‹ Les quatre agesChapitre 27 sur 92 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

JULES, PÉRIANTHE, VOLRADE.

volrade, à Périanthe.

Monsieur , sans plus attendre \ Auprès de Suzeval bâtons-nous de nous rendre. Des gens, vers son logis apostés par mes soins, De son retour enfin viennent d'être témoins.

Les flatteurs près de lui vont faire diligence ; Ne souffrons pas sur nous qu'aucun prenne l'avance.

* On dit à la représentation :

Jonri henrenx que j'ai yas !

, PÉRIANTHE

(a Jules.) Je vous suis. — Ne crois pas qu'un pareil incitait T'exempte...

VaLRiDÏ.

Qu'avez-vous ?

*ÉRIAJITHJ2.

J'ai que cet impudent Me met au désespoir ; que son ingratitude De me braver en tout fait son unique étude. '

JULES

Moi, monsieur?

PÉaiANTHF.

* - Oui , monsieur : et Ton est informé

Du projet insolent que vous avez formé. -

(à Folrade.) Vous savez pour son bien quels soins étaient les nôtres ; Nos vœ ux , nos sages plans : monsieur en rêve d'autres.

VOLRADE.

D'autres !

PÉRIAN1HB.

Moi que des ans les frimas ont blanchi , Mais qu'ils ont, en retour, de prudence enrichi , On ne m'a pu long-temps dérober ces mystères. •

VOLRADE.

Qu'est-ce?

périanthe, sans icouttr.

Cep éventés , ces cervelles légères ,

ACTE II, SCÈNE III. • 5i Pensant , dès quon«st vieux , qu'on n est plus bon à rien ; Qu'on a le sens «obtus; qu'on leur ressemble...

•,.*,' YOLRADEi

• * .. -\ ■ Eh bien?

PÉRIANTHE, CQfltimUMt toujours.

Il faut voir de quel' air ils traitent la vieillesse ;

Quel sujet de risée elle leur est sans cesse !

Un vieillard , fi ! partout importun , déplacé ,

Il a comme le corps l'entendement glacé;

La mort et les pensers qu'elle émeut avec elle % *

Doivent seuls occuper sa pesante cervelle.

Ce sont là leurs propos. Toutefois, à 1 écart,

Au sein de l'abandon où languit le vieillard ,

Il observe, médite, examine en silence;

Et Ton ne trompe point sa longue expérience.

. volràdb, impatienté.

Enfin..*

PÉHIANTHE.

Enfin , monsieur se ravise aujourd'hui ; Et les d^Orbèle et nous, à tort comptons sur lui.

VOIRADE.

Est-il vrai ?

jules, à part.

D'où sait-il?..,

PÉRIANTHE

Qu'il dise le: contraire.

VOLRADE.

(a Jules») Cela ne se peut pas. — Quoi! vous pouvez vous taire p

Songez-vous à quel point les vôtres compromis... Que les choses en sont?...

JULES

Mais ai-je rien promis ?

volrade, avec vivacité*

Mais comptez-vous pour rien nos soins et nos instances ? Oubliez-vous le but où tendaient ces avances ; . Quels fruits nous tirions tous de cet heureux succès ? Moi, d'utiles amis../

PERIANTHE.

Moi, la fin d'un procès.

VOLRADE.

Revenir sur nos pas est un parti funeste , Dont le danger pour nous n'est que trop manifeste. Ces gens tiennent à tout; ils crieront justement : Vous ne les comptez pas braver impunément.* Et pouvez-vous d'ailleurs soutenir la pensée Quune femme à te point soit par vous offensée? Faut-il que le transport d'une indiscrète ardeur Vous fassv oublier tout: l'intérêt et l'honneur!

JULES

L'honneur!

VOLRADE.

♦ Oui, monsieur.

périanthe, triomphant.

Hé! qu'en dis-tu , je te prie ?

Ça Volrade.)

Ses vœux ont pour objet cette jeune Julie...

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