Celui des vicaires généraux et chanoines de 5oo
io°. Celui des archevêques et évêques de io,ooo-5,ooo
ii°. Que les séminaires reçoivent un supplément de pension de 3oo,ooo
12°. Qu'il a été affecté aux réparations des églises 650,000 f.
i3°. Que des congrégations religieuse pour réducation,reçoivent un secours de 200,000
i4°. Qu'un supplément de pension a été accordé aux religieuses vieilles ou bien infirmes 200,000
i5°. Que cinq cents nouvelles succursales sont créées (1).
C'est bien à la suite de l'exposition d'une série aussi nombreuse de bienfaits , qu'il appartient
(1) On ne saurait trop applaudir à la publicité que le Ministre de l'intérieur a donne à ce tableau de l'état du clergé j sans lui , on serait resté sans aucun moyen de connaître la vérité... Maintenant elle est devant les yeux de tout le monde... On sait qu'aucun ecclésiastique n'a échappé aux bienfaits du Roi ; que le clergé, tout en parlant des restes de sa pauvreté, reçoit annuellement 68,000,000 francs, dont 34,000,000 résultent des libéralités des fidèles; que dans ce pays que l'on représente comme h la veille de voir éteindre son sacerdoce, il existe dans les séminaires 25oo bourses ; chose inouie dans l'histoire uligieuse d'auenn peuple, largesse sans exemple dans le monde chrétien. Ce document est infiniment précieux, puisqu'il fixe les ivlées sur un ordre de choses inconnues jusqu'ici, le sujet de déclamations obstinées et de contradictions acariâtres. C'est bien dans ces actes que se marquent tous les bienfaits de la publicité ; on la craint, on méconnaît son assistance salutaire, tandis qu'il n'est presqu'aucun acte du Gouvernement, dans lequel elle ne puisse être du plus grand secours : c'est en auxiliaire et non eu ennemie qu'il faut lu considérer.
au ministre de dire, i° qu'il n'est pas un seul ecclésiastique qui n'ait été soulagé ; 2° que tant d'efforts sous le poids des charges les plus accablantes , attestent au monde chrétien les sentimens religieux de la France ; et comme pour aller audevant de nouvelles imputations calomnieuses sûr l'état religieux de la France , le minisire exprime le vœu que le tableau trace par l'autorité la plus à portée de connaître la vérité, fixe enfin l'opinion , et mette à l'abri des surprises que peuvent produire l'ignorance ou la mauvaise Joi.
C'est avec sincérité que j'unis mes vœux aux siens en faveur de ce résultat. Comment en e/ïet ne pas supporter avec impatience^ le retour continuel et fastidieux de déclamations sur des objets qui n'y prêtent en aucune manière! Pourquoi toujours accuser la France, la peindre sous des couleurs qui ne lui appartiennent pas, qui peuvent faire retrancher à ses honneurs légitimes , et disposer contre elle de la manière la plus fâcheuse On n'ignore pas sous quels traits se la
représentent des hommes avides de ses dépouilles, combien appellent à la fois sur elle les foudres du ciel, et celles dont sont armés les souverains étrangers-, lorsque leur pays, représenté comme placé hors de la morale , aura à soutenir le poids d'une cruelle agression, motivée sur les dangers fantastiques de son état, présenté sous des couleurs
mensongères, seront-ce ces faiseurs de tableau*
qui paieront pour lui ou qui le défendront!
Les déclamations , les lamentations , sont devenues une manie parmi une classe d'hommes qui parlent sans cesse de tremblemens de terre , d'abyrnes, au milieu de l'ordre le plus paisible et le plus régulier, et de calamités publiques au milieu de l'abondance, et des délices de la première ville du monde'..... Le clergé dit que la religion périt, et les églises sont pleines-, les itltrà, de leur côté, annoncent la fin des sociétés, la dissolution de tout, et voilà que cette société dissoute regorge de tout; For coule au milieu délie, l'abondance verse partout ses trésors, et le peuple s'accroît au milieu d'une subsistance plus abondante; apparemment que celte mort, dont le fantôme nous poursuit, n'arrivera
que par plénitude Il serait bien temps d*en
finir de ces lamentables peintures ! que prouventelles? la mauvaise humeur et le mauvais jugement de leurs auteurs.... Que des hommes pour lesquels ces déclamations sont un métier, un profit ou bien un levier politique, se les permettent en renonçant aux honneurs de la raison et de la vérité, à la bonne heure; mais un grand corps du clergé > lorsqu'il s'adresse au chef de l'Eglise, ne doit paraître devant lui qu'avec solennité, gravité, et ne proférer que des paroles dont il
n'y ait pas a retrancher un seul iota. Or, il s'en faut de beaucoup que la lettre du clergé pre'sente ce caractère iïuicontestabilité , qui place si haut celui qui parle avec cette autorité. La dignité n'est pas même observée au degré désirable. Le clergé a toujours professé un grand respect pour le Saint-Siège ; toujours il s'est adressé à lui dans les formes les plus augustes et les plus respectueuses; mais la dignité n'en souffrait pas, et un sentiment exquis lui faisait observer à la fois ce qu'il devait aux autres et à lui-même. Depuis quelques années, on est sorti de cette voie de devoir et de raison tout-a-la-fois. Il n'y a plus ni borne ni mesure dans les témoignages de déférence envers le Saint-Siège. Le style est comme passionné d'asservissement : on ne s'incline jamais assez bas; des mains françaises offrent ce que des cœurs et des mains ultramontaines repousseraient. Le Pape est le chef vénéré de l'épiscopat, mais les évêques sont ses égaux en tout ce qui ne tient pas à la primatie du siège de Rome. Il n'y a point de maître dans l'Eglise; le corps des évêques d'une grande église ne peut en reconnaître Quand donc ils ont à consulter le Pape , ce doit être en unissant le respect avec la conservation de la dignité propre. Mais comment concilier celle-ci avec les expressions enflammées d'amour de l'esclavage dont use le
clergé? Comment peut- il faire abnégation de toute volonté propre, comme on est fondé à le con dure des passages suivans, en disant -.Ainsi donc, très Saint -Père, pleins delà douleur qui nous pressent de t inquiétude qui nous agite, nous crions vers vous , nous recourons à Votre Sainteté , afin quelle nous dise clairement et librement ce que 7ious devons penser, ce que nous devons faire dans les circonstances. Il vous a été dit en la personne de Pierre, avancez en pleine mer, c'est-à-dire , suivant l'explication de saint Ambroise , enfoncez-vous dans les questions les plus profondes. JVous vous prions de nous aider de vos conseils 9 de nous éclairer de vos lumières, de nous affermir par votre autorité,' nous nous confions en vous, dont l'avis , le jugement , la décision feront notre force, notre sûreté et notre consolation. Et plus haut : Une ressource nous reste : nous l'embrassons,nous la saisissons avec empresse?nent , comme l'ancre immobile du salut. C'est à l'exemple de nos prédécesseurs de nous attacher avec plus de force, s'il est possible , à la chaire apostolique, c'est de marcher constamment sous l'influence et la direction de notre chef ; c'est de demander a\>ec confiance , de recevoir avec joie, d'exécuter avec unanimité ce que vous croirez devoir décider
dans l'intérêt de la religion Il est permis de
ne pas reconnaître Bossuet à ce langage Il
est d'autant plus extraordinaire, que dans cette circonstance il ne s'agissait d'aucun point de doctrine ou de discipline qui présentât des difficultés , mais seulement de la suppression du concordat de 1817, qui, ayant été fait sans le clergé* j par là même pouvait être changé sans lui. Dès que le clergé admet qu'un acte diplomatique peut devenir sa loi , comme par sa nature temporelle cet acte sort de la juridiction du clergé , par là même celui-ci est amené à en reconnaître tous les résultats; ces actes ne lui appartiennent pas plus à leur fin qu'à leur commencement. Dans les deux cas, le clergé ne peut qu'accepter et n'a nul besoin de parcourir toutes les figures de cette rhétorique convulsive, qui ne convient ni au sujet ni à son caractère propre. Aussi qu'est-il arrivé? Le Pape a pris le clergé au mot. Consulté par lui, reconnu pour juge souverain et arbitre, il a accepté la délégation qui lui était offerte-, et, après quelques complimens d'usage et quelques remercîmens aussi d'usage, il ne s'est pas arrêté à tout ce que le clergé lui représentait sur l'état de l'Eglise de France, et, passant outre, il a suspendu le concordat, dont le clergé demandait l'exécution. Voilà ce que c'est que d'abdiquer son autorité propre, et de se livrer, comme on dit, pieds et poings liés. Dès que le clergé regardait le con-
cordât comme indispensable au bien de l'Eglise, son devoir lui prescrivait d'en réclamer l'exécution , au lieu de s'adresser à celui-là même par lequel il voyait qu'il allait être suspendu. Ce n'est pas avoir l'air d'agir sérieusement, que de consulter sur le maintien d'une chose celui que l'on voit prêt à la détruire.
La facilité avec laquelle Rome érige les fait» en droits, devait faire garder par le clergé la plus grande réserve dans ses concessions envers cette puissance. Qui lui répond que dans d'autres circonstances Rome n'opposera pas le clergé k lui-même, et ne le pressera pas par l'exemple de ce qu'il vient de faire? Rien n'est plus délicat que cette création de droits entre puissances..... On cherche toujours à empiéter, et la sagesse la plus vulgaire conseille de ne rien faire qui puisse prêter à l'accroissement d'un pouvoir étranger.
Dans son allocution comme dans sa lettre au clergé de France, le Pape attribue la nécessité de suspendre le concordat, i° à l'exorbitance de la charge résultante de la création de quarantedeux sièges-, 2° aux circonstance du royaume, qui apportent des obstacles insurmontables à l'exécution du concordat. Dans cette double allégation, il faut distinguer la raison et le prétexte Celui-ci était la surcharge financière ,
occasionnée par l'érection des quarante -deux
sièges, or il est bien évident que cette charge avait été prévue lors de la confection du concordat; et de plus, il y avait été pourvu par la loi de dotation faite au clergé, d'une portion de forêts d'un revenu de 4,ooo,ooo. Si d'ailleurs les fonds provenans de ces bois n'eussent pas été faits , les Chambres ne se seraient pas refusées à pourvoir à ce besoin. Jamais on ne verra en France refuser les moyens de pourvoir à une dépense reconnue utile-, ce point là constaté , tout le reste suivra , et sans effort ni restriction; mais le mal véritable n'était pas là... C'est le concordat lui-même qui formait l'obstacle -, on savait combien il déplaisait à la France entière C'est devant cet obstacle que le Gouvernement s'est arrêté et que le Pape a jugé prudent de prononcer la suspension de son propre ouvrage-, mais que l'on ne s'y trompe pas, ce n'est qu'une suspension et rien de plus -, car le Pape, dans son allocution et dans sa lettre au clergé, le déclare positivement, et le clergé n'adhère au projet du Pape que d'après cette assurance. Cela résulte évidemment des paroles suivantes de cette allocution Vous comprendrez facilement , vénérables frères , par ce que nous venons de vous exposer, que les dispositions provisoires que, vu la force des circonstances , nous avons jugç devoir prendre ^ ne sont liées à
aucune condition, ainsi que vous avez semble le soupçonner, et qu'il n'est nullement à craindre que cet état, temporaire de sa nature, devienne perpétuel ou du moins dure longues années , au préjudice des églises de France; et afin que vous puissiez éloigner tout-à-fait cette crainte de vos cœurs : nous ne voulons pas que vous ignoriez non plus le témoignage solennel et éclatant de son excellente volonté que Sa Majesté a bien voulu nous donner tout récemment ; car, quoique Sa Majesté nou* ait démontré, dans tout le cours de la négociation , sa volonté d'une manière si positive que nous n'aurions pu même soupçonner ce que vous craignez, cependant, afin de ne laisser à personne aucun lieu à des doutes ou à des soupçons y elle nous a déclaré, moy ennant une note officielle que nous possédons , que son intention est d'abréger, le plus qu'il sera possible, ia durée des mesures provisoires qui ont été convenues entre nous et Sa Majesté; que son intention est encore d' employer, de concert avec nous , tous les moyens qui sont en son pouvoir pouf faire jouir les églises des avantages qui doivent résulter pour elles de l'état stable et définitif -qu'elles doivent avoir, comme aussi de réaliser^ suivant les formes constitutionnelles de son royaume , et à mesure que les ressources de l*état le permettront , sans surcharge pour les peuples ,
V augmentation du nombre des sièges épiscopaux, D'un autre côté, les évéques, dans leur réponse au Pape, à la date du i3 septembre 1819, disent ■ Nous confiant en la parole royale de Sa Majesté, concevant de son amour pour la religion l'espoir d'un prompt et meilleur avenir, qui doit résulter d'un état stable et définitif ", promis d'une manière positive et solennelle. Il résulte évidemment de ces preuves accumulées, i° que le concordat de 1817 n'est suspendu que provisoirement-, 20 que le Roi s'est engagé , par un titre resté au pouvoir de la cour de Rome, à faire exécuter le concordat \ 3° que le clergé a consenti aux arrangemens provisoires, en vue de la promesse de l'exécution du concordat, dans lequel seul il reconnaît un état stable et définitif, comme il le dit dans sa lettre au Pape, du 3o mai 1819; 4° que le concordat a reçu un commencement d'exécution , car le Pape déclare que l'église d'Avignon, élevée à la dignité de métropole, restera dans cet état, et qu'il se bornera a mettre ce changement en harmonie avec l'administration provisoire qu'il établit dans ce moment -, et il est à remarquer que cette mesure n'est pas étendue à l'église de Cambrai, qui avait été également érigée en métropole , par le concordat de