‹ Les Québecquoises, 1876Chapitre 7 sur 43 · LA LEGENDE DOREE · texte numérisé non relu

LA LEGENDE DOREE

FRAGMENT TRAPUIT DK LONGFELLOW.

Le clocher de la Cathédrule de Strasbourg.

Nait et tempête. Lucifer avec les esprits de l'air essuyaut de deeceudre la Croix.

LUCIFER

Hatez-vous ! Hâtez- vous ! Déployez votre essor

De condor !

De la flèche abattez^ esprits, la croix immense Qui; pour noua défier, j usques au ciel s'élance ! •

LES QUÊBEOQUOISES 49

VOIX

Nous ne le pouvons pas : les anges et les saints

Tout puissants Se sont tous abattus des sphères éternelles, Pour protéger la croix, de l'ombre de leurs ailes I

LES CLOCHES

Laudo Deum verura !

Plebem^voco I CoDgrego clerum !

LUCIFER

Plus bas ! plus bas encor ! dans l'orgueilleux beffioi,

Sans effrpi Saississez-vous enfin des aboyantes cloches, Et précipitez les là-bas contre les roches I

VOIX

Tontes tes foudres sont impuissantes pour nous I

Ton courroux S'évanouit ici, devant Je sceau suprême,

Car ces cloches un jour ont reçu le baptême I

LES CLOCHES

Defuncfcos ploro !

Pesteni fùgo î Festa decoro !

LUCIFERé

Secouez les vitraux, brisez les carreaux peints

Et d'or teints, Puis éparpillez les comme la feuille morte Que sur les gazons morts le yent d'automne emporte !

VOIX

Nous ne le pouvons pas, car l'archange Michel

Qui du ciel Kous lança dans l'abîme en bondissant de joie, Sort par chaque fenêtre un glaive qui flamboie !

LES CLOCHES

Funero plango !

Fulgora trango !

Sabbata pango !

LES QUÉBECQUOISES 5I

LUCIFER

Lancez sur le portail qui domine les airs

Vos éclairs !

Saccagez, massacrez la maison de prière.

Puis des tombeaux au vent secouez la poussière !

VOIX

Nous ne le pouvons pas : drapés dans leurs manteaux

Lourds d'émaux^ Les apôtres. sont là, sur le seuil de la porte. Etalant à nos yeux leur terrible cohorte \

LES CLOCnES*

Excito lentos !

Dlssipo ventos !

Paco cruentos !

LUCIFER

Déception ! Laissez au puissant Destructeur

Ce labeur !

Le Temps, lâches esprits que la peur découtage> De son aile fera sans bruit ce grand ravagé t

fV, 5

52 LES QUÊBEGQUOISES

VOIX

En ayant, compagnons ! sur les ailes du vent,

En avant !

Et pniS; dans notre vol sur les bois et la plaine,

Flétrissons fleurs et fruits, de notre impure haleine !

l'orgue et le chant GREGORIEN.

Noete surgentes I Vigilemus omnes !

te.

Mir^ik

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