CHAPITRE X
Collodioiincr la glace et la sensibiliser. Objets el substances nécessaires à cette opération*
2e OPÉRATION.
Un châssis porte-glace de la chambre obscure; Un flacon de collodion photogénique ; Une boîte garnie de glaces propres; Un pinceau à longs poils ;
Une cuvette plate à bords élevés, ou une cuvette
verticale; Un bain d'argent (1) ;
(1) Bains d'argent négatif :
Eau distillée 4 00 gr.
Azotate d'argent 4 gr.
Lorsque ce bain neuf a sensibilisé une dizaine de glaces il est bon de l'enrichir de 2 pour cent d'azotate d'argent et de continuer à l'entretenir dans la proportion de 7 pour cent.
PHOTOGRAPHIE SUR COLLODION. 221 Papier buvard.
Avant de collodionner la glace , disposez convenablement tous les objets nécessaires à la production du négatif.
Mettez le bain d'argent dans la cuvette ; préparez du papier buvard, etc.
Donnez la première direction à la chambre noire, placez le modèle, mettez au point, etc.
Prenez un angle de la glace avec la main gauche, entre l'index fermé et le pouce allongé ; tenez-la horizontalement, enlevez les poussières avec le pinceau , versez le collodion (1) sur l'angle opposé en petit filet continu et à trois centimètres des bords ; faites en même temps un mouvement imperceptible
(!) Celte petite manœuvre, dont la description paraît longue et embrouillée, n'est absolument rien dans la pratique. Après quelques heures, l'opérateur sera familiarisé avec ce tour de main, et il collodionnera très-aisément les glaces du plus grand périmètre. Si c'est une glace de 40 cent., il pourra appuyer l'angle diagonalement opposé au pouce de la main gauche , sur un petit support disposé à cet effet; nous pensons même qu'on peut s'en dispenser, le goulot du flacon fera le même office quand il recevra l'excès de collodion. Les planchettes porte-glace , les tubes.de gutta-percha , etc., ne sauraient convenir au collodion, qui demande une exécution propre et rapide ; laissons le tube-manche en gutta-percha à l'albumine qui ne saurait s'en passer.
de la main gauche pour attirer le collodion , d'abord vers le corps, puis vers le pouce, mais sans qu'il vienne le toucher, ensuite vers le bord gauche de la glace jusqu'à l'angle opposé , puis enfin vers l'angle droit ; il faut que le collodion y arrive vile (pas trop cependant , des moutonnages (1) se produiraient ) ; recevez l'excès du liquide dans le flacon , en posant sur le goulot l'angle de la glace , et imprimez-lui un léger balancement de droite à gauche pendant que le collodion coule , afin qu'il ne se fige pas sur ses rides ; avant que la dernière goutte ne soit tombée , posez le flacon et prenez l'autre angle de la glace (2) avec l'index et le pouce de la main droite, l'index du côté du collodion ; retournez les doigts de la main gauche , continuez à balancer lentement de droite à gauche et de gauche à droite la glace qui doit être
(1) Lorsque la glace est ramenée trop vivement vers la verticale, le collodion se précipite et procède justement comme les vagues de la mer. Comme ici c'est un corps épais qui ne coule pas vite, il ne faut donner à la glace que la pente nécessaire : mais de même que c'est une erreur d'aller trop vite, c'en est une autre que d'aller trop lentement, surtout en été.
($) Cet angle a dû rester aussi sans collodion", et c'est par ces deux angles libres que l'opérateur prendra toujours la glace dans les opérations suivantes; précaution indispensable pour ne pas faire de taches au cliché.
verticale , le collodion se trouvant du côté opposé au corps. Quand la dernière goutte sera près de tomber, prenez la glace avec la main droite, les quatre doigts en dessous, le pouce appuyé sur l'angle que la main gauche abandonne; tenez-la horizontalement, le collodion en dessus ; soulevez avec la main gauche la cuvette du bain d'argent , de manière à rejeter le liquide de l'autre côté ; posez la glace sur le haut de la cuvette, accompagnez-la avec le doigt tout près du liquide, et laissez-la tomber en amenant le bain dans une situation horizontale, afin que le collodion soit instantanément couvert et sans solution de continuité : le liquide doit être assez abondant pour noyer entièrement la couche de collodion qui recouvre la glace. Imprimez un léger balancement à la cuvette, afin que la nappe liquide, passant et repassant sur le collodion, lui enlève son aspect gras : 100 ou 150 secondes suffisent pour cette opération, mais un séjour plus prolongé ne saurait nuire; soulevez la glace avec un crochet d'argent, prenez un petit carré de papier buvard , appliquez-le sur l'angle qui est sans collodion et des deux côtés de la glace; prenez-la par cet angle, frappez un peu l'angle diagonalement opposé, pour déterminer les premières gouttes à tomber ; mettez-la dans un châssis,
couvrez-la d'une feuille de papier buvard et faites l'épreuve (1).
(1) Nous recommandons, une fois pour (outes, de se tenir dans une obscurité absolue pour les préparations où il entre du nitrate d'argent. Une petite lampe suffît pour éclairer l'opérateur. Si nous insistons sur la nécessité d'une lampe, c'est que le jour, tamisé par les verres jaunes, ne saurait la remplacer; c'est qu elle est indispensable dans tous les cas, et que c'est le seul moyen qui permette de suivre le développement de l'image. Le collodion , au sortir du bain d'argent, doit être d'une couleur opaline , légèrement irisée, de teinte uniforme et sans tache vu par transparence ; s'il offre des inégalités dans la couche ou des taches, on doit mettre la glace au rebut et ne pas faire l'épreuve.