Alfred Nettement, Hist. de la Restauration, 1. 1, p
Alexandre reconnaissait que les Bourbons étaient nécessaires à la sécurité de la paix au point de vue européen, comme la veille les négociants et banquiers réunis chez Marmont avaient reconnu qu^ils étaient nécessaires à la sécurité de la paix au point de vue de l'intérêt français ; en un mot, comme l'a dit un écrivain \ la maison de Bourbon était nécessaire à la paix, qui était nécessaire à tout le monde. L'empereur Alexandre ayant objecté ensuite que les aUiés ne pouvaient appeler au trône les Bourbons, Talleyrand répondit : « Le sénat le fera ». Caulaincourt, qui se présenta au nom de Napoléon, fut donc éconduit : une déclaration indiqua nettement que les alliés ne traiteraient plus avec Napoléon et invitaient le Sénat à nommer un gouvernement provisoire.
Talleyrand désigna comme membres de ce gouvernement M. de Dalberg, le général de Bournonville, M. de Jaucourt et M. de Montesquieu : naturellement il en fut le président. Etrange réunion d'hommes pour rétablir la monarchie ! M. de Montesquieu, qui avait été l'un des correspondants de Louis XVIII, avait seul un passé royaliste. Mais M, de Jaucourt, ancien membre de l'Assemblée de 1791, avait été attaché à la maison de l'empereur ; mais M. de Dalberg avait été créé duc par Napoléon et doté par lui d'une immense fortune ; mais le général de Bournonville avait été signalé au commencement de la Révolution pour la vivacité de ses opinions révolutionnaires ; mais l'abbé de