‹ Les quatre agesChapitre 43 sur 92 · ACTE IH, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE IH, SCENE I

SUZEVAL. *

L'humeur chagrine est encore chez nous Une autre infirmité. De qui vous plaignez-vous?

- PÉRUNTHE.

De tout le monde.

Bien!

PÉRUNTHE.

Et d'abord de mon gendre , De son ambition qui ne se peut comprendre»

SUZEVAL.

Toutefois, c'est de même un fruit de la saison, Un penchant que bien bas cpndamne la raison.

Parvenu, non sans peine, an sommet de la vie, • On en cpnteniple alors la part qu ou a gravie Et celle qui nous reste encore à parcourir.

L'espace au loin s'étend, moins pénible à franchir : N'est-il pas naturel, pour peu que l'on soit sage, Qu'on tâche d'embellir le reste du voyage?

PÉRUNTHE.

À l'expliquer ainsi, c'est juste assurément.

Mais quand l'ambition sèche tout sentiment ; Qu'elle glace le çpeur, le rend impitoyable , Qu'en dites-vous alors ?

SUZEVAL.

Qu'elle est très-condamnable; Et je ne conçois point qu'après certain écrit...

Que Volrade toujours doit avoir à l'esprit, Il ose s'avancer...

' PÉEIANTHE.

Cet écrit l'inquiète, Je l'ai vu maintes fois : eh bien, rien ne l'arrête. ,

SDZEY1L.

C'est que nos passions sont rebelles au frein.

FÉRURTIB.

Pour Jules!...

SUZBVAL.

Ce n'est pas du moins le même train.

PBRIANTHB.

C'est cent fois pis encore : une sotte imprudence, Sourde aux conseils de l'âge et de l'expérience; Un amour de l'éclat, du bruit, du changement, Qui dans mille embarras l'engage incessamment; Un naturel pervers enfin , tout me l'atteste. Car trouve-t-il en moi cet exemple funeste?

SUZEVAL

Non; à le voir ainsi bouillant, écervelé, On conçoit que sur vous il ne s'est point réglé; Qu'il ne vous a pas pris, non plus, pour son modèle, Quand, léger dans ses vœux, il court de belle en belle ; Mais vos sages penchants , l'âge les met en vous ; L'âge forme les siens , et les lui donne tous.

PÉRIANTHE

Il lui doit, à ce compte, assez d'inconséquence!

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