‹ Les quatres mémoires sur la question universitaire [microforme]Chapitre 28 sur 104 · D TT · texte numérisé non relu

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Pour moi, cette question, la plus importante de toutes celles qui occupent actuellement, chez nous, l'attention des hommes soucieux de l'avenir, est de beaucoup supérieure à ces visées, trop souvent.étroites, qui ont inspiré, passionné et divisé les esprits jusqu'ici. Pour la juger sainement, il faut d’abord commencer par apprécier chaque prétention à sa juste valeur, puis placer les grands intérêts de la religion, de l'éducation et du pays au-dessus des intérêts particuliers ; ce qui n'empêche pas toutefois que, dans ce vaste ensemble bien coordonné, les intérêts particuliers ne puissent fort bien être sauvegardés suivant la mesure de leurs droits.

L'Université, dans l'interprétation de ses constitutions et le fonctionnement de ses règiements, devrait se placer sur des bases si larges qu’elle pût embrasser dans son enseignement la totalité des élèves catholiques, respecter et favoriser, en se les incorporant, les institutions déjà existantes, développer l'élan, l’énergie et les forces de toutes les aspirations légitimes, ne

blesser en rien les susceptibilités naturelles à

chaque section du pays, voir ses deux sièges actuels fleurir et s'épanouir l’un à côté de l’autre, sans froissement, sans empiètement, chacun dans la liberté de sa sphère d'action propre, faisant tous deux la gloire d’une même Université, sous la haute direction d’un même Conseil Universitaire, et surtout sous la protection efficace des évêques, à qui a été confié le soin de régir l'Eglise de Dieu, et d'enseigner toutes les nations.

Dans l’exposé de mes idées, inévitablement, il m’arrivera de contredire de dignes et éminents personnages. Je le ferai librement et respectueusement. Je respecte les personnes, je ne discute pas les intentions, je ne voudrais employer que les expressions les plus adoucies et les plus modérées; mais enfin, dans des divergences de vues quelquefois si radicales, je ne puis faire que mon opinion ne heurte la leur, carrément.

Cependant, qu'on veuille bien le croire, je

parle sans passion : je n'ai d'autre mobile d’ac-

tion, dans toutes ces démarches, que ce que je

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crois être la vérité ; j'ai en vue également le bien de Québec et le bien de Montréal, persuadé que l’Université ne peut remplir sa fin, si l’un

ou l’autre siège ne jouit pas de toute la prospérité dont il est susceptible.

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