‹ Les quatre vents de l'espritChapitre 27 sur 97 · ZÉ.M · texte numérisé non relu

ZÉ.M

Vivants ! enivrez-vous d'extases !

Soyez gris.

ZÉNITH

Pensez!

NADIR

Buvez, mangez, faites-vous de gros ventres.

ZÉNITH

Chantez, oiseaux; lions, rugissez dans vos antres! Vents, soufflez ; gonflez-vous, ô mers ; frémis, forêt. Prie, Adam! — Le soleil se lève. Dieu paraît!

NADIR

Crois-tu?

ZENITH

Création, salut!

Triste machine !

ZENITH

Gloire à Dieu !

NADIR

Penh !

ZÉNITH

Salut, ô France !

NADIR

Bonjour, Chine.

ZÉNITH

Venez, lutteurs saignants ! venez, grands hommes las ! Dante avec Béatrix, Voltaire avec Calas !

NADIR

Tiens! il laisse tomber par terre la Pucelle!

ZÉNITH

Shakspeare, resplendis; Rabelais, étincelle; Byron, montre ton front!

NADIR

Et cache ton pied-bot.

ZÉNITH

Christ naît. J'entends un bruit de harpe.

ZÉMTII. — NADIK. 167

Kl (le ral)ol.

ZKNITII.

Son pèro est roi.

NMH It.

Son père est charpentier.

ZÉNITH

0 psaumes !

0 David!

0 Joseph! () scie!

ZÉNITH

Où sont les chaumes Est la paix. Le hameau m'attire.

NADIR

Allons-nous-en.

ZENITH

Aime le villageois.

Mais crains le paysan.

ZÉNITH

J'ai l'œil sur les hauts lieux où s'allume une gloire, Où César a gagné sa plus grande victoire, Où Juvénal farouche a fait son plus beau vers. Je le sais, moi. Je vois l'endroit.

Je vois l'envers.

ZÉNITH

Athène! ô murs sacrés! beauté! chefs-d'œuvre! exemples!

Strophes du statuaire écrites sur les temples !

Michel-Ange, à genoux tu les étudias.

Raphaël effaré contemple Phidias ;

Les profonds bas-reliefs, pleins d'une vie étrange,

Devant le demi-dieu font frissonner l'archange.

0 sourire éternel des frontons dans l'azur!

Sous ce mur immortel qu'a ciselé l'art pur,

Les générations comme des fleuves roulent ;

Turcs et vénitiens et bavarois s'écoulent;

Les siècles, bûcherons qui s'acharnent en vain,

Comparent, convoqués par le sculpteur divin

Devant le Parthénon mutilé comme un arbre,

L'humanité d'argile à l'olympe de marbre.

Salut à Phidias !

NADIR

Bonsoir à loi'd Elgin !

ZENITH

Justes, buvez l'absinthe.

NADIR

Absinthe, vin et gin.

Riches, l'orchestre chante et les gorges sont nues ; Le parc bleuâtre et frais livre ses avenues;

ZI'MTII. NADIR. I.;;.

Les liisircs dOr, iiu'lfs d'aiiKmr.s cl de cillons. PiMideiil, litiissons île iluiiune, à l'anneau des plaloiids; Dansez dans le salon el soupe/ dans la serre; Vous, les pauvres, les gueux, hrules de la misère, Soùlez-vous tians un bouye à la liuîiii- des suifs!

ZKMTU.

.le regarde voler les aigles.

Moi, les juifs.

Z KNITH.

Morus meurt pour la loi ; Caton, pour la patrie.

La làehe multitude obéit, tremble et crie.

Le cri monte de ceux sur qui l'on marche à ceux

Sur qui l'on frappe; serfs, mougicks, fellahs crasseux.

Esclaves. Les pavés se plaignent aux enclumes.

ZÉNITH

Que de couronnes d'or, que de chapeaux à plumes Sur des fronts criminels !

NADIR

Quels gros clous aux souliers De l'honnête homme!

ZÉNITH

0 bons, vous êtes les piliers Du ciel mystérieux où gravitent les mondes !

PO É SI F.. — XT. 22

La raison de tout sort de vos âmes profondes. Sans vous tout serait sombre et tout serait obscur. La justice sacrée, et qui remplit l'azur, Commence à l'honnête homme et finit aux étoiles. Les justes méconnus rayonnent sous leurs voiles ; Comme le ciel, ils ont en eux l'immensité, Et, s'il est la lumière, ils sont la vérité.

NADIR

Buvons !

ZÉNITH

Gloire au soleil!

NADIR

11 rit de la nature.

Tous les échantillons d'esprit et de stature Sont égaux et pareils devant ce bec de gaz, Depuis Petit Poucet jusqu'à Micromégas !

ZÉNITH

Pudeur! le lys t'adore et le ramier candide T'aime, et l'aube te rit, virginité splendide. Neige où se posera le pied blanc de l'amour.

NADIR

A bas la vierge! à bas le lys! à bas le jour! Toute blancheur est fade et bête.

ZÉNITH

Tais-toi, nègre !

ZÉiNlill. .NADIK. 171

N M>l It.

Esl-cc ma laiilc, à moi? l/aii^fc! lu deviens {ii|rrt'.

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