I. Minlion, Documents, II, gi
uniquement au bien public conduite et éclairée par les lois... Il en est, Sire, le ministre essentiel... Votre Parlement vous a toujours prouvé par sa conduite que, si l'obéissance due à la Majesté du Roi était perdue, elle se retrouverait dans sa cour de Parlement. Mais s'il est des occasions où son attachement inviolable aux lois et au bien public semble ne pouvoir s'allier avec une obéissance sans bornes, alors il serait criminel envers vous-même et envers l'Etat d'oublier... ce qu'il disait lui-même en 1604 au Souverain : Si c'est désobéissance de bien servir, le Parlement fait ordinairement cette faute, et quand il se trouve conflit entre la puissance absolue du Roi et le bien de son service, il juge l'un préférable à l'autre, non par désobéissance, mais pour son devoir, à la décharge de sa conscience.
Ces remontrances faites si laborieusement ne furent même pas reçues par le roi. Le Parlement prit alors l'arrêté suivant : « Attendu l'impossibilité où est la Cour de faire parvenir la vérité jusqu'au trône par les obstacles qu'opposent les gens malintentionnés, elle n'a plus d'autres ressources que dans sa vigilance et son activité continuelles; les chambres demeureront assemblées, tout service cessant, jusqu'à ce qu'il ait plu au seigneur roi d'accueillir favorablement les ordonnances. » Le roi lui enjoignit de reprendre ses fonctions ordinaires : il réplique qu'il ne le peut « sans manquer à son devoir et à son serment ». Alors ce sont les mesures de rigueur : l'exil des membres des requêtes et des enquêtes, puis, quand la Grand'Chambre, épargnée, eût maintenu la décision commune de ne point juger les causes ordinaires, la translation de celle-ci à Pontoise. Et ce fut. comme d'habitude, la grève de la justice.