‹ Les querelles religieuses & parlementaires sous Louis XVChapitre 44 sur 134 · LE CONFLIT : EXILS ET DÉMISSION · texte numérisé non relu

LE CONFLIT : EXILS ET DÉMISSION

De son côté le roi s'irrite. Tantôt il refuse de recevoir le Parlement ou ses remontrances, tantôt il mande au contraire des députations pour leur signifier sa colère (ii janvier 1732 à Versailles, mai et juin à Compiègne).

Enfin il se résout aux mesures de rigueur, exile d'abord Pucelle et Titon (14 mai), puis (15 juin) 4 autres parlementaires (président Ogier, conseillers Robert, de Vrevins, Davy de la Faultrière). Le Parlement réplique en suspendant le service (mai) et en donnant sa démission.

Tous MM. des Enquêtes et Requêtes, retirés dans leurs chambres, se trouvèrent réunis dans celui de signer un acte contenant démission de leur charge... Cette résolution avait pour motifs... les termes durs et injurieux... de l'arrêt du Conseil ; la privation de la liberté des suffrages, résultant de l'emprisonnement de quatre des Messieurs qui avaient opiné très sagement dans l'affaire présente "...

Le premier président ayant refusé de recevoir ces démissions, ils allèrent les porter au chancelier en cortège, marchant deux par deux. Barbier nous a laissé un tableau amusant de la scène.

(^and cela a été fait [la signature des démissions], toutes les sept chambres sont sorties en même temps, se sont jointes dans la grande salle, et ont été, par l'escalier de la Sainte-Chapelle... chez M. le Premier Président. Ils marchaient deux à deux, les yeux baissés, au nombre de plus de 1^0, passant au milieu d'un monde infini dont le palais était plein ; dans leur chem.in, le public disait : « Voilà de vrais Romains et les pères de la patrie. »

L'affaire n'eut pas de suites. La Grand'Chambre ayant menacé de cesser ses audiences, le gouvernement fit quelques concessions : et les magistrats, qui craignaient la confiscation de leurs charges, décidèrent^ de rentrer (9 juillet 1732)2.

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