LES PROCÉDÉS DE FITZ-JAMES
Le 1 5 de ce mois, à 2 heures de l'après-midi, les troupes vinrent tambour battant et se rangèrent en ordre de bataille devant la porte du palais... : à 5 heures..., 2 compagnies de grenadiers furent détachées de la troupe et se saisirent de la place du Palais, la bayonnette au bout du fusil et la hache en bandoulière. A 4 heures.., les gardes de M. le Duc, au nombre de 12, vêtus de jaune, chamarrés de galon d'argent, ayant chacun son fusil et sa bandoulière.., s'emparèrent des montées du perron du côté des prisons de la Conciergerie ; à 5 heures.., toutes les Chambres assemblées, les huissiers delà Cour étant dans le vestibule attendaient l'arrivée de M.
I . Relation de ce qui s'est passé à Dijon, pour le retour du Parlement.
LA RÉVOLTE DES PARLEMENTS
le Duc, qui vint enfin à 5 heures 1/2 et entra dans la Grand' Chambre où toute la Cour assemblée lui demanda de quel ordre il venait, à quoi ayant répondu que c'était de la part du Roi pour faire enregistrer ses édits, la Cour ayant voulu les voir, et M. le Duc les ayant exhibés, il ordonna d'enregistrer. La Cour ayant fait les protestations à ce contraires se retira vers les 6 heures du soir... L'enregistrement se fit à 8 heures de la nuit par M. le Duc, le reste du temps jusqu'au lendemain s'étant passé en allées et venues, pourparlers et protestations, les troupes étant toujours postées aux mêmes lieux '.
Il ne s'en tint pas là ; considérant les magistrats comme des rebelles, et d'ailleurs irrité contre eux par suite de querelles d'étiquette et de froissements d'amour-propre, il les retint aux arrêts chez eux, leur refusant même le droit de sortir pour aller à l'office. Le gouvernement ne désavoua point le duc; mais ces rigueurs ne furent pas durables. La rentrée de la Saint-Martin, le désir de la cour d'arriver à l'accord, la détresse financière, toutes ces raisons eurent pour effet de faire rendre en décembre la liberté aux prisonniers, dont la colère se manifesta aussitôt par deux arrêts.