‹ Les Quatre StuartsChapitre 22 sur 39 · HUITIÈME TABLEAU. À LA MER · texte numérisé non relu

HUITIÈME TABLEAU. À LA MER

Des vastes mers tableau philosophique ;

Tu plais au cœur de chagrins agité :

Quand de ton sein par les vents tourmenté,

Quand des écueils et des grèves antiques

Sortent des bruils, des'voix mélancoliques,

L'âme atlendrie en ses rêves se perd,

Et, s’égarant de penser en penser, | Comme les flots de murmure en murmure, | Elle se mêle à toute la nature : | Avec les vents, dans le fond des déserts,

Elle gémit le long des bois sauvages,

Sur l’Océan vole avec les orages,

Gronde en la foudre, et tonne dans les mers.

Mais quand le jour sur les vagues tremblantes

S'en va mourir; quand, souriant encor,

Le vieux soleil glace de pourpre et d’or

Si le printemps les champs vient émailler, Dans un coin frais de ce vallon paisible

Je lis assis sous le rameux noyer,

Au rude tronc , au feuillage flexible.

Du rossignol le suave soupir

Enchaîne alors mon oreille captive,

Et, dans un songe au-dessus du plaisir, Laisse flotter mon âme fugitive.

Au fond d'un bois quand Pété va durant, Est-il une onde aimable et sinueuse Qui, dans son cours, lente et voluptueuse , À chaque fleur s'arrête en soupirant?

Cent fois au bord de cette onde infidèle

+ dormir sous le coudre odorant,

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