‹ Les querelles religieuses & parlementaires sous Louis XVChapitre 19 sur 134 · L'ENNUI DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

L'ENNUI DU PARLEMENT

Malgré ces dépenses, les magistrats s'ennuient : Barbier écrit dans son Journal (I, 52-55) : « On mange beaucoup à Pontoise, on y joue, et malgré cela le Parlement s'y ennuie extrêmement » . Cela se comprend. Le Parlement est mal logé.

La plupart du Parlement est logé à faire pitié, dans de petites maisons, chez de pauvres artisans et dans de très pauvres meubles : il y fait très cher vivre : les habitants de Pontoise ont profité de cette occasion pour vendre leurs denrées.

Puis l'on est mal installé pour rendre la justice ; si la Grand'Chambre, dans le réfectoire du couvent des Cordeliers, trouve un local convenable, les autres Chambres se tiennent r>ous les cloîtres, ou sont réduites à attendre la fin des audiences de la Grand'Chambre pour donner les leurs. Pas d'avocats, seulement des procureurs, peu de plaideurs : trois jours au moins par semaine, le Parlement vaque : c'est la ruine. Aussi ceux qui le peuvent s'absentent constamment pour aller à la campagne : quand arrive le moment des vacances, c'est l'exode, — sans permission.

8 septembre. Un grand nombre de MM. et presque tous, excepté ceux du service des vacations, sont encore partis ce jourd'hui matin et l'après-midi, ainsi que plusieurs de MM. les Présidents et MM. les Avocats Généraux. Ainsi voilà les tables supprimées, les jeux, les concerts et les plaisirs finis. Adieu donc, MM. du Parlement, jusqu'à la Saint-Martin, si vous revenez en cette ville, ce qui n'est pas à souhaiter '.

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