CHAPITRE Xï
Exposition dans la chambre noire. Objets et substances nécessaires à cette opération.
3e OPÉRATION.
( Voir note 2 et page 530, Daguerrêotypie. )
Une chambre noire sur son pied (1) , Un appui-tête, Un siège ,
Une table, rideaux, vases, jardinière, colonne, etc.; petit mobilier, afin de ne pas avoir un fond trop nu. Disposez avec intelligence, agencez les rideaux,
(1) Nous donnons la préférence à la chambre à soufflet , comme étant plus solide, plus commode à mettre au foyer et plus portative. Notre planche à coulisse sur galets joint l'élégance et la solidité à la modicité du prix ; notre pied porte-appareil d'atelier à crémaillère et à pédale est aussi d'une grande élégance et d'une solidité à toute épreuve.
distribuez la lumière plulôt également (on pèche souvent par des oppositions trop fortes); remettez soigneusement au foyer. Évitez de placer les mains et les genoux du modèle trop en avant, etc.
Nous avons dit que le modèle avait été disposé d'avance et mis au foyer ; jetez un coup d'œil sur la glace dépolie et sur le modèle pour vous assurer que tout est bien; mettez le châssis dans la chambre noire. On ne saurait déterminer au juste le temps de la pose ; cependant pour ceux qui ont fait du plaqué, il n'est peut-être pas inutile de dire que la sensibilité du collodion est égale à celle d'une plaque amenée à son maximum de sensibilité ; qu'ils n'oublient pas toutefois que l'image négative sur collodion ne se solarise point et qu'il vaut mieux prolonger le temps de la pose que de trop l'abréger. Du reste, on ne saurait assez le répéter, l'image se formera d'autant plus vite que les opérations auront été faites avec plus d'aisance, de soins et de rapidité (1).
(1) On se demande souvent comment, avec le même collodion, avec la même lumière, les mêmes dosages, etc., etc., on obtient des clichés si différents ; les uns sont blancs et translucides, les autres gris, presque opaques, etc., etc. Il ne faut chercher la cause de ces différences que dans les accidents de la manipulation. Les premiers ont été produits vivement : le collodion était humide quand on Ta
plongé dans le bain d'argent ; il s'est formé un iodure d'argent riche, parfait; cette humidité existait lorsqu'on a couvert la glace de l'agent révélateur : l'image s'est produite vite, facilement. Les autres, au contraire, sont venus péniblement sous l'action des acides : le dépôt boueux a terni le collodion en s'y collant; ils sont venus péniblement , parce que l'ensemble des opérations a été relativement lent, embarrassé. En été, le collodion séchant vite, on ne saurait trop se presser pour le plonger dans le bain d'argent ; si le collodion arrive un peu sec dans le bain , l'image se développe lentement, quelquefois même, le cliché fini, séché, la couche s'exfolie et prend l'aspect du papier brûlé. Ce phénomène se produit surtout, lorsque l'image venant lentement, on se voit forcé d'ajouter à l'acide pyrogallique une assez grandi quantité de solution d'argent pour aider au développement de l'image.