‹ Les Quatre StuartsChapitre 18 sur 39 · LE SOIR, DANS UNE VALLÉE · texte numérisé non relu

LE SOIR, DANS UNE VALLÉE

Déjà le soir de sa vapeur bleuâtre Enveloppait les champs silencieux; Par le nuage étaient voilés les cieux :

Je m’avançais vers la pierre grisâire.

Du haut d'un mont une onde, rugissant, S’élançait: sous de larges sycomores, Dans ce désert d’un calme menaçant, Roulaient les flots agités et sonores.

Le noir torrent, redoublant de vigueur, Entrait fougueux dans la forêt obscure

De ces sapins, au port plein de langueur, Qui, négligés comme dans la douleur, Laissent tomber leur longue chevelure, De branche en branche errant à l’aventure.

Se regardant dans un silence affreux ,

Des rochers nus s'élevaient ténébreux.

Leur front aride et leurs cimes sauvages Voyaient glisser et fumer les-nuages :

Leurs longs sommets, en prisme partagés, Étaient des eaux et des mousses rongés.

Des liserons, d'humides capillaires, Couvraient des flancs de ces monts solitaires; Plus tristement des lierres encor

Se suspendaient aux rocs inaccessibles ;

Et contrasté, teint de couleurs paisibles, Le jonc, eouvert de ses papillons d'or, Riail au vent sur des sites terribles.

Mais tout s'efface ; et , surpris de la nuit, Couché parmi des bruvyères laineuses 3

Sur le courant des-ondes orageuses

Je vais pencher mon front chargé d'ennui,

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