‹ Les quatre vents de l'espritChapitre 76 sur 97 · PENDANT QUE LES PÉCHEURS SONT EN MER · texte numérisé non relu

PENDANT QUE LES PÉCHEURS SONT EN MER

Les visions se répandent Dans le firmament terni, De hideux nuages pendent Au noir plafond infini ; L'étoile y vient disparaître ; Il semble qu'une main traître, Guettant les astres vermeils, Au fond de l'ombre indignée,

Tend ses toiles d'araignée Pour ces mouches, les soleils.

L'arbre se tord sur la côte ; Le flot s'acharne au récif; Une clameur triste et haute Avertit l'homme pensif; L'écume roule, avalanche; La lame féroce et blanche Luit comme l'yatagan; La terre sanglote et soufl"re.

Livrée aux baisers du goufl"re.

Au viol de l'ouragan.

La mer n'est plus qu'épouvante ; Le ciel s'efîare ; on dirait Que la nature vivante Devient songe et disparaît; Tout prend l'aspect et la forme D'une horrible ébauche énorme Ou d'un grand rêve détruit; Les ténèbres en décombres Emplissent de leurs blocs sombres L'antre immense de la nuit.

Ah! n'est-ce pas, Dieu sublime.

Dieu qui fis l'arche et le pont.

Que tout naufrage est un crime Et que quelqu'un en répond?

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