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LA PREMIÈRE REDDITION DE COMPTES

Six jours après, le 14 août, le conseil étant organisé, j'écrivis à M. l'abbé Marcoux qu’il pouvait produire ses comptes, lui demandant en même temps, d’une manière très intelligible, ses lettres de pouvoir. (Voir document N° XIII.)

M. Marcoux ne me passa aucun document officiel de sa délégation; mais, sous sa propre signature, il m’écrivit : ‘que comme délégué du Séminaire de Québec, et aussi en ma qualité de président du Bureau d'administration du Syndicat financier de l’Université Laval à Montréal, J'ai tous les pouvoirs nécessaires pour régler d’une manière définitive, sur certaines bases, avec Mgr l’Archevêque de Montréal ou son procureur, le bilan de la Succursale pour 1888-

89 et les réclamations du Séminaire de Québec

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ss À 2 contre la Succursale, pour les années précédentes” (Voir document N° XIV.)

Cette expression ‘ Cerfaines bases ” me paraissait un peu vague, et demandait certaines explications. Je ne pus jamais les obtenir sous une forme précise et satisfaisante.

M. Marcoux prétendait agir comme président du Bureau d’administration du Syndicat financier de l’Université Laval à Montréal ; or, d’après Le bill qui instituait civilement ce Bureau d'administration, le Vice-Recteur de l’Université Laval à Montréal en est le président, de droit, Depuis plus de quinze jours, M. Marcoux avait cessé d’être Vice-Recteur ; comment pouvait-il encore en être le président ? tout au

moins lui aurait-il fallu une délégation de ce

Bureau pour agir en son nom ; et il n’en pro-

duisa.. aucune, De plus ce Bureau n'avait ja. mais pris, et n’avait jamais voulu prendre possession des affaires pécuniaires de la Succursale ; il n’y avait donc rien à régler en son nom.

Ces remarques ne sont pas faites, aujourd’hui,

dans le but de prouver l’incompétence légale de

UE M. Marcoux pour transiger des réclamations que lui avait confiées le Séminaire de Québec ; mais, après la précipitation du début, ces obscurités dans la procédure subséquente expliqueraient mon éton :ement, si par hasard j'en ai

laissé paraître alors.

Avec sa lettre du 14 août, M. Marcoux me passait, sur deux feuilles volantes, “ un état des recettes et des dépenses de l’Université Laval à Montréal pour l’année Universitaire 1888-89.” (Voir document N° XV.)

Il ajoutait, sur deux autres simples feuilles, un supplément, comprenant ce que “ doit la Succursale de Montréal uu Séminaire de Québec pour dépenses fuites depuis son organisation jusqu’à août 1889.” (Voir document N° XVI.)

Ces quatre feuilles n'étaient accompagnées d'aucune pièce justificative quelconque. Je de-

mandai, par mesure de précaution, à M. Mar-

coux si, au cas où nous croirions par hasard avoir

ons ec ; scuue-

|, ai

besoin de quelque document se rapportant à ces comptes, nous pourrions les obtenir. Il me répondit que #0.

Au premier coup d’œil, je ne pus ne pas remarquer la manière étrange avec laquelle les comptes de 1888-89 étaient présentés. Il y a peut-être de bonnes raisons, claires pour d’autres, secrètes pour moi, d’en avoir agi ainsi. J’en demandai l'explication, on me la promit pour plus tard, elle n’est pas encore venue,

D'abord l’année 1887, dans le supplément, est cotée d’un déficit de $1229.28 ; puis l’année 1888-89 montre, rapporté de l’année précédente, un second déficit de $1604.37. A quoi ont été employées ces 1604 piastres et 37 centins ? et pourquoi faire un partage de déficits que ne comportent pas les années antérieures ?

Deuxièmement, à la fin des comptes de l’année 1888-89, en dehors du balancement des re-

cettes et des dépenses, est renvoyée une dette

de $3000.00 Pourquoi ne pas la faire entrer dans l’énumération détaillée de la dépense ?

cf Cette somme est assez considérable pour qu’on nous dise clairement l’emploi qui en a été fait.

Troisièmement, on renvoie dans un postscriptum un compte d’une couple de centspiastres, sans indiquer les raisons de cette dépense. Pourquoi ne pas faire entrer cet item, avec les autres, dans l’énumération du détail des dépenses ?

mystère.

Quatrièmement, on prétend rendre compte, à part, du bilan de l’année 1888-89 ; et cependant, dans le supplément, cette même année 1888-89 porte un déficit de $4858.14. Pourquoi un supplément à une année dont on est censé donner le détail complet, tant pour les re-

cettes que pour les dépenses ?

Cinquièmement, et dans ce supplément lui-

même, à l’année 1888-89, on lit un premier déficit de $1121.26, après lequel on additionne tout ce qui est dû au Séminaire de Québec depuis 13 ans: $16,725.99. Puis, sous une rubrique mystérieuse, arrive le gros déficit suivant : ‘“ Prêté pour réparation, etc., Facultés de

droit et de médecine, dont intérêt au dix-neuf

juin 1889 a été payé par l'archevêque de Qué-

È bec : $3231.88.”” Peu m'importe, en réalité, ci. dé que l'intérêt sur les $3231.88 ait eu l'honneur | b ” d’être payé par Son Eminence le Cardinal Tas- | " chereau ; mais ce qui m’intéresserait davantage, w Le | ce serait de connaître, comme pour les autres À ,9 emprunts, quel est le prêteur ; ce serait de sa-. voir pourquoi cet emprunt n’est pas porté à la à recette comme l'emprunt de $7113.00, fait aux de Banques. ÆEnfin pourquoi ces deux manières | différentes de présenter le déficit qu’accuse, pour ii une même année, un même supplément ?

ds Pourquoi tous ces à-part de déficits éparpillés " çà et là :

Voyages de Mgr Paquet à Rome et divers ; voyages à Montréal . . . . ,. . $ 1121.26 ail Prêté pour réparations, etc . . . , . ‘ 3231.88 dé- Billets endossés, etc. . . . ,. . , . ‘‘ 7300.00 Dû à Perrault et Mesnard. . . . . . ‘‘ 3000.00 ne Enfin déficit à la caisse. . . . . . . ‘“ 856.26 ner Total $ 15,009.40 ps A-t-on voulu, par là, pallier l’énorme déficit ds de l’année 1888-89: $15,009.40!! Je com-

af prends que la caisse ne doive plus que $356.

ne D 16, quand, par des transpositions de chiffres, on est parvenu à la soulager de $14,683.04. Mais la Succursale n’en reste pas moins chargée.

Encore une fois, pourquoi procéder de cette façon étrange ?

Ce seul s#brogliamento, dont je n’ai pu obtenir de M. Marcoux l’éclaircissement, aurait suffi, dans mon opinion, pour me faire demander des comptes plus détaillés et plus clairs. Mais l’étude plus attentive de ces quatre feuilles, me

réservait bien d’autres surprises.

Je ne parle pas: 1° de la somme de $928.

48, payée, pour une seule année, à l’appariteur de médecine et à ses servantes, lorsque, en sus, cet appariteur est logé et chauffé par la Succursale ;

2° Ni des 150 piastres, payées pour la brochure Chandonnet, sans savoir ce que cette brochure a à faire dans la Succursale :

8° Ni de la somme ronde de $1645.79 pour

eur BUS,

ur-

re

ure

our

De dépenses de maison, lorsque déjà ont été payés les réparations, les professeurs, les appariteurs, les serviteurs, les intérêts, les taxes, le bois, le charbon, le chauffage, les honoraires et la pension du Vice-Recteur, les honoraires et la pension du secrétaire, les voyages, les cochers, les dépêches, les annonces, le gaz, l’eau, les sujets pour l'anatomie, et de: divers s'élevant à $305.58 ;

49 Ni des 2700 piastres qu’a coûté le Bill de la Succursale, sans compter les télégrammes et les câbiegrammes ;

5° Ni de $6686.29 pour voyages, dont $5930,48 pour voyages à Rome seulement ;

6° Non plus que de certains autres points obscurs ou surprenants, dont je ne conteste pas actuellement l’à-propos, mais qui auraient certainement besoin d’éclaircissements pour la satisfaction et l’honneur de celui qui est chargé d'accepter des comptes au nom de tout un archidiocèse.

Qu'on me prouve que je suis obligé de les

accepter sans voir, très bien ! Alorsje me trouve

en face de la soumission, ou de la démission.

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