I. Journal, I
remontrances, dont l'une en 14 articles, s'élève contre l'intendant dont il réclame la suppression, réclame la connaissance des affaires de messageries, la juridiction contentieuse du domaine, la police des grains, le maintien des privilèges anciens et l'octroi de nouveaux. Ces batailleurs, qui se disent « des paroles » et en viennent aux coups, sont faciles à entraîner: il suffit de « quelques individus fougueux », d'une seule tête échauffée. Pour avoir la majorité, on n'hésite pas à mettre « le pistolet sur la gorge « aux récalcitrants. Mais surtout le Parlement s'appuie sur la noblesse, à laquelle elle envoie « des avis tout dressés », et qu'elle tient (( par l'appréhension qu'ils ont que lorsqu'ils auront quelque affaire au Parlement, ils ne soient mal reçus et n'obtiennent pas la justice qui est due à tout le monde ». Il pense à établir entre toutes les Cours « un projet d'union générale », à dresser un plan de guerre. Aussi le régent est-il bientôt inquiet : il tâche d'abord d'adoucir les esprits par un mélange de promesses et de menaces. L'intendant écrit en 1717 ' :
Je leur ferai espérer, Mgr., que vous voudrez bien donner des ordres pour qu'ils soient payés d'ici peu, au moins d'une année de leurs augmentations de gage, et qu'à l'avenir on fera des fonds pour qu'ils soient payés régulièrement. De l'autre côté, je leur ferai envisager que, par un refus, ils s'exposeront à ne pas être payés si tôt de ces mêmes augmentations. Je leur'ferai entendre encore que la manière dont ils se comporteront pourra contribuer beaucoup à la décision d'un procès que le Parlement a à la Chambre des comptes. J'ajouterai qu'un refus pourrait peut-être porter le conseil à supprimer les charges de nouvelle création.
Mais cette politique échoue : le Régent emploie la force. Le Conseil casse les arrêts du Parlement qui sont biffés ; une douzaine de conseillers sont exilés. Le Régent supprime même une vingtaine de charges : alors c'est l'effroi et la reculade. De 1723 à 1730, c'est presque le calme absolu.
BIBLIOGRAPHIE (outre les ouvrages cités plus haut). Hénault, Mémoires (éd. Rousseau), Paris, 191 1, in-8; Barbier, Journal historique et anecdotique du règne de Louis XV (publication de la Société de l'histoire de France), Paris, 1847-1856, 4 vol. in-8 ; Mathieu Marais, Journal et mémoires (éd. Lescure), Paris, 1865-1868, 4 vol. in-8; Saint-Simon, Mémoires (éd. Chéruel et Régnier), t. XVI, Paris, 1874, in-ié; Argenson (m" d'), Journal te mémoires (publication de la Société de l'histoire de France), Paris, 1859-1867, 9 vol. in-8.