‹ Les quatre branches de la photographieChapitre 19 sur 74 · CHAPITRE V. — 5e Opération · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — 5e Opération

Objets et substances nécessaires à la déioduration et à la fixation de l'image.

Une pince à coulisse.

Une cuvette plate.

Une cuve profonde pleine d'eau ordinaire.

Un pied à vis calantes, soigneusement placé de niveau pour supporter la plaque.

Une éprouvette munie d'un entonnoir en verre et d'un iiltre, et contenant une solution concentrée d'hyposulfite de soude.

Une pipette pour soutirer le chlorure d'or.

Un flacon à large ouverture contenant du chlorure d'or.

Une lampe à alcool munie d'une forte mèche. Un flacon d'eau distillée.

Si l'épreuve est bonne, enfermez-la dans une boîte à l'abri de la lumière et des regards des curieux, ou bien fixez-la sans retard.

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A cet effet, relevez les coins de la plaque avec la pince, passez-en les bords, en les pressant, entre l'index et le pouce (1) ; posez-la à plat, l'image en dessus, dans la cuvette plate, et inondez-la, d'un seul trait, d'hyposulfite de soude ; l'effet est instantané : l'iodure libre disparaît, la plaque perd sa couleur violacée ; balancez la cuvette deux ou trois fois pour faire passer et repasser le liquide sur l'iodure, retirez la plaque et plongez-la dans la cuve d'eau ordinaire ; lavez-la un instant sans l'abandonner.

Posez la plaque sur le pied de niveau, couvrez-la d'eau distillée.

Aspirez dans la pipette une quantité suffisante de chlorure d'or, et bouchez-en l'orifice supérieur avec le pouce. Jetez l'eau de dessus la plaque, chassez-la complètement par quelques gouttes de chlorure d'or, remettez la plaque sur le pied et couvrez-la de ce dernier liquide.

Promenez la flamme de la lampe à quelques centimètres au-dessous de la plaque ; le liquide commence à se chauffer , quelques bulles apparaissent

(1) Cette manœuvre a pour but de laisser , par le frottement des doigts, un corps gras sur la plaque qui retiendra ainsi une plus grande quantité de chlorure d'or.

pour disparaître aussitôt ; celles qui persistent révèlent une tache ou une piqûre ; soufflez sur le chlorure d'or en continuant de chauffer jusqu'à ce que les blancs de l'image deviennent d'un beau mat ; cessez alors de chauffer, un coup de lampe de plus pourrait faire paraître un nuage jaune ou exfolier la couche d'argent, résultat du reste presque toujours à craindre lorsqu'on se sert d'une petite flamme ou que l'on maintient la lampe immobile (1).

Remettez la plaque dans l'eau ordinaire , lavez-la un peu , et terminez le lavage en la rinçant à l'eau distillée.

Pincez la plaque par un de ses coins d'en bas avec la pince à coulisse; séchez-la à la lampe en chauffant d'abord le haut de la plaque et en soufflant dessus pour aider le liquide à descendre et à se vaporiser ; essuyez les bords et enfermez l'épreuve dans la boîte.

(I) La lampe-siphon est d'un excellent emploi pour cet usag^; on la trouve à la maison centrale de Photographie.

RÉSUMÉ DES OPÉRATIONS

Appréciation, etc., etc.

Le manque absolu de règles générales d'appréciation en photographie est souvent cause du manque de précautions, et plus souvent encore du manque de réussite. Savoir apprécier, c'est pouvoir réussir; apprécier toujours avec justesse , c'est obtenir toujours un résultat parfait.

Que manque-t-il donc à l'opérateur initié aux manipulations, à celui surtout qui, à une bonne pratique, joint une saine théorie , une grande habileté et une adresse peu commune? 11 lui manque ordinairement le sens appréciatif.

Une longue habitude de l'enseignement nous a appris qu'une personne à laquelle une bonne éduca-

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tion photographique n'a pas manqué, doit encore compléter cette éducation par l'habitude d'apprécier; le défaut de cette habitude nous explique comment celui qui , sous les yeux du maître , a pu obtenir de superbes épreuves, n'arrive le plus souvent qu'à des résultats fort médiocres lorsqu'il est entièrement livré à lui-même.

Nous allons essayer de porter remède à ce défaut par un résumé clair et précis des diverses opérations et des phénomènes qui se passent avant, pendant et après la formation des images photographiques :

II n'y a point d'effet sans cause ; en détruisant la cause , on empêche l'effet. Nous sommes donc maîtres, dans une certaine mesure, du résultat de nos opérations ; qu'on se pénètre bien de cette vérité , et l'on sera convaincu plus que jamais que la photographie peut avoir sa place dans les rangs des connaissances exactes.

Dans le décapage , l'argent doit être mis à nu ; après le polissage l'argent doit avoir un bruni parfait. Le défaut de décapage se traduit par un iodage marbré ; un polissage incomplet par une image grise, sans profondeur, sans éclat, le plus souvent par un résultat négatif; la plaque mal décapée, mal brunie , n'absorbe pas assez d'iocle , il y reste libre à

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la surface; le brome, mal combiné, se trouve en excès : de là un voile sur l'image.

Une plaque bien décapée, parfaitement brunie, absorbe plus d'iode , l'iode se combine intimement avec le brome; il se forme un sous-iodure d'argent neutre. Ce résultat se traduit par un maximum de sensibilité, et, toutes choses égales d'ailleurs, par une image d'une profondeur, d'un relief et d'un éclat admirables.

Défiez-vous d'une plaque qui jaunit vite sur la boîte à iode; une surface d'argent parfaitement pure est relativement lente à prendre la teinte jaune. Si l'iodage se fait inégalement et par places , c'est une preuve que l'image primitive n'a pas été complètement enlevée, si la plaque a servi , ou que certaines parties de la lame de cuivre sont dénudées d'argent.

Un excès de brome se manifeste par un voile violacé partiel ou total , par l'absence totale ou partielle de l'image. C'est là une preuve que l'on a dépassé le maximum de sensibilité de la couche. Il aurait fallu un peu plus d'iode ou un peu moins de brome.

L'excès d'iode est indiqué par le manque de sensibilité, par des tons durs et des noirs eendrês, si l'on a poussé un peu à la boîte à mercure. Cela tient

à ce principe bien connu, que les blancs de l'épreuve

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sont le résultat de l'amalgame du mercure avec l'argent, et que les noirs doivent être, au contraire, le résultat du miroitage de l'argent, tout à fait libre de mercure.

Une image faible solarisée, trop vite venue, est l'indice certain d'une couche d'iodure d'argent trop faible. Une épreuve bien venue est toujours le résultat d'une couche relativement épaisse.

Si l'image paraît terne ou voilée par une espèce de brouillard, c'est que la couche sensible a vu le jour; si faible que puisse être la lumière qui tombe sur la plaque, celle même d'une bougie, si elle n'est pas neutralisée par un verre jaune ou rouge elle détermine sur Timage en voie de formation un léger voile , qui la ternit et la gâte.

Le mercure chauffé trop rapidement fait naître ce que l'on appelle un coup de feu; ce coup de feu estvisible sur les parties ombrées de l'image, qui se couvrent d'une couche de mercure, sous laquelle disparaissent les détails. Si l'image, à sa sortie de la boîte à mercure , quoique bien venue dans tout son ensemble, présente un ton rosé clair, c'est que le mercure n'a pas été chauffé assez longtemps, ou que la température n'en a pas été suffisamment élevée, ou enfin qu'il y en a trop dans la capsule.

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Si après le fixage de l'épreuve on y voit paraître une multitude de petits points noirs qui ressemblent à de la cendre, c'est qu'en séchant l'épreuve, la llamme de la lampe a passé sur l'image , et y a déterminé la formation d'un sulfure d'argent. Cet effet se produit surtout lorsqu'on n'a pas soin de puiser le chlorure d'or avec une pipette.

Un lavage dans une solution aqueuse faible de cyanure de potassium est le plus souvent un bon remède à ce manque de précaution.

Les petites taches noires en moindre proportion sont ordinairement des taches de cuivre; presque invisibles au début, elles grandissent de jour en jour, à mesure que le cuivre s'oxyde ; elles sont sans remède : c'est un défaut qui vient de la mauvaise qualité du doublé ou de l'usure considérable de la plaque.

TALBOTYPIE

ou

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