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CONCLUSION DE CE MÉMOIRE

L’Indult du 5 mai 1889, comme je l'ai dit plus haut, fut communiqué officiellement à Monseigneur l’Archevêque de Montréal, le 13 de septembre; j'en connus la teneur vers le 20 du même mois. Il fut pour moi, dans mes inquiétudes d'alors, un vrai soulagement ; il jetait sur la question morétaire toute une lumière nouvelle, Une fois de plus, j’admirai la sagesse de Rome. Les droits de Québec étaient ménagés, et les intérêts de Montréal sauvegardés: dans ces deux points, qu’on le sache bien, se trouvent la solution de toutes les difficultés, le germe de la paix solide et le principe du développement progressif d’une grande Université catholique au Canada.

Le plus tôt qu’il me fut possible, je me fis un devoir de descendre à Québec. Le 25 de sep-

—p— tembre, je me présentais chez Mgr Paquet, avec le dessein bien arrêté, et avec l'espérance, fondée ce me semblait, d’en arriver enfin, grâce aux facilités que nous donnait l’Indult, à placer à l'amiable cette reddition de comptes sur des bases que les deux parties auraient pu accepter honorablement. Et si, après tout, nous ne pouvions nous entendre, j'offrais à Mgr Paquet de prendre pour arbitres de nos divergences d’opinion Son Eminence le Cardinal Taschereau, le premier dignitaire de l'Eglise Canadienne ; Monseigneur l’Archevêque d'Ottawa, prélat tout à fait au courant de nos affaires, étranger toutefois aux provinces ecclésiastiques de Montréal et de Québec ; et Monseigneur l’ Archevêque de St-Boniface, le vénérable doyen de l’épiscopat français au Canada.

Sans attendre la fin de mon exposé, comme si on eût été heureux de rompre en visière, Mgr Paquet me répondit: “ Monsieur Proulx, il n’y a rien à faire avec vous. Vous nous demandez

des comptes légaux, sachant qu’il nous est im-

possible d’en donner. Je vois que vous ne voulez

Pt se

pas payer. Fort bien. Nous en référerons à Rome, et Rome saura bien nous compenser.” Il me vint à l’esprit, je le confesse, une mauvaise pensée, que je ne pus chasser tout d’abord :

serait-ce là par hasard, où l’on voulait en venir, avoir un pretexte de se plaindre a Rome.

Je n’ai jamais demandé de comptes légaux ;

seulement, je croyais que j'avais droit à des

comptes compréhensibles, dans lesquels serait:

visible à l'œil nu l’observation des règles ordinaire du calcul logique et arithmétique.

En passant, je ferai remarquer que Mgr Paquet, par une prudence anticipée, n’a pas attendu mon prétendu refus d'accepter ses comptes pour demander à Rome des compensations. Dès avant le 5 mai, au moins trois mois avant ma nomination comme Vice-Recteur, sa pétition au Saint-Père n’allait-elle pas à demander et à obtenir tous les revenus des Messes provenant tant de la province de Montréal que de la province de Québec, pour le Séminaire de

Québec seulement ?!!. ‘“ petit prorogationem

indulti retinendi quinque solidos in missis ad-

Et ventitiis pro provinciis Quebecensi et Marianopolitunà, utilitate Universitatis Lavallensis erectæ in civitate Quebecensi a Seminario dicæcesano.” (Document N° XXIX.)

Pour être complet, je dois ajouteur que, malgré cette détermination de Mgr Paquet de ne plus traiter qu'avec Rome, M. Marcoux, dans les premiers jours d’octobre, m'écrivit un petit mot, me disant que, si je voulais accepter, pour la Succursale, le terrain actuellement aux mains du Séminaire de Québec, j’eusse à le faire avant le 15 d'octobre; sinon, à cette date, le Séminaire se croirait en droit de le mettre en vente. Je ne voyais pas très clairement, surtout après la déclaration de Mgr Paquet, l’à-propos de cette offre, à la dernière heure, faite complètement à part des autres articles du règlement de comptes ; je me contentai de répondre directement à Mgr Paquet que 7'éfars dans le doute si je devais prendre tout cela au sérieux. (Document N° XXX.)

Depuis il n’a plus été, entre nous, question des

comptes.

Avant de terminer, encore une fois je proteste

este

que j'ai toujours voulu payer ce que doit la Succursale au Séminaire de Québec, et, comme on peut le voir dans ce mémoire, j'ai même fait, pour en arriver là, des démarches auxquelles je n’étais certainement pas obligé.

Enfin Mgr Paquet m'a montré la route de Rome; m’y voici. Ils’y plaint de moi, dit-il ; je me plains de ses chiffres. Il veut sans doute, pour en arriver à qr«lque chose de pratique, que Rome décide entre nous; c’est ce que je demande de toute l’ardeur de mes vœux : plein de confiance dans cette hauteur de vue et cette impartialité de jugement que le Ciel x données à la Cour Romaine, dans cet instinct merveilleux qui la dirige, même dans les questions purement de l’ordre naturel, à travers le dédale des difficultés les mieux nouées, pour en arriver à une

solution modérée, juste et vraie.

Ainsi donc, pour ces motifs que je viens d’exposer brièvement, et que je suis prêt à dévelop-

per davantage au besoin, et, en particulier, parce

mn D vo que ces comptes du Séminaire de Qué'ec contre la Succursale de l'Université Laval à Montréal :

1° Sont incomplets;

2° Qu'ils sont loin d’être clairs, et même, en certains endroits, nullement compréhensibles ;

3° Qu'ils paraissent se contredire en maints items ;

4° Qu'ilsrenvoient plusieurs milliers de piastres, d’une manière extraordinaire, en dehors du balancement annuel des recettes et des dépenses ;

9° Qu'ils renferment des items que la Succursale prétend ne pas devoir ;

6° Que, à l’occasion des constructions, ils mettent à la charge de la Succursale, des sommes considérables, sans lui laisser le bénéfice de profits encore plus considérables faits à l’occasion des mêmes constructions ;

7° Et que les mêmes principes ne servent pas de bases aux comptes de la recette et aux comptes de la dépense ;

Pour toutes ces raisons, dis-je, et considéra-

tions, je demande, au Saint-Père et aux Eminen-

ontre tréal :

ne, en sibles ;

maints

Je piasdehors les dé-

Succur-

ons, ils sommes fice de

ccasion

ent pas

et aux

sidéra-

minen-

sui OS us

tissimes Cardinaux de la Sacrée Congrégation de la Propagande, de décider que ces comptes du Séminaire de Québec contre la Succursale de l’Université Laval à Montréal soient rendus, les deux parties ayant toute liberté de faire valoir leurs points de vue, devant un tribunal qui jugera, d’une manière autorisée et définitive, et des principes qui serviront de bases à cette reddition de comptes, et des items qui doivent y entrer, et des explications qu’il convient de don-

ner à ces différents items ; que ce tribunal soit :

1° Ou a Sacrée Congrégation de ln Propagande elle-même ;

2° Ou les évêques du Canada français ;

3° Ou un conseil de trois arbitres, dont l’un serait nommé par le Séminaire de Québec, l’autre par l'Archevêque de Montréal, et le trrisième

par les deux premiers ; 4 Ou tout autre tribunal qu’il plaira au Saint- Siège d’instituer : ayant, pour ma part, la con-

fiance la plus entière dans le moyen qu’il pren-

dra pour rendre justice à tous les intérêts et à tous les partis. (1)

Sous forme de corollaire, j’ajouterai ce qui suit.

Il est indubitable, par le texte même de l’Indult du 5 mai 1889, que le Saint-Siège attribue les revenus provenant des messes de la province de Montréal au paiement de la dette de la Succursale “ .… ita ut quæ ex hâc postremâ (provinciâ Marianopolitanâ) mittuntur pro celebratione extra provinciam, tribuantur Archiepis- <opo Quebecensi in diminutionem debiti partis Marianopolitanæ Universitatis” (Voir document N° XVIII.) Pour cette bienveillante et gracieuse faveur, nous offrons au Saint-Père nos humbles, respectueux et profonds remerciments,

Si maintenant, à raison du changement des

circonstances, le Saint-Siège veut bien attribuer

(1) Pour la réponse à ce mémoire, voir le document N° L, (Note de l'édition montréalaise.)

nm Pr.

uit.

à Monseigneur l’Archevêque de Montréal l’administration de ces revenus provenant des messes de la province de Montréal, je promets, au nom de mon Archevêque et avec sa permission, qu’ils seront employés tout d’abord, exclusivement, jusqu’à extinction de la dette, à payer ce que la Succursale doit au Séminaire de Québec, aussitôt et de la menière que l’aura décidé le tribunal institué par le Saint-Siège lui-même.

MÉMOIRE

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