THÉORIE
CHÀIMTKE VII.
Slti collodioii cliiiBiicgiH; mi si urinai.
Manière de faire le collodion normal.
Dans un vase en verre, nielle/ :
Éther à 56° 100 cent, cubes.
Coton soluble 3 gr. — (1)
Le colon-poudre, s'il est bien réussi, doit se dissoudre dans Féther à 62° dans la proportion de 1 1/2
(h) Le collodion du commerce est fait en général dans ces proportions; aussi, pour obtenir la fluidité convenable, est-on obligé de l'additionner d'un volume à pou près égal d'éther.
pour 100 au moins, mais il est toujours plus sûr d'employer de l'éther à 56° , qui dispensera d'une addition d'alcool; il est mieux de n'employer que de l'éther, on introduira toujours assez d'alcool dans le collodion parles préparations qui le rendront plus tard photogénique.
Il serait bon de faire soi-même son fulmi-coton et son collodion; si cependant on ne voulait pas se donner cet ennui, on pourrait l'acheter tout fait chez des chimistes dignes de toute confiance (1).
Les auteurs qui ont écrit après M. Archer, et les opérateurs qui sont venus ensuite , ont décrit ou suivi plusieurs procédés, et il existe bien aujourd'hui plus de vingt formules différentes de collodion photographique. Nous-même , dans notre première
(1) Nous ne saurions trop insister sur le choix des produits chimiques : sur dix épreuves manquées , six au moins appartiennent de droit au mauvais collodion employé, ou à des produits chimiques adultérés qu'on rencontre trop souvent dans le commerce. Il faut faire choix d'une maison consciencieuse, où tout se fait sous les yeux d'un chef responsable.
Nous ne pensons pas être taxé de partialité en recommandant à nos lecteurs la maison centrale de photographie, rue de Lancry, 16. La réputation accordée au cachet N.-B. Delahaye justifie cette remarque.
édition, nous avions suivi les errements de nos devanciers, et nous nous étions laissé entraîner à décrire plusieurs moyens de sensibilisation.
Des expériences comparatives, suivies et répétées avec soin, ont depuis lors transformé en certitude ce que nous n'avions que supposé d'abord, c'est-àdire', qu'il pourrait bien n'y avoir qu'une seule liqueur génératrice vraiment bonne, celle formée par l'alcoolat d'iodure de potassium; fidèle à notre maxime : Simplifier, nous avons adopté cette formule à l'exclusion de toute autre, bien persuadé que, dans les meilleures conditions , elle rendra le collodion instantané, et dans les plus mauvaises , elle donnera toujours des résultats satisfaisants.
Au lieu de chercher â compliquer inutilement les procédés usuels , nous nous sommes attaché à les simplifier en écartant cette armée , cet attirail superflu d'iodures et de bromures, de prescriptions, de précautions qui déroutent le malheureux, opérateur, en lui rendant impossible la découverte des véritables causes de ses insuccès.
Parviendra-t-on à doter le collodion des propriétés del album ine ? Le collodion sec sera-t-il encore longtemps la pierre philosophale des photographes ? N'a-t— il pas été découvert et mis en pratique? Est-on par-
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venu à lui conserver sa sensibilité et ses qualités par un agent hygrométrique?
Nous pouvons aujourd'hui répondre affirmativement à cette dernière question : le collodion conservé humide et sensible est un fait accompli, et nous sommes heureux de voir de grands succès se préparer pour la photographie.
C'est un fait désormais acquis à l'art photographique, que le collodion peut conserver sa sensibilité sans altération, non pas seulement une demi-heure , mais pendant plusieurs jours, dans un milieu sec et chaud.
Avant d'arriver à un résultat certain, plusieurs moyens ont été essayés ; quelques-uns sont restés dans la pratique, d'autres n'ont paru un instant que pour disparaître à jamais.
Il nous faudrait parler maintenant des différents moyens indiqués pour conserver le collodion humide, et par conséquent sensible beaucoup plus longtemps encore que nous ne l'avons indiqué ; mais il nous faut avouer ^franchement que ces moyens ne nous ayant jamais bien réussi, nous n'ajoutons pas une grande foi aux promesses des inventeurs. Nous aimons donc mieux, d'après nos principes, ne parler que des choses éprouvées et
certaines, nous bornerons, par conséquent, nos préceptes à l'indication des moyens d'entretenir l'humidité et la sensibilité de la couche pendant deux ou quatre jours.
L'on a essayé et prôné tour à tour le nitrate de zinc, la magnésie, le nitrate de cadmium, et autres substances ; nous ne pensons guère que tout cela ail eu beaucoup de succès. Il y avait cependant, il faut en convenir, quelque chose de rationnel dans la théorie qui conduisait les expérimentateurs à se prévaloir de ces sels. Les bons résultats qu'on en attendait reposaient sur ce principe, que les corps employés étant très-hygrométriques, ils devaient s'emparer de l'humidité de l'air, et conserver la couche de collodion dans un état à peu près toujours identique à celui dans lequel elle se trouve au sortir du bain d'argent.
Malheureusement il n'en est rien , car sous l'action de ces substances étrangères , la couche de collodion se macule par places, et le cliché est loin d'être parfait.
La solution de miel nous paraît jusqu'à présent le meilleur procédé pour conserver à la couche une humidité convenable , et par conséquent l'iodure d'argent dans toute sa pureté et toute sa sensibilité.
Lorsque l'iodure d'argent s'est formé dans la pâte même du collodion, par un séjour de deux minutes à peu près dans le bain, il reste sur la couche sensible une assez grande quantité de solution d'argent, et si l'on ne tarde pas trop à prendre l'épreuve, ce sel argentique résultant de l'évaporation de l'eau, n'aura pas le temps de dissoudre l'iodure que renferme la couche» Après une demi-heure en été, après une heure en hiver, l'iodure d'argent disparaît , le collodion perd sa translucidité opaline et reprend sa couleur ambrée.
Il semblerait dès lors bien facile, en soumettant le collodion aux mêmes lavages que l'albumine, de conserver au premier au moins autant de sensibilité qu'à la seconde , et de résoudre enfin Je problème du collodion sec. Nous avons essayé ce procédé, il y a déjà bien longtemps, et nous avouons n'avoir réussi qu'imparfaitement. La couche iodurée se conserve, en effet, dans son intégrité; mais en raison de sa sécheresse elle doit être remise , après la formation de l'image à la chambre noire , dans un bain faible d'argent , puis arrosée avec le liquide continuateur, et c'est alors que commencent les déboires. A cause du peu de sensibilité , il faut exciter le développement de l'image par un révélateur énergique , et le collodion résiste rarement à ces épreuves : la couche,
au lieu d'être adhérente el parcheminée, n'est plus qu'un composé de poussière fine, qui n'a même pas la solidité des ailes du papillon.
L'on trouvera plus loin le procédé auquel nous nous sommes arrêté; nous le donnons parce qu'il nous a parfaitement réussi, mais nous n'avons pas la prétention de croire qu'il doit réussir également après une sensibilisation de plusieurs jours , voire même de plusieurs semaines , ainsi que l'ont prétendu quelques auteurs anglais. Mais qu'est-il besoin d'une semaine, et l'opérateur ne sera-t-il pas assez tranquille sur le succès de ses opérations, lorsque nous lui aurons appris le moyen d'avoir une couche de collodion à l'iodure d'argent aussi pure et aussi sensible, quatre ou cinq jours après sa préparation, qu'elle pouvait l'être au moment même où on la sortait du bain?
Le problème du collodion conservé humide est donc résolu; et désormais, en augmentant son bagage de quelques châssis de plus, le photographe touriste sera toujours sûr de rapporter avec ses impressions de voyage les images des sites et des monuments qui les auront fait naître et qui doivent servir à les réveiller.
Pour l'amateur photographe, tous ses beaux rêves de voyages illustrés n'ont été jusqu'à ce jour que
châteaux en Espagne. Après avoir dépensé son temps , sa peine et son argent à prendre des leçons de photographie , à courir les forêts et les villes pour faire des clichés sur albumine et sur papier sec, il rentrait le plus souvent au logis sans avoir sur ses glaces ou sur ses papiers le plus petit site , la moindre pointe de clocher.
Grâce à la simplicité du procédé sur collodion, grâce à la solution du grand problème de la conservation de la couche sensible, il sera donné à chacun de réussir complètement sans embarras , presque sans soins, et de recueillir en très-peu de temps une grande quantité de clichés toujours fort remarquables.
PHOTOGKAPinH SUR COLLODIOIV.