DussAULX, Œuvre des sept jours, p
çaises et le volontaire Hulin pour les bourgeois, — arriva à trois heures auprès de la Bastille, « entra sans difficulté dans la première cour du côté des Célestins..., y trouva quelques invalides qui avaient rendu les armes le matin et qui se rejoignirent aux assiégeants, et pénétra sans peine... jusque dans les cours de la Bastille i. »
« C'est alors, dirent les assiégés, que nous vîmes paraître les gardes-françaises, qui placèrent dans la cour de l'Orme deux pièces de quatre, un canon plaqué en argent venant du garde-meuble et un mortier. On plaça encore deux pièces à la porte qui communique au jardin de l'Arsenal ^. »
Les nouveaux assaillants commencèrent contre la Bastille un feu peu sérieux, mais assez bruyant. Ils tirèrent un certain nombre de coups de canon, dont quelques-uns furent si mal dirigés, que les boulets manquèrent la Bastille et allèrent tomber dans le faubourg Saint-Antoine, oii l'on ne manqua pas de dire que M. de Launay foudroyait la capitale. Une pièce éclata et renversa une partie de ceux qui la servaient. Ce simulacre de combat, succédant à toutes les émotions de la journée, démoralisa cependant le malheureux gouverneur, qui, sans ordres, sans munitions, sars vivres, entouré seulement d'une poignée d'hommes dont les uns ne voulaient pas se battre et dont les autres étaient trop peu nombreux pour soutenir une résistance sérieuse, courait éperdu dans sa grande
1. Mémoires pour servir à l'histoire de Vannée 1780, t. III, p. 89.