SCÈNE III
JULES, PÉRIANTHE, VOLRADE.
volrade, à Périanthe.
Monsieur , sans plus attendre \ Auprès de Suzeval bâtons-nous de nous rendre. Des gens, vers son logis apostés par mes soins, De son retour enfin viennent d'être témoins.
Les flatteurs près de lui vont faire diligence ; Ne souffrons pas sur nous qu'aucun prenne l'avance.
* On dit à la représentation :
Jonri henrenx que j'ai yas !
, PÉRIANTHE
(a Jules.) Je vous suis. — Ne crois pas qu'un pareil incitait T'exempte...
VaLRiDÏ.
Qu'avez-vous ?
*ÉRIAJITHJ2.
J'ai que cet impudent Me met au désespoir ; que son ingratitude De me braver en tout fait son unique étude. '
JULES
Moi, monsieur?
PÉaiANTHF.
* - Oui , monsieur : et Ton est informé
Du projet insolent que vous avez formé. -
(à Folrade.) Vous savez pour son bien quels soins étaient les nôtres ; Nos vœ ux , nos sages plans : monsieur en rêve d'autres.
VOLRADE.
D'autres !
PÉRIAN1HB.
Moi que des ans les frimas ont blanchi , Mais qu'ils ont, en retour, de prudence enrichi , On ne m'a pu long-temps dérober ces mystères. •
VOLRADE.
Qu'est-ce?
périanthe, sans icouttr.
Cep éventés , ces cervelles légères ,
ACTE II, SCÈNE III. • 5i Pensant , dès quon«st vieux , qu'on n est plus bon à rien ; Qu'on a le sens «obtus; qu'on leur ressemble...
•,.*,' YOLRADEi
• * .. -\ ■ Eh bien?
PÉRIANTHE, CQfltimUMt toujours.
Il faut voir de quel' air ils traitent la vieillesse ;
Quel sujet de risée elle leur est sans cesse !
Un vieillard , fi ! partout importun , déplacé ,
Il a comme le corps l'entendement glacé;
La mort et les pensers qu'elle émeut avec elle % *
Doivent seuls occuper sa pesante cervelle.
Ce sont là leurs propos. Toutefois, à 1 écart,
Au sein de l'abandon où languit le vieillard ,
Il observe, médite, examine en silence;
Et Ton ne trompe point sa longue expérience.
. volràdb, impatienté.
Enfin..*
PÉHIANTHE.
Enfin , monsieur se ravise aujourd'hui ; Et les d^Orbèle et nous, à tort comptons sur lui.
VOIRADE.
Est-il vrai ?
jules, à part.
D'où sait-il?..,
PÉRIANTHE
Qu'il dise le: contraire.
VOLRADE.
(a Jules») Cela ne se peut pas. — Quoi! vous pouvez vous taire p
Songez-vous à quel point les vôtres compromis... Que les choses en sont?...
JULES
Mais ai-je rien promis ?
volrade, avec vivacité*
Mais comptez-vous pour rien nos soins et nos instances ? Oubliez-vous le but où tendaient ces avances ; . Quels fruits nous tirions tous de cet heureux succès ? Moi, d'utiles amis../
PERIANTHE.
Moi, la fin d'un procès.
VOLRADE.
Revenir sur nos pas est un parti funeste , Dont le danger pour nous n'est que trop manifeste. Ces gens tiennent à tout; ils crieront justement : Vous ne les comptez pas braver impunément.* Et pouvez-vous d'ailleurs soutenir la pensée Quune femme à te point soit par vous offensée? Faut-il que le transport d'une indiscrète ardeur Vous fassv oublier tout: l'intérêt et l'honneur!
JULES
L'honneur!
VOLRADE.
♦ Oui, monsieur.
périanthe, triomphant.
Hé! qu'en dis-tu , je te prie ?
Ça Volrade.)
Ses vœux ont pour objet cette jeune Julie...