‹ Les querelles religieuses & parlementaires sous Louis XVChapitre 47 sur 134 · LA PAIX FOURRÉE · texte numérisé non relu

LA PAIX FOURRÉE

Le foi très irrité exila [59 parlementaires. La Grand'Chambre seule testait en état de rendre la justice. Bien qu'émus du sort de leurs collègues, ses membres restèrent en fonctions . Les avocats ne venaient pas, les procureurs non plus aussi. « Le peuple ... murmura contre les magistrats, les traitant de lâches qui abandonnaient leurs confrères '. » Aussi peu à peu la Grand'Chambre changea-t-elle d'avis et inclina-t-elle à cesser, elle aussi, de rendre la justice. Le premier président s'entremit et, après des négociations longues et pénibles, il aboutit à trouver la formule d'un accord. Le gouvernement qui, malgré tout, avait besoin du Parlement, rappelait les exilés, et mettait en surséance sa déclaration ; les magistrats s'engageaient en échange à se taire sur les questions religieuses.

C'était donc la paix, mais une paix fourrée. Le Parlement est prudent parce qu'il se sait faible. Qu'il trouve un point d'appui, il recommencera, et ce point d'appui il va le trouver dans le peuple et la bourgeoisie, à cause d'abord des passions religieuses, et ensuite des difficultés politiques.

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