Moniteur, t. I, p. 187 ; — Procès-verbal, p
des tours près d'être brûlée vivante. Il allait se précipiter, lorsqu'il fut atteint et renversé par deux coups de feu. Le brave et généreux Aubin-Bonnemère, qui avait déjà une première fois sauvé la fille de cet officier, écarte la foule homicide, enlève Mademoiselle de Monsigny, la remet en mains sûres et revole au combat... « C'est ainsi, dit en terminant l'auteur, que des atrocités finissent le plus souvent par des traits d'héroïsme 1. »
La Bastille alors s'indigna : un coup de canon, le seul . qui, dans toute cette journée, partit de la forteresse, retentit au milieu de l'émeute, fit quelques victimes, et dispersa une fois encore les hordes hurlantes qui l'assaillaient. Jusqu'alors on ne s'était réellement pas battu. La situation serait restée indéfiniment la même, si l'émeute n'avait reçu un renfort sérieux. La troisième et suprême période du siège commença sur les trois heures de l'après-midi.
La dernière députation de la Commune, lorsqu'elle quitta la Bastille rencontra « vis-à-vis de Saint-Gervais une multitude de citoyens armés, précédée d'environ trois cents soldats du régiment des gardes-françaises, suivis de canons pris le matin aux Livalides, marchant en ordre au pas redoublé, et disant à tous qu'ils allaient faire le siège de la Bastille ».
Cette troupe, composée de quelques hommes résolus, obéissant à des chefs qu'elle venait de se donner par acclamation, — le sergent Elle pour les gardes-fran-