‹ Les quatre vents de l'espritChapitre 65 sur 97 · A MA FILLE ADÈLE · texte numérisé non relu

A MA FILLE ADÈLE

Tout enfant, lu dormais près de moi, rose et fraîche Comme un petit Jésus assoupi dans sa crèche; Ton pur sommeil était si calme et si charmant Que tu n'entendais pas l'oiseau chanter dans l'ombre; Moi, pensif, j'aspirais toute la douceur sombre Du mystérieux lîrmament.

Et j'écoutais voler sur ta tête les anges ; Et je te regardais dormir; et sur tes langes JefTeuillais des jasmins et des œillets sans bruit;

Et je priais, veillant sur tes paupières closes; Et mes yeux se mouillaient de pleurs, songeant aux choses Qui nous attendent dans la nuit.

Un jour mon tour viendra de dormir; et ma couche, Faite d'ombre, sera si morne et si farouche Que je n'entendrai pas non plus chanter l'oiseau; Et la nuit sera noire; alors, ô ma colombe, Larmes, prière et fleurs, tu rendras à ma tombe Ce que j'ai lait pour ton berceau.

1 oclobre INoT.

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