa prouince.
97. Plus que Sylla c'est ignorer les lettres, D'auoir induit les peuples à s'armer :
On trouuera, les voulant desarmer,
Que de subiects ils sont deuenus maistres.
95. Baïf, Mimes, p. 193. « Mentir, c'est fait d'vne ame vile; | Dire vray, c'est chose gentile. »
96. Maxime dangereuse I... Baïf partage l'opinion de Pibrac, et il écrit : « A Dieu, la maiesté Royale | Par libéralité s'égale. » [Mimes, ^p. 22.) Mais Montaigne observe, avec plus de finesse et d'indépendance, qu'un prince « n'a rien proprement sien »; qu'il y a peu de mérite à montrer de la générosité « aux despens d'aultruy » ; que l'exercice de cette vertu est vain « en mains si puissantes ». {Essais, 111, vi, pp. 469-70.) — Pasquier exprime la même idée. [Lettres, XII, 8, col. 344, C-D.) 11 voudrait que ^es rois fussent avares, et qu'ils imitassent le bon Louis XII, « lequel, ores que des courtisans fut estimé un tacquin, pour estre plus retenu en ses dons, si rapporta-t-il l'éloge, après sa mort, de Père du peuple. »
97. Sylla n'était pas un ignorant, puisque, au témoignage de Plutarque, non seulement il paraît avoir eu du goût pour les livres [Sylla, 53), mais il fut lui-même un écrivain, et rédigea ses mémoires. {Ibid., 75.) Cela étant, les mots « ignorer les lettres y> ne peuvent avoir, dans notre texte, leur sens ordinaire. 11 suffit, pour les bien interpréter, de remonter à leur source. C'est une phrase où Suétone parlant de César, et désirant prouver à quel point ses opinions étaient tranchantes, allègue, entre autres, celle-ci : « SuUam nescisse literas, qui dictaturam deposuerit. » [Caesar, 77.) Comme il est manifeste que l'on peut abdiquer la dictature
98. Ry, si tu veux, va ris de Democrite, Puis que le monde est purtî vanité :
Mais quelquefois, touché (riiumanité, Pleure noz maux des larmes d'Heraclite.
99. A l'estranger sois humain et propice, Et, s'il se plainct, incline à sa raison : Mais luy donner les biens de la maison, C'est faire aux tiens et honte et iniustice.
100. le t'apprendray, si tu veux, en peu d'heure, Le beau secret du bruuage amoureux :
Ayrae les tiens, tu seras aymé d'eux;
Il n'y a point de recepte meilleure.
101. Crainte qui vient d'amour et reuerence Est vn appuy ferme de Royauté :
Mais qui se faict craindre par cruauté, Luymesme craint et vit en deffience.
sans être, pour autant, un illettré, on doit donner à l'expression que Suétone rapporte une signification générale et figurée. César voulait dire sûrement que Sylla ne savait pas le premier mot de la politique, lui qui avait renoncé au pouvoir, et Pibra.c, dont le français est quelquefois si latin, applique cette formule à ceux qui ont poussé le peuple à s'armer. ,
98. Montaigne, après avoir parlé de l'ironique gaieté de Democrite et des larmes d'PIéraclite, déclare : « l'ayme mieulx la première humeur, non parce qu'il est plus plaisant de rire que de plorer, mais parce qu'elle est plus desdaigneuse et qu'elle nous condeume plus que l'aultre. le ne pense point qu'il y ayt tant de malheur en nous comme il y a de vanité. » (Essais, I, L, p. 153.) Cf. Baïf, Mimes, p. 123.
99. Prov. de Salomon, V, 10. — Lévitique, XIX, 33-4; XXIV, 22. — Phocylide, XXV. (Moralistes anciens, p. 85.)
101. Fragm. phil. graec, Solon, p. 220, — Périandre, LXVI. (Moralistes anciens, p. 147.) — Plutarque, t. XVI, Apophth. des Lficédémoniens, p. 7. — Publius Syrus, p. 777, col. 1, v. 8; p. 788, col. 1, v. 10; p. 790, col. 1, V. 5. — Stobée, Sernio CIII, p. 173, 53 [DémocriteJ; Sermo CV, p. 177, 31.
102. Qui sçanroit bien que c'est qu'vn Diadème, Il choisiroit aussi tost le tombeau
Que d'aiïeubler son chef de ce bandeau : Car aussi bien il meurt lors à soymesme.
103. De iour, de nuict, faire la sentinelle, Pour le salut d'autruy tousiours veiller, Pour le public sans nul gré trauailler, C'est en vn mot ce qu'Empire l'appelle.
104. le ne veis onc prudence auec ieunesse, Bien commander sans auoir obey, Estre fort craint, et n'estre point hay, Estre Tyran, et mourir de vieillesse.
105. Ne voise au bal, qui n'aymera la danse, Ny au banquet qui ne voudra manger, Nj sur la mer qui craindra le danger, Ny à la Cour qui dira ce qu'il pense.
106. Du mesdisant la langue venimeuse, Et du flateur les propos emmielez, Et du moqueur les brocards enfielez, Et du malin la poursuitte animeuse,
102-103. Stobée, Seryno CIII, p. 175, 24. c< Antigonus rex cuidam anui ipsum beatmn praedicanti : Si scires, inqixit, o mater, quam multorum malorum sit hic panuus (diadema aiitem ostendebat), eum in stercore jacentem non tôlières. » — Publius Syrus, p. 814, col. 2, v. 11. — Montaigne, Essais, I, xLii, p. 134; III, vii, p. 477. — Tablettes, I, 43. — La Bruyère, Soitverain, 34.
104. Preynier vers, cf. Ecoles., X, 16. « Malheur à toi, terre, dont le roi est un enfant 1 » — ■ Esaïe, III, 4. — Stobée, Sermo CIV, p. 176, 45. c^ Juventus cum summa potestate... nialum inexpngnabile est. » [Phiîonis.] — Baïf, Mimes, p. 142. — Seco7id vers, cf. Stobée, Sermo CIII, p. 174, 32. « Itiipera si prius parère didiceris. » — Troisième et quatrième vers, cf. Plutarque, t. XV, Apophth. des rois et capitaines, p. 282. — Baïf, Mimes, p. 18. « Du Tyran la mort est le prix. »
105-107. Cette peinture de la cour est assez élégante et sobre. Le même thème a été développé par Pierre Mathieu en de nombreuses strophes qui paraissent souvent trop faciles, mais dont il faut louer parfois
107. Hayr le vray, se feindre ea toutes choses, Sonder le simple à fin de l'attraper, Brauer le foible, et sur l'absent draper, Sont de la Cour les œillets et les roses.