‹ Les querelles religieuses & parlementaires sous Louis XVChapitre 70 sur 134 · LES PARLEMENTS DE PROMNCE ET L'IDÉE DES CLASSES · texte numérisé non relu

LES PARLEMENTS DE PROMNCE ET L'IDÉE DES CLASSES

Chose plus grave encore, ces théories sont adoptées par tous les Parlements. Nous connaissons déjà l'attitude de celui de Rouen. Celui de Rennes fait entendre de 1755 à 1757 des remontrances de plus en plus fortes. Celui de Besançon répond à l'emprisonnement de plusieurs de ses membres par la grève générale. Surtout l'idée se répand que toutes les Cours sont solidaires et qu'elles sont les parties d'un même tout. Dès que l'une est frappée, les autres interviennent. C'est Rouen qui proteste en faveur de Paris menacé d'être dépouillé au profit du Grand Conseil, Paris en faveur de Besançon; c'est de toutes parts un échange de correspondances, de rapports, une série d'essais convergents pour aboutir à une communauté d'action. Le mouvement est déjà si fort en 1758 que certains esprits le jugent irrésistible. En 1759 la thèse a prévalu. Les parlementaires ne considèrent leur compagnie que comme des « classes » ou sections d'un Parlement unique. Voici ce qu'écrit en février 1757, à propos de mesures dirigées contre celle de Paris, la cour de Rouen.

L'AFFAIRE DES BILLETS DE CONFESSION

L'unité constitutive de son Parlement, gage de la stabilité de la monarchie, est le principe de l'union de ses différentes classes.

L'unité générale de notre Parlement fait de ses différentes classes un corps unique, oij se conserve sans conflit d'autorité une correspondance mutuelle... La multiplicité des forces de votre Parlement consiste dans la distribution de ses classes répandues dans le royaume, où chacun, représentant le corps entier, veillant au nom de tout le corps à la tranquillité publique, exerce sans obstacle dans le ressort confié à ses soins la plénitude du pouvoir dont tout le corps est dispositaire '.

L'heure n'est donc plus aux petites habiletés ; il n'est plus possible d'opposer les Parlements les uns aux autres : la coalition parlementaire existe : il faut la vaincre ou capituler devant elle.

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