I.l. UUC GALLUS
Maiis par îles cheveux, blaïu-s tout le cœur n'est pas [)ris.
NKLLA, le regardanl.
J'aime les cheveux blancs, et non les cheveux gris. Maintenant, s'il vous plaît, je vais serrer mon linge.
LE DUC GALLUS, à part.
Une gazelle ayant de l'esprit comme un singe!
>'ella ii'louriie à ses occupations d'intérieur. Elle remet la ruine eu ordre le plus ((u'elle peut. Klle va et vient, sans faire attention au duc.
LK DUC GALLUS, se rasseyant.
Ah çà ! je n'aime point voir des enterrements. Ces yeux profonds et bleus comme des firmaments, Cette fraîcheur timide, et cette rougeur fière, Ce front rose qui semble un lever de lumière, Tout cela n'est pas fait pour garder la maison. Je crois en vous voyant voir l'aurore en prison. Oui, vous êtes l'aurore, et vous êtes esclave Dans la nuit! Au cachot, seule au fond d'une cave, Chez ce bonhomme affreux qu'on appelle l'hiver. La beauté c'est le fruit, l'indigence est le ver.
Uegardaiil la masure.
Burg sinistre! Où donc est ton échelle, ô Latude !
A Aella.
— Tel que vous me voyez, j'aime la solitude,
A la condition de ne pas être seul. —
Croupir! devenir laide! autant vaut le linceul.
Viviane se change en Toinon dans ces bouges.
La taille s'épaissit, les bras deviennent rouges.
Guerre à cet oppresseur infâme, le corset!
Je viens vous annoncer une nouvelle, c'est
Qu'il existe des lieux charmants; c'est que Versailles,
Potsdam, Schœnbrun, ont mis l'Olympe en leurs bi'oussailles ;
C'est qu'il est des palais; c'est qu'il est des bosquets;
C'est qu'au seuil d'une idylle il faut de grands laquais;
C'est que le buisson, l'herbe, et la bruyère, et l'arbi-e,
Ne sont beaux que mêlés à des nymphes de marbre ;
C'e"st qu'un torrent est laid, et qu'au fond du vallon
L'eau doit se comporter comme dans un salon ;
C'est qu'Homère et Milton ne sont que des maroufles
Faits pour passer le temps à chanter vos pantoufles ;
C'est qu'il est un devoir, l'oisiveté, pour ceux
Qu'enivre la langueur des appas paresseux;
C'est que les beaux habits sont beaux; c'est que les femmes
Doivent être de pourpre et d'or, comme les flammes,
Car toutes ont pour loi de brûler à leur tour
Dans l'immense incendie universel, l'amour !
Je viens vous annoncer que vous êtes déesse;
Que la beauté, cet astre, a pour ciel la l'ichesse.
Et que sur cette terre, ancien fief de Vénus,
MAIir.AUITA. 2I.J
(»ù, potir voir «Iciix Ixmiix veux et baiser deux pic-ds mis, Le |iii|)(' (loimerail Uoiiie, el moi, IJahylone, Vous avez une jupt' <'n serj^e à dix sous l'aune!
Munlrunl tour à iDiir Nellii cl le Inirg.
Je ne suis pas Dieu. Non. Mais pour lui je rou},MS Que, faisanl de lels yeux, il fasse un tel logis! Morbleu! l'aut-il (pion rie ou bien faut-il qu'on pleure? Vous êtes la beauté suprême, pour demeure Vous avez la tristesse borrible! C'est complet. Ma parole d'honneur, si j'avais un valet Maladroit comme Dieu, laissant de sa fenêtre Tomber le pot de Heurs où le lys vient de naître Et cassant un destin charmant sur le pavé, Cachant dans un taudis l'être qu'on a rêvé, Brouillant tout, faussant tout, faisant traire les vaches A Psyché, j'userais sur son dos vingt cravaches ! Dieu se moque de nous, tristes fils de Japhet!
Il s'est levé ot, coiiimo par mégurde, laisse s'écarter suii liabil do voyage sous lequel on entrevoit sa plaque et son grand cordon.
NELLA
Monsieur, si vous croyez me faire de l'effet Parce que vous ouvrez votre habit de manière A montrer un crachat sous votre boutonnière Et dans votre gilet le coin d'un cordon bleu, Vous vous trompez.
Elle va au coin où est la voussure, el écarte les deux volets fermés. En tournant sur leurs gonds, ils découvrent un tableau qui est le portrait en pied d'un homme de guerre en grand uniforme, couvert de décorations et de broderies, avec un grand cordon, le même que porte le duc.
— Voici mon grand-père.
LK DUC GALLUS
Vrai Dieu!
C'est un leld-maréchaL