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VENANT DE L'EXTÉRIEUR

La Succursale, pour le moment du moins, ne peut subsister par ses propres ressources. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil sur ses revenus et sur ses obligations.

En fait de revenus absolument certains, la Succursale ne compte que sur l’argent payé par les élèves pour suivre les cours. Or, la plupart de ces jeunes gens ne sont pas fortunés ; ils arrivent, à la fin de leurs études classiques, épui-

sés de ressources monétaires. Alors, il nous faut raisonnablement faire de nombreuses remises, ou bien nous contenter de billets promissoires qui, souvent, ne valent pas plus que le papier qui les porte. Ces paiements des élèves,

pendant les cinq années dernières, n’ont rap-

porté, en argent sonnant, que 15,989 piastres.

(Voir document N° XXII.)

Le gouvernement de Québec, il est vrai, donne annuellement deux mille piastres pour la Faculté de droit ; nous espérons bien qu’il nous continuera cet octroi ; cependant, personne ne l’ignore, ce revenu est loin d’être assuré, puisqu'il dépend, chaque année, du vote et de la bonne volonté des membres de la Législature.

Dans tous les cas, je le veux bien, ajoutons cet octroi à l’argent recu des élèves, t nous aurons pour les cinq années précédentes, un revenu total de $25,989.00, c’est-à-dire, par année, seulement $5,197.80. (Voir document N° XXII) On avouera que c’est bien peu,

nous s re- )mise le ves,

rap-

tres,

yr'ai,

surtout quand on considère les obligations auxquelles est soumise la Succursale, Les voici. I] lui faut payer :

1° Les professeurs de droit et de médecine ; pendant les années qui se sont écoulées de 1884 à 1889, quoique les émoluments des professeurs fussent très modérés, ce seul item s'est élevé à $26,256.39, c’est-à-dire à 8265.30 de plus que les recettes totales, provenant et de l'argent des élèves et de l'octroi du gouvernement. (Voir document N° XXII) ;

2° Les honoraires et la pensionfidu Vice- Recteur, et de son secrétaire ;

3° Le salaire des appariteurs et autres serviteurs ;

4° Les frais de dissection ;

5° Les préparations chimiques et autres fournitures que requiert, presque chaque jour, l’enseignement de la médecine ;

6° Les dépenses de maison : chauffage, gaz

et eau, taxes,

TS Parlerai-je des dépenses imprévues,

telles que les nécessite immanquablement le fonctionnement d’une institution de ce genre.

8° La Succursale ne possède qu'un embryon de bibliothèque ; elle n’a aucun musée, aucun laboratoire médical. Il est impossible de continuer l’enseignement universitaire dans cette pénurie de toutes choses, à côté d’universités protestantes, fournies de toutes les améliorations et de tous les perfectionnements de l’art moderne.

99 Il ne faut pas oublier que la Succursale n’a, à elle appartenant, aucune bâtisse pour se loger, aucun toit pour s’abriter. Des constructions, qui seraient quelque peu à l’unisson des exigences locales, coûteraient plusieurs centaines de mille francs. M. l’abbé Marcoux, ex- Vice-Recteur, membre du Séminaire de Québec, en faisait l’estimation à trois cent mille piastres.

10° Actuellement, la Succursale occupe, d’une manière tout à fait précaire, sans assurirces aucunes, absolument sous le bon vouloir {x propriétaire, des bâtisses appartenant au . ««vernement de Québec. On a voulu, en cer-

tains quartiers, faire croire que l’Université avait, à Montréal, un pied-à-terre convenable et assuré, et que, sans inquiétude de ce côté-là, elle pouvait attendre, tranquille, le cours des événements. Or, voici la rérité rase : à six mois d'avis, sans qu'elle ait droit à aucune explication, la Succursale peut être appelée à évacuer les bâtisses du gouvernement, à perdre le fruit de plusieurs milliers de piastres qu’elle a dépensées pour y faire des réparations, et à se

chercher un local quelque part, avec la perspec-

tive de n’en trouver qu’en payant de gros loyers.

Sous ce rapport, la situation n’est rien moins que satisfaisante. (Voir document N° XXII.)

11° A ces causes d’embarras, ajoutez que la Succursale, vu le malheur des circonstances, a recu de l'administration précédente, un héritage d'antipathies, de défiances et de divisions qu’elle traîne à son cou comme une meule de moulin, et qui empêche, jusqu’à ce que lhorizon se soit éclairci des préjugés dont il est chargé, l’essor de son développement naturel.

12° Enfin, lorsque la Succursale ne possède

rien, lorsqu'elle ne peut faire face à ses dépenses annuelles, lorsqu'il serait imprudent d’en continuer le fonctionnement en de telles conditions, même en supposant qu’elle fût libre de toute obligation antérieure, le Séminaire de Québec vient lui réclamer une dette de cent mille francs. (Voir document N° XXII.)

Ainsi donc, pour prouver mon avancé que, sans secours monétaires venant de l’extérieur, la Succursale n’est pas viable, en outre des preuves intrinsèques que je viens de donner, je n’aurais besoin que d’invoquer le témoignage du Séminaire de Québec.

Le 4 septembre 1889, après avoir réduit ses réclamations de $6,619.03, le Séminaire de Québec demandait à la Succursale, pour dépenses faites en sus des recettes qu’elle lui avait rapportées, un remboursement de $ 19,673.10.( Voir documents N° XV, XVI, XXII et XXIII.) Dans cette somme de $ 19,673.10, le Séminaire

de Québec ne faisait pas entrer en ligne de compte “les honoraires du Vice-Recteur, de 1877 à 1884, 7 ans, $ 840.00 ; ni les frais d'annuaires pendant sept années, $ 700.00 ; ni l'intérêt des déboursés faits par le Séminaire, $ 3,164.74; ” c’est-à-dire un total de $ 4,704.74.

De plus, ces chiffres ne représentaient pas encore le déficit réel de la Succursale, si elle était abandonnée à ses propres forces, puisque, pendant cinq ans, le Séminaire a fait entrer dans le chapitre des recettes les revenus indirects, provenant, tout à fait en dehors de ses ressour-

ces naturelles, des messes de Montréal, $24,000.

00, des messes de St-Hyacinthe, $ 5,458.00, et des messes de Sherbrooke, $ 780.00 : un total de $ 31,138.00.

Ainsi, pendant les douze années qu’il a administré à Montréal, le Séminaire de Québec a constaté que les dépenses de la Succursale dépassent ses revenus de $55, 515.84, ce déficit ayant

été comblé comme suit :

Revenus provenant des messes. 8 31,138.00 Avances d'argent faites par le Séminaire

de Québec. 8 19,673.10 Dons du Séminaire de Québec. $ 4,704.74

Total $ 55,515.84

Si maintenant nous étudions le tableau des dépenses et des recettes pour les cinq dernières années seulement (voir N° XXII) nous voyons que les recettes totales, moins le revenu des messes ($ 31,138.00), sont de $ 52,825.58.

Les dépenses totales, en y comprenant les sommes escomptées à Montréal ($ 7,300.00), et la somme due à Perrault et Mesnard ($3,000.00), sont de $ 91,118.98.

Par conséquent, pour ces cinq années, le déficit se chiffre par une somme de 8 38,293.45, ce qui fait par année, une moyenne de $ 7,658.69, plus de trente-huit mille francs.

Sur la pente d’un gouffre, qui se creuse chaque année en de telles proportions, où allonsnous ?

‘6 Mais, dira quelqu'un, ces chiffres sont sur-

chargés.’ —Peut-être ; indubitablement, d’après

tha-

DnS-

BUTr-

)rès

moi, en certains items ; mais il me répugne de croire qu’ils le soient tous.

“ Plusieurs prétendent que la Succursale ne doit rien au Séminaire de Québec." —Très vrai! Mais ce n’est pas précisément parce que la Succursale rencontre par elle-même ses dépenses, mais bien parce que le Saint-Siège et les circonstances lui ont fait, dans le passé, des revenus qui ont balancé ces dépenses. Qu'on nous laisse pour l'avenir, les mêmes revenus, et la Succursale se déclarera satisfaite. C’est ce que je viens dire à Rome.

Certes, celui qui voudrait plaider la cause en avocat, et tirer des prémisses les conséquences extrêmes, pourrait se servir, d’une manière cruelle etsanglante, de ces déficits si considérables que le Séminaire de Québec présente contre la Succursale, et demander : ‘* Comment se fait-

il que, quand on dit le siège universitaire de

Montréal si pauvre et si endetté, on ait le courage, au sein même de l’Université, de vouloir lui couper les vivres, multipliant par là ses em-

barras, et mettant son existence en péril. Vou-

drait-on, par hasard, en amener l’effondrement ?”

Pour moi, je ne veux pas juger des intentions ; il me suffit de constater que, d’après le Séminaire de Qnébec, si la Succursale est abandonnée à ses propres ressources, effectivement,

il y aura effondrement,

‘ Eh bien! me dira-t-on, selon vous quel serait le déficit annuel de la Succursale ? ”

Il m'est difficile de répondre à cette question exactement et précisément, romime mon administration aux «affaires de la Succursale n’embrasse pas encore une année tout entière, et comme on m'a refusé les docurriants nécessaires pour étudier, d’une manière sacisfaisante, les dépenses de l’administration précédente. Cependant, dan: la sincérité de mes connaissances actuelles, suivant les calculs et les observations que j’ai pu faire, je crois ne pas me tromper

beaucoup en avançant que, pour les cinq années

De: | ml SES

qui viennent de s’écouler, si on met de côté le revenu des messes, ce déficit annuel aurait pu s'élever à environ $5,000.00. Personne, à Québec, ne peut taxer mon calcul d’exagération, puisqu'il arrive de plusieurs milliers de piastres en dessous de celui que fait le Séminaire. Dans tous les cas, si on doute de son exactitude, qu’on accepte l’idée du tribunal d'arbitrage que j'ai demandé au Saint-Siège, dans mon //émoire sur les Comptes du Séminaire de Québec.

Cinq mille piastres de déficit annuel! C’est beaucoup moins que ne le prétend le Séminaire

de Québec; mais, pour faire des affaires pru-

dentes, c’est beaucoup trop.

De plus, et qu'on veuille bien le remarquer, le retrait du Séminaire de Québec de l’administration de la Succursale, nous a occasionné un surcroît de dépenses considérables.

Jusqu'ici, les professeurs, pour favoriser l’organisation de la Succursale à Montréal, ont bien voulu vivre de sacrifices, dans l'espoir que leur situation finirait par s’améliorer. Le Sémi-

naire de Québec, riche en propriétés et en cré-

dit, pouvait payer, pour une certaine partie du salaire, en espérances; mais la Succursale, pauvre, doit payer le tout, elle, en argent.

On vivait de sacrifices depuis assez longtemps. Raisonnablement, on ne peut demander à des hommes de ce mérite de sacrifier, indéfiniment, leur temps et leurs études, sans une rémunération convenable. Pour être juste visà-vis de vieux et fidèles serviteurs, pour inspirer une confiance qui est la première condition du succès, la nouvelle administration a dû donner, autant que possible, à ses professeurs les mêmes émoluments que l’Université donne à Québec cette année, De là, augmentation dans l’item des honoraires. La moyenne, pour les cinq dernières années, s'en élevait à $5,051.09 ; cette année, ils dépasseront $8,000.00, ce qui fait un excédent de plus de 3,000 piastres.

En sus, si pour obtenir la paix dans le district de Montréal et assurer, auprès de tous, l’acceptation de l’enseignement universitaire avec ses

garanties religieuses, nous réussissons, comme

je l’espère, à opérer une union définitive entre

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la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal et. l'Ecole de Médecine et de Chirur-

gie de Montréal, il en résultera, vu certaines

clauses indispensables du contrat, et vu le grand nombre de professeurs qu'amènera cette union, un accroissement de dépenses, du moins momentané, que je ne puis préciser au juste, mais qui ne sera pas, certainement, minime.

Cependant, en dehors même de cette dernière hypothèse, la Succursale se trouve en face

d’une dette de $19,673.10, laquelle ira, vu le surcroît de dépenses occasionnelles dont j'ai

parlé, grossissant chaque année d’un déficit, au moins, de 6,000 à 7,000 piastres. C’est là, vraiment, rouler, à vitesse accélérée, dans un abîme au fond duquel se dresse la banqueronte. Dans ces conditions, le mieux que puisse fui:e une

institution, est de fermer ses portes au plus tôt.

La chute de la Succursale entraîne, ce qui est

à mes yeux un bien plus grand malheur, la

chute des décrets romains, et en particulier de la Constitution am dudum, qui est venue, en son temps, les expliquer, les éclairer et les couronner tous.

Je le répète, ce serait un malheur, une vraie calamité : la politique romaine, si calme et si suivie, auvait subi un échec; par ce fiasco, on aurait réussi à faire avorter les desseins du Saint-Siège, et on accoutume ainsi notre population si chrétienne, si respectueuse, à tenir peu compte des ordres et des désirs de Rome, comme de choses que l’on peut mettre de côté impunément; on affaiblit la confiance naïve, et l’on déflore la filiale ingénuité de la foi.

La Constitution Ya dudum est un acte de haute sagesse, qui assure et consacre l’unité universitaire sous la seule forme possible dans notre pays démocratique, où la décentralisation dans l'exercice des pouvoirs est passée et établie, d’une manière irrévocable et irrésistible, dans l'esprit

publie etles moœurs populaires. L'idée de dé-

pendre minutieusement, pour le détail des affai-

res locales, d’une »utorité centralisatrice, où l’on

r de croirait ne pas avoir une influence proportion- HS née à l'importance des intérêts qu’on représente, les suffirait, même avant tout acte de juridiction quelconque, pour blesser la confiance, paralyser se l'initiative et entraver le développement des A desseins les plus généreux. Or, la Constitution Hi: Fam dudum, tout en respectant les droits du acquis, garantit l'exercice de toutes les libertés cit légitimes. Elle porte dans son sein la solution Pen de toutes nos difficultés et le germe de notre 7? paix ; il suffit de la bien comprendre et de l’appliuné- quer franchement. A tout prix, il faut en assurer Von le fonctionnement aisé, régulier, large et loyal. Aussi, avec quelle joie et quelle reconnaise de sauce ne fut-elle pas reçue dans l’archidiocèse ri de Montréal, par tous les esprits modérés. Monie seigneur l’Archevêque de Montréal pouvait Er écrire à Sun Eminence le Cardinal Simeoni, le 4 ane septembre 1889 : “ La Constitution 7aw dudum prit accordée à notre Université par la bienveillance qe de Notre Saint-Père le Pape a été publiée, et ne accueillie par le clergé et les fidèles de cette l'on

province de Montréal avec les sentiments de la

plus vive reconnaissance pour le Saint-Siège.” (Voir document N° XXXII.)

Cependant, tous ne l'ont pas vue paraître avec autant de plaisir, non seulement parmi les adversaires déclarés de toute Uuiversité Catholique, ou parm’ ‘es adversaires secrets d’une Université Catholi::.: ; Montréal sous le nom de Laval, mais encore, il ::: faut pas se le cacher, parmi ceux qui sont censés tenir de plus près à l’Université Laval elle-même. Heureusement le noinbre, je le crois, n’en est pas grand. Ce sentiment pénible que la Constitution a produit dans ces trois camps divers, camps extrêmes, complètement opposés jusqu'ici, est la meilleure preuve de sa sagesse, de son à-propos et de son utilité. Elle est venue donrer des espérancss et des forces aux esprits modérés et pratiques; ét, parmi les catholiques du Canada, c’est la grande masse. /% medio stat virtus.

Donc, certains amis très dévoués du Séminaire de Québec, chagrins de n’avoir pas été, à propos de la Constitution Ya» dudum, consultés

par la Cour de Roine, prétendant qu’elle modifie

iège.””

> avec ni les 6 (Cad’une e nom acher, près à ent le sentit dans plètepreuve tilité.

et des es; ét,

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Sémiété, à sultés odifie

en grande partie les conditions posées lors de la concession de la Succursale, se demandent si ces changements sont pour le plus grand bien de l’Université prise dans son ensemble, et à l’avantage des fortes études. (Voir document N° XXXIITI.)

Je les excuse volontiers: la peine est souvent un voile, qui empêche de voir les choses sous leur aspect véritable. Certainement, dans le cas présent, ils ne voient pas que, la position étant devenue insoutenable à Montréal, la Constitution Ya» dudum est arrivée à son heure, pour sauver les intérêts tant de la religion que du Séminaire de Québec lui-même, lui permettant de sortir, avec honneur, d’embarras autrement sans issue; ils ne voient pas que, si cette constitution ue réussit pas à fonctionner, on n’en viendra point au premier état de choses, lequel du reste était loin d’être florissant, mais qu’on laisse le champ ïiibre à leurs anciens et irréconciliables ennemis, et qu’on ouvre la porte à

des dissensions et à des disputes qui boulever-

seront encore une fois le Canada tout entier,

et dont le Séminaire de Québec sera la première

victime et le plus grand souffre-douleur.

En effet, la chute simultanée de la Succursale et de la Constitution Ya» dudum relèverait les espérances de cev jui veulent, pour Montréal, une Université Catholique indépendante; de suite, les esprits »’échaufferont, les pétitions pleuveront sur Rome, et la lutte reccmmencera plus vive encore que par le passé, plus passionnée, plus radicale.

6 Très bien, me répondra-t-on, maïs jamais, dans ces conditions de rivalité et d’hostilité, le Saint-Siège ne permettra, à Montréal, l’établissement d’une Université Catholique.” Je le crois. Mais alors, qu’arriverait-il ? Sur les ruines de la Succursale et des décrets romains, s’élèvera

une Université laïque.

Si la Succursale suspend ses cours, immédiate-

ment des écoles laïones de droit et de médecine

se croiront Justifiables de demander à la législa-

ère

sale ; les ‘éal, de ions cer:

LA née,

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ines

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slas

ture le pouvoir d'accorder des degrés universitaires, et il ne fait doute pour personne qu’elles l’obtiendront.

Une Université laïque pourrait, tout d’abord, n'être pas mauvaise, à raison de l'honnêteté et des principes de ceux qui l’organiseraient ; mais il n’est pas moins vrai qu’elle constituerait un danger sérieux pour l'avenir. Il existe au Canada un groupe d'hommes, qui ne veulent pas de l'influence du prêtre en matière d'éducation.

Cette école doctrinaire peut grandir, les circonstances aidant. Il s’élèverait, immanquablement, des rivalités entre l'Université laïque de Montréal et l'Université Catholique de Québec ; ces hommes profiteraient de tous les froissements, de tous les malentendus, pour pêcher en eau trouble et augmenter le nombre de leurs adhérents. Eglise perdra pour toujours l'occasion de diriger, d'une manière autorisée, reconnue et légale, les études universitaires à Montréal. Si la Charte civile d’une Ecole de Médecine a pu tenir en échec pendant si longtemps

les forces réunies de Laval, que ne pourra la

Charte d'une Université ? Et pour n'avoir pas su se plier aux circonstances, pour sauver des. intérêts secondaires que personne du reste ne veut méconnaître, on aura compromis les grands intérêts de la religion, restreint les bienfaits de l'éducation universitaire donnée au nom de l’Eglise, et créé un foyer d’indifférence et, peutêtre, d’hostilité religieuse.

Prévenons un tel malheur. Sauvons la Suc-

cursale, sauvons les décrets aprstoliques; et, par

là, nous aurons sauvé l’honneur de la religion, ainsi que l’avenir de la haute éducation catholique dans le district de Montréal, et même dans toutes les parties du pays.

Par quel moyen? C’est ce que nous allons

étudier dans la troisième partie de ce Mémoire.

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