‹ Les quatre agesChapitre 88 sur 92 · ACTE V, SCENE V. i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE V. i

Le sort est consulté pour savoir qui des deux

Aura du premier coup le privilège affreux ;

Il me désigne, hélas! Ma main mal assurée

Pour ce funeste coup prend l'arme préparée.

Accablé de mes mtux, causés pàu\ vos débats ,

Je n'avais espéré qu'un utile trépas,

Qui, dajQs un noble cœur enchaînant la vengeance,

Fît avec les regrets pénétrer l'indulgence.

L'avantage qui m'est accordé par le sort ,

Ce vieux, guerrier cent fois respecté par la mort,

Qui, debout devant moi, d'un visage tranquille,

Brave encore un «hasard à sa gloire inutile ,

M étonne; et dans mon coeur vos droits sont oubliés.

Non, jamais, mecrié-je en* tombant à ses pies.

Frappez; plutôt mourir qu'une si Belle vie

Finisse obscurément dans cette lutte impie !

Frappeï; je manque ici de courage et 4e coeur :

Je serais assassin, et non votre vainqueur.

Il s'arrête un moment, surpris de ma faiblesse;

Puis, sans me dire un mot, s'éloigne avec vitesse.

Je vous avais promis de faire mon devoir ;

Je vous avais promis par-delà mon pouvoir.

JULIE

Jules !... cher Jules , non , une action si pure Ne sera pas l'objet d'une injuste censure. * On peut nous séparer; un sentiment cruel Peut faire que pour vous le mien soit criminel ; Mais il ne fera pas que ma plus tendre estime Ne paie à vos vertus leur tribut légitime,

Et qu'un si grand bienfait ne soit à l'avenir De ce, cœur malheureux le plus doux souvenir.

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