‹ Les Quatre Filles du docteur MarschChapitre 47 sur 63 · LE TEST AMK NT D'A M Y · texte numérisé non relu

LE TEST AMK NT D'A M Y

chèque; mais Polly, la voyant arriver droit sur lui, ^enfuit effrayé et grimpa sur le fauteuil de tante eu triant : « Oh la la ! < Mi la la ! »

— Menteuse! s'écria IN il I y à ce moment, du récit

à' Amy.

— Je vous tordrais le cou si vous m apparteniez, vieux tourment de ma vie, » s'écria Amy très blessée.

Cette menace eut pour effet de décider Polly à regagner l'escalier.

« Maintenant que nous sommes seuls, dit, Amy à Laurie en fermant la garde-robe, je vais vous montrer pacte, » et, tirant un pnpier de sa poche, elle ajouta: « Voudriez-vous lire ceci et me dire si c'est légal et bien. Je crains d'être obligée d'agir ainsi, car la vie est courte et incertaine, et je ne veux pas laisser de mauvais sentiments sur ma tombe. »

Laurie se mordit les lèvres pour s'empêcher de rire, et, Rapprochant de la fenêtre, il lut le document suivant avec une gravité méritoire, si l'on considère que l'orthographe en était quelquefois fort étrange :

« Mes dernières volontés et testament,

« Moi, Amy Curtis Marsch, étant dans mon esprit saint, donne et lègue toutes mes propriétés person nelles comme il suit :

« A mon père, mes meilleurs tableaux, dessins, mappemondes et œuvres d'art, pour en faire ce qu'il voudra.

« A ma mère, tous mes vêtements, excepté mou tablier de soie, ainsi que mon porirait et ma médaille.

« A ma chère sœur Marguerite, jfl donne ma bague de turkoise (si je l'ai), ma boite vrie avec des colombes dessus, mon bout de vraie dentelle et hémm

nue l'ai fait d'elle, comme souvenu- de sa petits "" 1 J 16

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« A Jo, je laisse nia broche, qui est racomorfée avec de la cire à « acheter; mon encrier de bronze dont elle a cassé le couvercle, et mon plus beau lapin de plâtre, parce c;ue je me repens encore d'avoir bridé son histoire.

« A Met h (si elle vit apn< moi je donne mes poupée» et le petit bureau, mon éveniail, mon col et mes pantoufles neuves, si elles ne lui sont, pas trop petites, et je lui laisse mes regrets de m'être moquée de la vieille

Johanna. l'ainée de ses poupées.

« A mon ami et \oisin, Théodore Laurent/, je lègue mon album de dessin, mon cheval en argile, quoiqu'il ait dit fpi'il n'avait point de cou; aussi, pour le remercier de sa grande bonté pour moi dans mon aflu tion, celle de mes œuvres artislt/ffurs qu'il aimera le mieux.

Notre-Dame est la meilleure.

« \ notre vénérable bienfaiteur, M. Laurentz, je laisse maboiii' rouge qui a un petit couvercle de \erro. et dans laquelle il pourra mettre ses plumes; elle lui rappellera la petite Mlle morte qui le remercie do ses laveurs pour toute sa famille, et spécialement pour lîeth.

« A Hânnali, je donne la boîte de carton qu'elle aime, en espérant qu'elle se souviendra de moi.

« A mon amie de cœur, kittv lïrvant. je donne mon tablier de soie et ma petite bague en or.

« Et maintenant, ayant disposé de mes possessions les plus raina/des, j'espère que tous seront satisfaits et ne b'àmeront pas la morte. Je pan loi me a tout le monde, et j'espère que nous nous reverrons tous un jour dans un monde meilleur.

« Qu'on ne s'étonne pas de trouver quelques taches sur ce document ; écrire son testament n'est pas œuvre de joie, ce sont des larmes que j'ai versées sur ma lui ure mort.

LE TEST AMi: NT It A M Y.

« A ces dernières volontés H testament j'appose ma main et mou seau, ce vingt novembre de r amitié Domino 180 1 .

« Amv (lu m s Maiiscii.

« Témoins : I'steli e Vai.m-ih.

« Théodore Lai hlntz. »

Le dernier nom était écrit ;m crayon. et Am\ expliqua h Lan rie qu'il de\ait l'écrire à l'encre et cacheter convenablement son testament.

« Qu'est-ce qui vous en a donné ridée ? Vous a-t-on dit que lïeîîi avait donné toutes ses affaires? » demanda gravement Laurie n la petite tille quand Am\ posa devant lui un grand hàtou de cire à cacheter, un cachet et une bougie allumée.

Elle expliqua ses motifs et demanda anxieusemen! :

« Qu'est-ce que vous disiez fh* Betb?

— le suis fâché d'avoir parlé, mais, puisque j'ai commencé, je vais vous le dire. Elle s'est trouvée si mal un jour, qu'elle a dit à Jo qu'elle voulut laisser

son piano à Aïeg, son oiseau a vins, et sa pauvre vieille

poupée à Jo, qui l'aimerait en souveuk d'e!l<\ Elle était fâchée d'avoir si peu de choses à donner e1 a laissé Ses cheveux aux autres. Elle n*a jamais pensé à l'aire un testament. »

Laurie signait et pliait le papier tout en parlant, et ne leva la tète qu'en voyant tomber une grosse larme sur le papier. La ligure d'Amy était pleine de douleur, mais elle dit seulement :

« Est-ce que les gens ne nid (eut pas quelquefois des

post-script um à h -Dr testament?

Si. des codicilles, comme on les appelle.

Melle/.-en un au mien alors. Je veux que toutes

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mes boucles soient coupées et distribuées entre m.ei amis. Je l avais oublié, mais je veux que cela soit fait, quoique cela doive me rendre moins bien. »

Laurie écrivit ce qu'Amy désirait, en souriant du ili mu ici- et plus grand sacrifice de la petite filie, puis il l'amusa pendant une heure et s'intéressa à tous ses ennuis. Lorsqu'il fut au moment de partir, Amy le retint et lui dit tout bas :

« Y a-t-il réellement du danger pour Beth?

— On a pu le croire, mais nous devons espérer qu'elle se guérira; ainsi ne pleurez pas, chère petite Amy, » répondit Laurie en mettant son bras autour d'elle d'une manière fraternelle très consolante.

Lorsqu'il fut parti, Amy alla à sa petite chapelle, et, assise dans l'obscurité, elle pria pour Beth en pleurant. Llîe sei i lai i que des millions de bagués de turquoises ne la consoleraient pas tic la perte de sa gentille petite sœur.

CONFIDENCES

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