XIV. (i
« Au commencement était la Parole, et la l'arole était chez Dieu, et lu Paroleétait Dieu, en Elleétait laVit, et l'a Vie était la Lumière des hommes. » — I. 1,4.
Ici, par la Parole est entendu le Seigneur quant uu 'Hvin Vrai, dans lequel seul est la Vie et la Lumière. C'est de là que la Parole, qui vient du Soigneur, et qui est le Seigneur, est appelée :
« Fontaine d'eaux oioes. — Jérûm.,li, 1;J. XVII. J;^. XXXI. 9; — « Fontaine de salut, » — Esaïe, XII. 2, 3 ; — « Fontaine, » — Zachar., XIII. 1 ; — et Fleuve d'euu vive, » — Apoc. X.\ir., 1 ; — et qu'il est dit que » l'Agneau , qui (est) au milieu du txûne, les paîtra et les conduira aux Sources Vives dos eaux. » — Apoc, VII. 17.
n y a en outre d'autres pas.sages où lu Parole est appe- '^e le Sanctuaire et le Tabernacle dans le<(uel le Sei- Sicur habite avec l'homaie.
3. Mais néanmoins l'homme naturel ne peut, par ce ^^i précède, être amené à croire que lu Parole eist le "«vin Vrai même et qu'elle renferme la Sagesse et la Vi<; ^'vines ; en effet, il ne s'occupe que de son style dans **quel il ne voit ni cette sagesse ni cette vie. CependanI ® Style de la Parole est le Style Divin même, avec lequel *^^t autre style, quelque sublime et que]((ue excellent lu il paraisse, ne peut être mis en comparaison, car ce ^'^'ait coinparer l'obscurité à la lumière. Le Style de l;i
^role est tel, que le Saint est dans cliaque sens, dan- ^ ''ique mot, et même en certains endroits dans les lettres
'^'s-mêmes ; c'est par là que la Parole conjoint l'homme
'^■^ le Seigneur et ouvre le Ciel. 11 y a deux choses qui '■'ûcèclent du Seigneur, le Divin Amour et la Divine
éfe.sse, ou, ce qui revient au même, le Divin Bien et le
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Divin Vrai, car le Divin Bien appartient au Divin Amour du Seigneur, et le Divin Vrai appartient à sa Divine
Sagesse ; la Parole dans son Essence est l'un et l'autre ;
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et comme elle conjoint l'homme avec le Seigneur et ouvre le Ciel, ainsi qu'il a été dit, c'est pour cela que, lorsque
' l'homme la lit en ayant recours au Seigneur, et non pas
seulement à ses propres lumières, elle le remplit du bien
de l'amour et des vrais de la sagesse ; elle remplit sa
volonté du bien de l'amour, et son entendement des vrais
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^H^^^^H de la sagesse; c'est ainsi que l'homme a la vie par là
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HH^^^^"' 4. C'est pourquoi, afin que l'homme ne puisse douter
S que la Parole ne soit telle qu'il vient d'être dit, le Seigneur
I m'en a révélé le Sens interne, qui, dans son Essence, est
1 Spirituel. Ce Sens interne est renfermé dans le Sens
S externe ou Naturel, comme l'âme dans le corps ; il est
S l'Esprit qui vivifie la lettre ; aussi peut-il être un témoi- I gnage de la Divinité et de la Sainteté de la Parole, et
1 convaincre même l'homme naturel, s'il veut être con-
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vaincu.
DANS LA l'AHOLE IL Y A UN SENS SPllUTUKL KJNOllÉ
jusqu'à présent.
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Ce sujet sera exposé dans l'ordre suivant : I. Ce qu^
c'est que le Sens spirituel. 11. Ce Sens spirituel est dans
toute la Parole et dans chacune de ses parties. III. C'es*
en raison de ce Sens que la Parole a été divinenien''
WU inspirée et qu'elle est Sainte dans chacune de ses expres- ^g sions. IV. Ce sens a été ignoré jusqu'à présent. V. Et »
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UB no sera désormais donné qu'à celui qui est par le Seigneur Ws dans les vrais réels.
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WS 5. I. Ce que c'est que le Sens Spirituel : Le sens q*^' WBS se dégage d'après le sens de la lettre do la Parole, quan
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Bg quelqu'un scrute et explique la Parole pour confirOi^®^
quelque dogme de l'Église, n'est pas le sens spiritu®' '
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c'est le sens littéral de la Parole. Le sens spirituel ne ^^ montre pas dans le sens de la lettne ; il est au deda"
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SI li L KCRITURE SAINTE. .)
de lui, comme l'âme dans le corps, comme la pensée dans les yeux, et l'affection dans la face, choses qui l'ont un comme la cause et l'effet. C'est surtout par ce •Sens que la Parole est spirituelle, non seulement pour les hommes, mais encore pour les Anges ; c'est pourquoi, par ce sens, la Parole communique avec les Cieux.
6. Du Seigneur procèdent, l'un après l'autre, le Céleste, le !>piHrruEL et le Naturel. On appelle Céleste ce qui procède de son Divin Amour, c'est le Divin Bien ; on appelle SinRniiEL ce qui procède de sa Divine Sagesse, '•'est le Divin Vrai; le Natcirel vient de l'un et de l'autre, '1 les contient dans le dernier (degré). Les Anges du Uoyaume céleste du Seigneur, qui composent le Troisième <Jiel ou Ciel Suprême, sont dans le Divin qui procède du ''•'eigneur et qui est appelé Céleste, car ils sont, par le Seigneur, dans le bien de l'amour. Les Anges du Royaume spirituel du Sei.i?neur, qui compo.sent le Second Ciel ou Ciel Moyen, sont dans le Divin qui procède du Seigneur et ^îui est appelé Spirituel, car ils sont, par le Seigneur, dans les vrais de la Sagesse (1). Mais les hommes de l'Eglise dans le Monde sont dans le Divin Naturel, qui procède i'Ussi du Seigneur. Il suit de là que le Divin, procédant du Seigneur jusqu'à ses derniers, descend par trois Degrés, ^^ se nomme Céleste, Spirituel et Naturel. Le Divin, qui descend du Seigneur vers les hommes, descend par ces trois Degrés, et lorsqu'il est descendu, il contient en lui ces trois Degrés : tout Divin procède de la sorte ; c'est pourquoi, quiuid il est dans son Dernier degré, il est dans ^^ plénitude. Telle est la Parole. Dans son dernier sens, ®*Ie est Naturelle ; dans son sens intérieur, elle est Spiri- '-^lelle ; dans son sens intime, elle est Céleste; et dans '■ha(|ue sens, elle est Divine. Qu<- telle soit la Parole, cela ■^^ parait pas dans le sens de sr. lettre, qui est Naturel, par Cette raison que l'homme du monde jusqu'à présent ^ avait rien su des Cieux, et que par suite il ignorait ce
'■1 Les Cieux consisleni eu deux Royaumes, dont l'un est !xpi»U- ^yaume Céleste et l'autre Royaume Spirituel. Voir le Traité nu
Ciel
BT DK L'Enfer, N"- ?0 à Î8.
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(i imCTP.INK IIK LA .NOI'VKLLK JKUUSALKM
que c'est que le Spirituel et ce que c'est que le Céleste, et par conséquent la différence entre eux et le Naturel.
7. La différence entre ces Degrés ne peut être connue, si l'on ne connaît pas la Correspondance ; car ces trois Degrés sont entièrement distincts entre eux, comme la Fin, la Cause et l'Effet, ou comme l'Antérieur, le Postérieur et le Dernier, mais ils font un par les correspondances ; en effet, le Naturel correspond au Spirituel, et aussi au Céleste. Ce que c'est que la Correspondance, on peut le voir dans le Traité m' Ciel et de l'Enfer, où il a été question de la. Correspondance de toutes les choses du Ciel avec toutes celles de V homme, N°' 87 à 102; et de la Correspondance du Ciel avec toutes les choses de la terre, N"' 103 à 115 ; et de plus on le verra par les exemples tirés de la Parole, qui seront rapportés ciaprès.
8. C'est parce que la Parole est Spirituelle et Céleste intérieurement qu'elle a été écrite par de pures Correspondances ; et ce qui a été écrit par de pures Correspondances a été écrit, dans le sens dernier, d'un style tel que celui des Prophètes et des Kvangélistes qui, malgré' son apparence vulgaire, renferme en soi la Sagesse Divine et toute Sagesse Angélique.
9. II. Le Sens Spirituel est dans toutes et dans, chs.cune des cho-^es de la Parole : on ne saurait mieux le voii' que par des exemples; soient les suivants : Jean dit, dans l'Apocalypse :
« Ji' via le (Jiel ouvert, et voici un Clteval blanc ; et Celu^ qui était monté dessus est appelé Fidèle et Véritable ! et en pistice il juge et combat. Et ses yeux, comW une flamme de feu. Il avait sur sa tête, beaucoup "" diadèmes ; et un Nom écrit que person?^e ne conna.i'' que Lui-Même ; et II était revêtu d'un vêtement teif^' de sang; et II s'appelle : La Pauole de Dieu. Se-^ a-'" mées dans le Ciel Le suivaient sur des Chevaux b/anc*'i vêtues de fin lin blanc et net. Il a sur son vêlement &^ sur sa cuisse un Nom écrit ; Roi des bois ^'^ Seigneur- DES SEIGNEURS, ii't je DIS un Ange se lenu''^ dans If Soleil, et il crin d'une voix grande : \'n7iP- ''
Sim L EGRITURK SAINTE. /
assemblez-vous pour le souper du Grand Ineu, afin que vous mangiez chairs de rois, et chairs de kiliarques, et chairs de puissants, et chairs de chevaux et de ceux qui les montent, et chairs de tous, libres et esclaves, et petits et grands. » — XIX. Il à 18.
Co que ces choses signifient, personne ne peut le voir que d'après le Sens Spirituel de la Parole, et personne ne connaît le Sens Spirituel que d'après la Science des correspondances ; car tous les mots sont des correspondances, et aucun mot n'y est inutile. La Science des correspondances enseigne ce qui est signifié par le Cheval blanc, par Celui qui était monté dessus, par ses yeux qui étaient comme une flamme de feu, par les diadèmes qui étaient sur sa tête, parle vêtement teint de sang, par le fin Un blanc dont étaient vêtus ceux qui sont de son armée dans le Ciel, par l'Ange qui se tenait dans le Soleil, par le grand Souper pour lequel on doit venir et s'assembler, et par les chairs de rois, do kiliarques, etc., que l'on doit •^anu'er. Quant à ce que signifie cliacune de ces choses dans le sens spirituel, on le voit dans l'Opuscule sur le Cheval Blan<!, où elles ont été expliquées ; il serait donc inutile d'en dire davantage sur ce sujet. Dans cet Opus- •^ule, il a été montre que le Seigneur est décrit ici quant * la Parole ; que par ses yeux qui étaient comme une "amme de feu, par les diadèmes sur sa tête, et par le Nom que personne ne connaît que Lui-Même, il est entendu le sens spirituel de la Parole, et que Personne ne le connaît 4110 le SeiL;neur et celui à qui il veut le révéler ; puis *URsi, que par le vêtement leint de sang, il est entendu le ^^ns naturel de la Parole, qui est le sens de la lettre, ^^qucl il a été fait \iolence. Que ce soit la Parole qui est «*i'isi décrite, cela est très évident, car il est dit : Et II ^'^l'i'ELij.; ; La Parole dk Diku ; et que ce soit le Seigneur qui est cutendu, cela est encore très évident, car il ^^t dit que le Nom de Celui qui était monté sur le cheval ^^t : Uo[ DKs BOIS ET Seigneur hes skignkuhs. Q)ue le sens **Pirituel de la Parole dût être ouvert à la fin de l'Église, ^^'1 68t signifié, non seulement par ce qui vient d'être dit
^' Cheval et de Celui qui était monté dessus, mais encore
DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM
l^ar le grand souper auquel tous ont été invités par l'Ange, qui se tenait danis le soleil, à venir et à manger chairs de rois, de kiliarques, de puissants, de chevaux et de ceux qui les montent, et de tous, libres et esclaves. Toutes ces expressions seraient des paroles vaines privées de Vie et de spiritualité, si le spirituel n'était intérieurement en elles, comme l'âme est dans le corps.
10. Dans l'Apocalypse, Chap. XXI, la Sainte Jérusalem est ainsi décrite :
« Sa lumière était semblable à une pierre très précieuse, telle qu'une pierre de jaspe resplendissant comme du cristal. Elle avait une muraille grande et élevée, ayant douze portes, et sur les portes douze Anges, et des Noms inscrits qui sont (ceux) des douze Tribus d'Israël. Sa muraille était de cent quarante-quatre coudées, mesure d'Homme, laquelle est (mesure) d'Ange. La muraille était bâtie de jaspe, et ses (ond.ementsde toute pierre précieuse, de jaspe, de saphir, de calcédoine, d'émeraude, de sardonix, de sardoine, de chrysolithe, de béril, de topaze, de chrysoprase, d'hyacinthe et d'améthyste. Les douze Portes (étaient) douze perles. La Ville elle-même (était) d'C' pur semblable à un verre pur. Elle était quadrangulaire ; sa longueur sa largeur et sa hauteur étaient égales, de douze mille stades, etc. » — (11, 12, 16, 1'^' 18, 19, 20,21.)
Que toutes ces choses doiventêtre entendues spirituellement, on peut le voir en ce que par la Sainte Jérusalem est signifiée une Nouvelle Église qui doit être établie pa"" le Seigneur, comme il a été montré dans la Doctrine su" LK SEiGNEt:R, N°' (>2 à 65 ; et comme par Jérusalem il est signifié ici l'Église, il s'ensuit que tout ce qui est dit de Jérusalem, comme Ville, de ses portes, de sa muraille, des fondements de la muraille, et de leurs mesures, contient un sens spirituel, car ce qui appartient à l'Église est spirituel. Quant à ce que signifie chacune de ces choses, cela a été expliqué dans le Traité de la Nouvelle Jér"' SALEM, publié à Londres en 1758, N° i; il serait donf superflu de l'expliquer davantage. Il suffit qu'on sache
StJR L ECRITURK SAINTK. vJ
que le sens spirituel est au dedans de chaque partie de la description, comme l'âme est au dedans du corps, et que sans un pareil sens, on ne pourrait appliquer à l'Eglise aucune des choses qui y sont écrites ; par exemple, que cette ville était d'or pur, ses portes de perles, sa muraille de jaspe, les fondements de la muraille de pierres précieuses, que la muraille était de cent quarante-quatre coudées, mesure d'homme, laquelle est mesure d'Ange, et que la ville était d'une longueur, d'une largeur et d'une hauteur de douze mille stades, etc. Mais celui qui, d'après la Science des Correspondances, connaît le sens spirituel, comprend ces choses ; par exemple, il comprend que la Muraille et ses fondements signifient la Doctrine d'après le sens littéral de la Parole ; et que les nombres douze, cent quarante-quatre, dou7,e mille signifient des choses semblables, à savoir, tous les vrais et tous les biens de l'Eglise dans leur ensemble,