‹ Les quatres mémoires sur la question universitaire [microforme]Chapitre 21 sur 104 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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l’usage des finsuniversitairés, cinq centins sur l’honoraire de chaque messe envoyé hors du pays, avait été renouvelé. Il me répondit qu’il lui était impossible de me rien apprendre sur ce sujet, mais que, si je l’osais, je pouvais m’adresser au Cardinal Taschereau. Je m’adressai à Son Eminence ; elle me répondit, franchement et laconiquement : Ows. (1)

En quels termes était conçu cet Indult ? je l'ignorais ; Car il ne fut communiqué, aux évêques des provinces ecclésiastiques de Québec et de Montréal, que le 13 de septembre.

C'était le 25 août. Le 29 du même mois, Mgr Paquet, de peur que je n’eusse pas bien compris sans doute, m’écrivait, cette fois sans que je lui eusse fait de nouvelles demandes, que “ l’Indult accordé par le Saint-Siège cette aunée est tout en faveur de Québec et que Montréai ne percevra rien en vertu de cet Indult.” (Voir document N° XI.)

(1) De ce moment, dans une longue conversation, Mgr Paquet . devint apparemment très communicatif, interprétant l’Indult sans cependant m'en faire connaître les termes, (Note de l'édition montréalaise).

Et, qu'on veuille bien le remarquer, cet avis venait immédiatement après cette autre phrase, non moins significative : ‘ Il est bien entendu toutefois que la Succursale se trouve chargée des dettes contractées pour elle l’année dernière et de ce que le Séminaire a dépensé pour la faire fonctionner pendant les années qu’il en an été l’aministrateur financier.”

On avouera que cette phraséologie n’était pas calculée pour me faire comprendre que, ans cet Indult, il était question du paiement de la dette de la Succursale. Aussi, au premier abord, je compris, avec toutes les personnes ‘à qui je dus montrer la lettre de Mgr Paquet, que tous les revenus provenant des messes de la province ecclésiastique de Montréal , comme ceux de la province de Québec, étaient donnés au Séminaire de Québec, purement et simplement, sans qu’il ne fût question aucunement de Montréal.

J’étais loin de soupçonner que l’Indult du 5

mai 1889, en ce qui regarde Montréal, était

conçu en des termes aussi favorables : “ …. ita ut quæ ex hûc postremâ (provineià Marianopoli-

mn 00 5 tanâ) mittuntur extra provinciam pro celebratione, tribuantur Archiepiscopo Quebecensi in diminutionem debiti partis Marianopolitanæ Universitatis”” (Voir document N° XXVII.)

I! me semble que j'aurais raison de n’être pas très flatté de ce procédé, surtout lorsque je considère que j'étais allé, dans l’exercice de mes fonctions, consulter un supérieur, sur une matière qui regarde l’Université en général comme la Succursale en particulier, On me remet l’administration de la Succursale, que je le veuille ou que je ne le veuille pas ; on m’avertit qu’une dette pèse sur la Succursale ; on presse la reconnaissance immédiate de cette dette ; on en exige de suite une partie du paiement ; et, tout le temps, on me cache la teneur véritable du document le plus important sur la question, d’un document qui délimite la sphère des intérêts que j'ai la mission de sauvegarder. Non seulement on me cache la teneur de l'Indult, maïs on me refuse, lorsque je les demande, des explications auxquelles j’ai un droit de convenance incontes-

table ; non seulement on me les refuse, mais par

ET pe des paroles mesurées, on me met sur le chemin

de conclusions plus au moins rigoureuses. C'est

un peu fort. On serait porté à croire que; dans

cette circonstance, chez Mgr Paquet,le Supérieur du Séminaire de Québec avait absorbé complètement le Recteur de l’Université Laval.

4 Mais, dirait-on; il ne nous appartenait pas, à nous, de publier !’Indult.” Eh bien ! alors, avant de presser de cette manière le règlement de ces comptes, il fallait ou obtenir la publication de l’Indult, ou se procurer la permission de le faire connaître aux intéressés, tel qu’il est, ou attendre encore quelques semaines que cet Indult eût été publié. Dans tous les cas, quand il ne nous appartient pas de publier un document, il me semble qu’il ne nous appartient pas davantage, au risque de produire chez une tierce partie une impression qui porte préjudice, d’en donner d'avance une interprétation discutable.

C'était trop fort. A la fin, ne pouvant, à la lumière des procédés généralement usités en affaires, m'expliquer cette persistance avec laquelle on s'appliquait à amener le règlement de ces

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comptes, avant que n’eût été porté à la connaissance des évêques le texte d’un Indult déjà obtenu depuis plusieurs mois ; considérant que, sous le premier Indult du même genre donné au mois d’août 1884, le Séminaire de Québec avait cru devoir laisser à Montréal le revenu provenant des messes de la province de Montréal, tandis que, disait-il maintenant, en vertu du second Indult, Montréal ne devait plus en rien percevoir, ce qui me paraissait, dans la circonstance, une véritable anomalie ; connaissant, par l’étude de toute la question universitaire, combien grande et scrupuleuse est la délicatesse du Saint- Siège en ces matières de justice, ne s’agirait-il que de droits de congruo : pour tous ces motifs, hésitant, surpris, étonné, je dontai.

Et ce doute, avec les autres points obscurs, incompréhensibles et certainement inadmissibles que renfermaient ces comptes, je le soumis

au Conseil d’affaires que m'avait adjoint l’Archevêque de Montréal.

Le Conseil se réunit le 9 de septembre,

Pour aller plus vite en besogne, je demandai à ces messieurs s’ils voudraient bien permettre à M. l'abbé Marcoux d'assister à nos délibérations, ce à quoi ils accédèrent volontiers. L’examen fut long, sérieux; les nouveaux comptes ne parurent pas plus clairs que les premiers, ni plus complets. Nous demandâmes à M. Marcoux plusieurs explications, les réponses furent loin d'être satisfaisantes. Enfin, l'honorable M.

Chauveau ayant soulevé cette question : ‘ Tou-

jours est-il que pour rencontrer les obligations et les charges de la Succursale, l’Archevêque de Montréal aura le revenu provenant des honoraires de messes de sa province ecclésiastique ? ” je me vis dans la nécessité de faire connaître au Conseil l'avis de Mgr Paquet : ‘“ que l’Indult accordé par le Saint-Siège cette année est tout en faveur de Québec, et que Montréal ne per-

cevra rien en vertu de cet Indult.” Ces paroles

parurent sévères et raides. En les entendant, les conseillers se levèrent comme un seul homme, témoignant de leur étonnement. Et sur-lechamp, sans vouloir aller plus loin, ils décidèrent unanimement que, dans les circonstances (ils regrettaient de le constater), il était inutile de délibérer davantage. La séance fut levée sine die.

De suite, j'offris à M.Marcoux de lui donner par écrit la réponse du Conseil. Il me dit que, ayant assisté à notre assemblée du premier au dernier mot, il n’en avait pas besoin. Cependant, quelques jours après, le 16 de septembre, afin qu'il ne s'élevât pas plus tard de malentendu sur ce point, je crus devoir lui envoyer une réponse écrite, lui disant formellement ‘que, tant que le Séminaire de Québec maintiendrait les mêmes prétentions vis-à-vis de la Succursale et de l’Archidiocèse de Montréal, il nous paraissait impossible d’en arriver à un arrangement satisfaisant.” (Voir document N° XXVIII.)

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