‹ Les Quatre doctrines principales de la Nouvelle JérusalemChapitre 47 sur 90 · On sait que la Loi du Sinaï fut gravée sur deux · texte numérisé non relu

On sait que la Loi du Sinaï fut gravée sur deux

Tables, et que la Première Table contient ce qui concerne

Dieu, et la seconde ce qui concerne l'homme. Il ne paraît

pas, dans le sens de la lettre, que la Première Table con-

tienne tout ce qui concerne Dieu, ni la Seconde tout ce qui concerne l'homme, mais toutes ces choses y sont ren-

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fermées ; c'est pour cela même qu'elles sont appelées les Dix Paroles, ce qui signifie, comme on l'a vu, N" 61,

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qu'elles contiennent toutes les vérités. Il n'est pas possible d'exposer en peu de mots comment toutes les vérités s'y

trouvent, mais on peut le comprendre en recourant aux

preuves que j'ai données dans la Doctrine sur l'Écri-

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ture Sainte, N" 67. C'est parce que tout est renfermé

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POUR LA NOUVELLK JERUSALEM

dans le Décalogue que je dis ici : les homicides, les adultères, les vols et les faux témoignages de tout genre.

63. Il s'est établi une Religion qui proclame que personne ne peut remplir la Loi ; or, la Loi consiste à ne point tuer, à ne point commettre adultère, à ne point voler, à ne point porter faux témoignages. Tout homme civil et ivioral peut rempir ces commandements de la Loi dans la vie civile et morale ; mais cette religion nie qu'il le puisse dans la vie spirituelle. Il suit de là que si l'homme ne doit pas commettre ces crimes, c'est seulement pour c'-viter les peines et les dommages dans le monde, et non pour éviter les peines et les dommages après qu'il a quitté le monde ; d où il résulte que l'homme, qui a adopté une telle religion, pense que oes actions sont licites aux yeux de Dieu, mais illicites aux yeux du monde. En raison de cette pensée qu'il a puisée dans sa religion, l'homme est dans iine concupiscence qui le porte à toutes ces mauvaises actions, et c'est seulement à cause du monde qu'il s'abstient de les faire ; quoiqu'il n'ait commis ni homicides, ni adultères, ni vols, ni faux témoignages, il l)rûle néanfï^oins, après sa mort, du désir de commettre ces maux, et même il les commet, lorsque l'externe qu'il a eu dans le monde lui est enlevé ; toutes les concupiscences de "homme restent en lui après sa mort ; d'où il résulte que ceux qui sont dans ce cas font un avec l'enter, et ne peuvent que partager le sort de ceux qui l'habitent. Ceux qui ne veulent ni tuer, ni commettre adultère, ni voler, ni porter faux témoignages, parce que c'est agir contre Dieu lue de commettre ces crimes, ceux-là ont un sort bien différent : après avoir lutté quelque temps contre l'appât ^^' ces maux, ils les chassent de leur volonté, et par conséquent ne désirent plus les commettre ; ils disent du fond de leur cœur que ce sont des péchés qui, en eux-mêmes, '■^ont infernaux ot diaboliques ; et, après leur mort, quand ' externe qu'ils ont eu pour vivre dans ce monde leur est ^î^levé, ils font un avec le Ciel ; et, comme ils sont dans le ^^igneur, ils viennent aussi dans le Ciel.

, 6^- Il est généralement admis dans toute Religion que ll'omme doit s'examiner, se repentir et se désister de ses

DOCTRINE DE VIK

péchés, et que, s'il ne le fait pas, il est damné. Voir cidessus les N°' 4 à 8. Il est aussi admis dans tout l'univers chrétien, qu'il faut enseigner le Décalogue et par son moyen initier les enfants dans la Religion chrétienne. Il est en effet dans la main de tous les enfants. Leurs parents et leurs maîtres, leur disent que faire ce qu'il défend c'est pécher contre Dieu ; et même quand ils s'adressent aux enfants, ils n'ont pas autre chose à leur dire. Comment ne pas être surpris en voyant que ces personnes, et même les enfants lorsqu'ils sont devenus adultes, pensent, qu'ils ne sont pas sous cette Loi, et qu'ils sont dans l'impuissance de faire ce qu'elle leur ordonne? La seule cause qui puisse les induire à penser ainsi, c'est qu'ils aiment les maux et par suite les faussetés qui favorisent ces maux : ce sont donc ceux-là qui ne regardent pas les commandenients du Décalogue comme faisant partie de la Religion. On verra dans la Doctrine sur la Foi que ces mêmes personnes vivent sans Religion.

65. Chez toutes les nations de la terre qui ont une Religion, il y a des commandements semblables à ceux du Décalogue ; et tous ceux qui vivent selon ces préceptes, par motif de religion, sont sauvés ; mais tous ceux qu' n'agissent pas ainsi sont condamnés. Ceux qui vivent, par motif de religion, selon ces préceptes sont instruits, après leur mort, par les Anges ; ils reçoivent les vérités et reconnaissent le Seigneur. Il en est ainsi, parce qu'ils fuient les maux comme péchés, et qu'ils sont en conséquence dans le bien. Or, le bien aime le vrai, et le désir de satisfaire cet amour le lui fait recevoir, ainsi qu'on l'a vu ci-dessus, N°' 32 à 41. C'est ce qu'il faut entendre par ces paroles du Seigneur aux Juifs :

« Le RoyiLume de Dieu vous sera, enlevé, et il sera donn^ à une Nation qui produira des fruits. » — Matth. » XXI. 43.

« Quand le Maître de la vigne viendra, il fera périr l^^ méchants, et il louera sa vigne à d'autres vignerons qui Lui rendront des fruits en leur temps. » " Matth., XXr. 40, 41.

« Je vous dis que plusieurs viendront de l'Orient et »

POUR LA NOUVELLE JERUSALEM

ruccidcnt. du Septentrion et du Midi; et ils seront à table dans le Royaume de Dieu; mais Les Fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors. » — Matth. VIII. 11, 12 ; Luc, XIII. 29.

66. On lit, dans Marc, qu'un homme riche vint vers Jésus, et lui demanda ce qu'il fallait qu'il fit pour hériter de la vie éternelle. Jésus lui dit :

« Tu sais les commandements : Tu ne commettras point adultère ; tu ne tueras point ; tu ne voleras point ; tu ne porteras point faux témoignages; tu ne tromperas point ; honore ton père et ta mère. Celui-ci répondit : J'ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse. Jésus le regarda et il Vainia. Cependant il lui dit : Il te manque une chose ; va, vends tout ce que tu as, et doune-(le) auxpauvres ; tu auras ainsi un trésor dans les deux ; cependant viens, suis-moi en portant ta croix. » — A'. 17 à 22.

Il est dit que Jésus l'aima; c'est parce qu'il répondit yu'il avait observé ces commandements dès sa jeunesse ; mais, comme il lui restait trois points à remplir, car il ^l'avait pas détaché son cœur des richesses, il n'avait pas combattu contre les concupiscences, et n'avait pas encore l'econnu le Seigneur pour Dieu, le Seigneur lui dit en conséquence de vendre tout ce qu'il avait, ce qui signilie ^6 détacher son cœur des richesses ; de porter sa croix, c est-à-d ire de combattre contre les concupiscences ; et de Le suivre, c'est-à-dire de reconnaître le Seigneur pour L^ieu. Ici, comme partout ailleurs, le Seigneur parle par c<Jrrespondances (Voir la Doctrine sur l'Ecriture Sainte, ^'' H). Pcirsonne, en effet, ne peut fuir les maux comme Pochés, s'il ne reconnaît le Seigneur et ne s'adresse à L^i) et s'il ne combat contre les maux et n'éloigne ainsi *^8 concupiscences ; mais on trouvera sur ce sujet de plus "^'"ands détails dans l'article sur les combats contre les '"aux.

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DOCTRINE DE VIE

AUTANT l'homme FUIT LES HOMICIDES DE TOUT GENRE COMME PÉCHÉS, AUTANT IL POSSÈDE l'aMOUR ENVERS LE PROCHAIN.

67. Par les homicides de tout genre, on doit entendre aussi les inimitiés, les haines et les vengeances de tout genre, qui exhalent le dé.sir de la mort d'autrui; car l'homicide est caché dans ces affections comme le feu dans lo bois sous la cendre. Le feu infernal n'est pas autre chose ; c'est de là qu'on dit : être enflammé de haine, brûler du désir de la vengeance. Tels sont les homicides, dans le sens naturel. Par homicide, dans le sens spirituel, on entend tous les moyens de tuer et de perdre les âmes des liommes ; ces moyens sont de diverses espèces et en grand nombre. Mais, dans le sens suprême, par homicide on entend avoir de la haine pour le Seigneur. Ces trois genres d'homicides sont unis et cohérents entre eux ; car celui qui veut la mort du corps d'un homme dans le monde veut la destruction de son âme après la mort; il veut aussi la destruction du Seigneur, car il est enflammé de colère contre Lui et veut détruire Son nom.

68. Ces genres d'homicides sont intérieurement cachés chez l'homme dès sa naissance ; mais il apprend, dès l'enfance, à les couvrir du voile de la civilité et de la moralité, qui lui sont nécessaires pour vivre avec les hommes du monde ; et plus il aime l'honneur ou le lucre, plus il prend de mesures pour que ces affections ne se montrent pas ; l'apparence que l'homme se donne devient son externe, tandis que ces affections homicides constituent son interne; tel est l'homme en lui-même. Or, comme il dépose en mourant l'externe avec le corps et retient l'interne, on voit clairement quel diable il serait s'il n'était pas réformé.

69. Les genres d'homicides ci-dessus indiqués étant, comme on vient de le dire, intérieurement cachés che^ l'homme dès sa naissance, en même temps que les vols et faux témoignages de tout genre, avec les concupiscences qui portent à les commetre, et dont il sera parlé plus loin,

POUR LA NOUVEI-LE .lERlTSALEM.

il est évident que, si le Seigneur n'eût pourvu aux moyens de réformation, l'homme n'aurait pu éviter de périr pour l'éternité. Les moyens de réformation auxquels le Seigneur a pourvu sont ceux-ci : L'homme naît dans une ignorance complète ; il est tenu au commencement de sa 'Vie dans un état d'innocence externe, peu après dans un état de charité externe, et ensuite dans un état d'amitié externe ; mais, à mesure qu'il vient par son entendement dans l'exercice de la pensée, il est tenu dans une certaine liberté d'agir selon la raison. C'est cet état qui a été décrit N" 19, et qu'il est nécessaire de rappeler ici, à cause de ce qui sera dit ci-après :

'< Tant que l'homme est dans le monde, il est entre '' l'Enfer et le Ciel ; au-dessous est l'Enfer, au-dessus est " le Ciel : alors il est tenu dans la liberté de se tourner ou " Vers l'Enfer, ou vers le Ciel. S'il se tourne vers l'Enfer, " il se détourne du Ciel ; s'il se tourne, au contraire, vers " le Ciel, il se détourne de l'Enfer. Ou, ce qui est la même " chose, tant que l'homme est dans le monde, il est placé " entre le Seigneur et le diable, et il est tenu dans la " liberté de se tourner ou vers l'un ou vers l'autre. S'il " se tourne vers le diable, il se détourne du Seigneur ; si, " au contraire, il se tourne vers le Seigneur, il se détourne *' du diable. Ou, ce qui est encore la même chose, tant tjue l'homme est dans le monde, il est entre le mal et le " bien, et il est tenu dans la liberté de se tourner vers l'un " *^u vers l'autre. S'il se tourne vers le mal, il se détourne '* du bien; s'il se tourne, au contraire, vers le bien, il se " détourne du mal. » Voilà ce qui aétéditauN" 19. Qu'on ^oie aussi les N°»20, 21, 22.

'O. Maintenant, puisque le mal et le bien sont deux

Pposés, absolument comme l'enfer et le ciel ou comme le

lable et le Seigneur, il en résulte que si l'homme fuit le

^1 comme péché, il vient dans le bien qui est opposé au

'd. Le jjjg^ opposé au mal qu'on désigne par le mot

'^'ïiicide est le bien de l'amour envers le prochain.

'1- Comme ce bien et ce mal sont opposés, il en résulte

un est repoussé par l'autre ; deux opposés ne peuvent

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'^ Unis, de même que le Ciel et l'Enfer ne peuvent être

DOCTRINE DE VIE

unis ; s'ils étaient unis, ils formeraient le tiède dont il est ainsi parlé dans l'Apocalypse :

« Je. sais que tn n'es ni froid 7ii chaud, il vaudrait mieux que tu fusses froid ou chaud; c'est pourquoi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni cha.ud, il arrivera que je te vomirai de ma. bouche. » lU- 15, 16.

72. Si l'homme n'est plus dans le mal de l'homicide, mais qu'il soit dans le bien de l'amour envers le procliain, alors tout ce qu'il fait est le bien de cet amour, et par conséquent une bonne œuvre. Le Prêtre, qui est dans ce bien, fait une bonne œuvre toutes les fois qu'il enseigne et qu'il dirige, parce qu'il agit par amour de sauver les âmes. Le Magistrat, qui est dans ce bien, fait une bonne œuvre toutes les fois qu'il ordonne et qu'il juge, parce qu'il agit par amour d'être utile à la patrie, à la société, à ses concitoyens. Il en est de même du Négociant ; s'il est dans ce bien, toute opération de son commerce est une bonne œuvre qui renferme l'amour du prochain : le prochain, c'est la patrie, c'est la société, ce sont les concitoyens ; ce sont aussi les gens de .sa maison, aux intérêts desquels il pourvoit en pourvoyant aux siens. Il en est encore de même de l'Artisan qui est dans ce bien ; par lui, il travaille avec fidélité pour les autres comme pour luimême, craignant le dommage de son prochain comme le sien propre. Lee actions de ces personnes sont de bonnes œuvres, parce que, autant quelqu'un fuit le mal, autant il fait le bien, selon la loi générale donnée N° 21, et parce que quiconque fuit le mal comme péché fait le bien, non par soi, mais par le Seigneur, N" 18 à 31, Il en est tout autrement de celui qui ne regarde pas comme péchés les divers genres d'homicides, c'est-à-dire les inimitiés, les haines, les vengeances, etc. ; qu'il soit prêtre, magisti-a*» négociant ou artisan, tout ce qu'il fait ne peut être une bonne œuvre, parce que toutes ses œuvres participent (^^ mal qui est intérieurement en lui, car c'est son interne q"' les produit ; l'externe peut être bon, mais pour les autres, et non pour lui-même.

POUR LA NOUVELLE JERUSALEM

73. Le Seigneur enseigne le bien de l'amour dans plusieurs passages de la Parole ; il l'enseigne, dans Matthieu, par la réconciliation avec le prochain :

« Si tu offres ton présent sur l'autel, et que là. tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse-lk ton présent devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère, et viens alors offrir ton présent. Fais un accord avec ton adversaire tandis que tu es en chemin auec lui, de peur que ton adversaire ne te livre au juge, et que le juge ne te livre à celui qui exécute ses ordres, et que tu ne sois jeté en prison. En vérité, je te dis que tu ne sortiras pas de là, jusqu'à ce que tu aies payé le dernier quadrain. » — V. 23 à 26.

Se réconcilier avec son frère, c'est fuir l'inimitié, la haine et la vengeance ; il est évident que c'est fuir ces maux Comme péchés.

Le Seigneur l'enseigne encore dans Matthieu :

« Tout ce que vous voudriez que les hommes vous fissent, faites-le-leur aussi de même ; c'est là la Loi et les Prophèles. » — VII. 12.

Nous ne devons donc pas faire de mal aux autres, •^omme il est dit plusieurs fois ailleurs.

Le Seigneur enseigne encore que se mettre téméraire- '^ent en colère contre son frère ou son prochain, et le ''^garder comme ennemi, c'est aussi être homicide. — ^atth. V ')1 "^S

AUTANT l'homme FUIT LES ADULTÈRES DE TOUT GENRE COMME PÉCHÉS, AUTANT IL AIME LA CHASTETÉ.

"74. Par commettre adultère, dans le sixième Précepte ^*"^' iJécalogue, on entend, dans le sens naturel, non seu- '^ment violer la foi conjugale, mais aussi faire des actions lascives, dire des paroles obscènes et avoir des pensées "apures. Dans le sens spirituel, commettre adultère, c'est ^tlultérer les biens de la Parolo et falsifier ses vérités.

't^ DOCTRINE DE VIE

Dans le sens suprême, commettre adultère, c'est nier la divinité du Seigneur et profaner la Parole. Voilà les adultères de tout genre. L'homme naturel peut savoir, par la lumière rationnelle, que commettre adultère signifie aussi faire des actions lascives, dire des paroles obscènes, et avoir des pensées impures ; mais il ne sait pas que, par commettre adultère, on doit entendre de même adultérer les biens de la Parole et falsifier ses vérités ; et encore moins sait-il qu'on doit aussi entendre par là nier la Divinité du Seigneur et profaner la Parole. Par conséquent, il ne sait pas que l'adultère est un mal si grand qu'il peut être appelé le diabolique même ; car celui qui est dans l'adultère naturel est aussi dans l'adultère spirituel, et réciproquement : c'est ce qui sera démontré dans un Traité particulier sur I'Amour Conjugal. Ceux qui, par leur foi et leur vie, ne regardent point les adultères comme péchés sont en même temps dans les adultères de tout genre.

75- Autant on fuit l'adultère autant on aime lemai-iage, .ou, ce qui est la même chose, autant on fuit la lasciveté de l'adultère autant on aime la chasteté du mariage; car la lasciveté de l'adultère et la chasteté du mariage sont deuX choses opposées ; en conséquence, autant on n'est pas dans l'une autant on est dans l'autre ; c'est exactament comme il a été dit ci-dessus, N° 70,

76. Il n'y a que celui qui fuit la lasciveté de l'adultère comme péché qui puisse savoir quelle est la chasteté du mariage. L'homme peut connaître un état dans kquel il est, mais il ne peut connaître un état dans lequel il n'est pas. S'il sait, par description ou par la pensée, quelque chose de l'état dans lequel il n'est pas, il ne peut l'apercevoir que dans l'ombre, et il reste dans le doute ; il ne le voit dans la lumière et le doute ne disparaît que lorsqu'il est lui-même dans cet état. Ainsi, dans ce dernier cas, c'est connaître véritablement; mais, dans l'autre, c'est coimaître et ne pas connaître. La vérité est que la lasciveté de l'adultère et la chasteté du mariage sont absolument entre elles comme l'enfer et le Ciel ; que la lasciveté de l'adultère fait l'enfer en l'homme, et que la chasteté du mariage fait en lui le Ciel. La chasteté du mariage n'est

POUR LA NOUVBLLK JERUSALEM

•^lonnée qu'à celui qui fuit comme péché la lasciveté de ^adultère. — Voir plus bas leN° 111.

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