LE SOIR AU BORD DE LA MER
Les bois épais , les sirtes mornes, nues, Mëlent leurs bords dans les ombres chenuc:.
En scintillant dans le zénith d'azur,
On voit percer l'étoile solitaire ;
(1) Vers imprimés dans le Mercure, Voyez la Préface,
A l'occident, séparé de Ja terre,
L'écueil blanchit sous un horizon pur, Tandis qu'au nord, sur les mers eristallines, Flotte la nue, en: vapeurs, purpurines:
D'un carmin vif les monts sont dessinés;
Du vent du soir se meurt la voix plaintive; Et,,mollement l'un à l'autre enchaïnés, Les flots calmés-éxpirent sur la rive.
Tout est grandeur, pompe, mystère, amour :
Et la nature, aux derniers feux du jour, Avec ses monts, ses forêts magnifiques, Son plan sublime:et son ordre éternel, S’élève ainsi qu'un lemple solennel, Resplendissant de, ses beautés antiques.
Le sanctuaire où le Dieu s’introduit
Semble voilé par une-sainte nuit;
Mais dans les airs la coupole hardie,
Des arts divins gracieuse harmonie,
Offre un contour peint des fraîches couleurs De l’arc-en-ciel , de l'aurore et des fleurs.