‹ Les Quatre Filles du docteur MarschChapitre 46 sur 63 · LE TESTAMENT D AMY · texte numérisé non relu

LE TESTAMENT D AMY

Dieu <le conserver Helli. Kl le essaya de s'oublier, <le pester gaie et d'être satisfaite de bien faire, quoique personne ne la \i( et ne lui donnai de louantes.

Dans son premier effort d'être 1res 1res bonne, elle

eut l'idée de faire son testament, comme tante Marsch,

afin nue si elle mourait, ses biens fussent justement cl

généreusement dislribués. Lllc \ avait quelque mente, car la pensée seule d abandonner ses peins trésors, plus précieux à ses veux que Unis les bijoux de la vieille dame, lui fui très pénible.

Pendant une de ses récréations, elle écrivit le document important de sa plus belle écriture, avec l'aide d'Esther pour quelques termes légaux. •■' lorsque la bonne Française eut signé, Amy. un peu soulagée, le mit de côté afin de le montrer à Laurie, quelle voulait comme second témoin.

Il pleuvait, et Amy alla lâcher de se distraire dans

une des grandes chambres d'en haut, où se trouvait une garde-robe pleine de \ieux cOôtntnes avec lesquels Ksther lui permettait déjouer. Un de ses amusements.

était de mettre ces vieilles robes de brocart et de se

promener devant les grandes glaces en ^e faisant fie profonds saluts et en laissant traîner les longues queues, qui faisaient derrière elle un frou-fmu délicieux. Il arriva

que, ce jour-là, elle était si occupée qu'elle n entendit pas sonner Laurie, et ne s'apnvui pas qu il avait passé sa tète par la porte entr'ouverte et h regardait se promener gravemenl de long 611 large dans le COStume étrange\ionl elle sciait aflnhlée. Elle sciait coillee d'un grand turban rose, qui contrastait d'une manière

risible avec une robe de salin bleu et un tong ju^onde

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très précieux, et, de l'autre, relevai! sa liai Obligée de faire grande attention en marchant, car elle

avait mis de hauts talons, et, comme Laurie le dii plus tard à Jo, c'était comique de la voir se promener dans cet accoutrement, et se faisant à elle-même de gracieux mouvements de tète quand elle s'approchait d'une grande glace où elle pouvait se contempler tout entière.

Laurie, ayant , non sans peine, réussi à garder quelque temps son sérieux, afin de ne pas offenser Sa .Majesté Arny dans ses étranges atours, finit par se décider à frapper à la porte. Il fut gracieusement reçu.

« Ueposez-\ ous un peu pendant que je rangerai tout cela, puis je vous consulterai sur une chose sérieuse, » dit Amy après s'être fait admirer.

Elle s'aperçut alors que le perroquet, que M. Polly en personne avait suivi Laurie. Elle le relégua dans un coin de la chambre et dit, en enlevant la montagne rose qui ornait sa tête, pendant que Laurie s'asseyait sur le bras d'un fauteuil :

« Cet oiseau est le tourment de ma vie! 11 est plus bavard qu'aucun monsieur, seulement il ne sait jamais ni ce qu'il dit, ni s'il est à propos de se taire ou de parler. Hier, tante était endormie, et je tâchais d'être aussi tranquille qu'une souris, quand tout à coup Polly a commencé à battre des ailes et à grogner dans sa cage. Je suis allée l'en faire sortir. C'était une grosse araignée qui avait causé son émoi ; j'ai chassé l'araignée avec les pincettes, mais elle s'est enfuie sous la bibliothèque. Alors Polly, devenu brave, s'avisa de lui donner la chasse, il la retrouva sous le meuble et lui dit en remuant la tête : « Kmbrassons-nous? » Je n'ai pas pu m'empêcher de rire; Polly s'est mis alors à crier, ma tante s'est éveillée et nous a grondés tous deux.

— L'araignée avait-elle accepté l'invitation de Polly ? demanda Laurie.

— Oui, car elle a quitté le dessous de la biblio-

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