Que vous le lui reprochiez vertement
). Des victuailles. — 6. Grande dépense. — 7. De pciir.
DE MaRUG t. 2>
dame , car auhremeni ilz n'y demoureroient point, tant fussent -il/, bons et loyaulx, et demande comment elle le fait. Kt la chamberierc qui la garde lui respond que elle est trop malade, et que oncques puis ' qu'il partist que elle ne mengea; mais elle est ung peu apaisée devers le soir (combien que tout est mensonge). Lors croit le deul au pouvre homme, lequel a l'aventure est bien moillé, et est mal monté, quiavient souvent ; et à l'aventure est tout boueu.x , pource que son cheval est choist ' en ung mauves chemin. Kt à l'aventure le bon homme ne mengea de tout le jour, et à l'aventure ne mengera jusques ad ce qu'il sache de la dame et comme il lui va. La nourrice et les vieilles matrones, qui sont instruites et scientes > en leur mestier, font bien leur personnage, et font mauvese chiere*. Lors le bon homme ne se peut tenir d'aller devers elle , et l'oit * plaindre bassement de l'entrée de la chambre; et vient devers elle, et s'acoude sur le lit emprés elle, et lui demandera : « Que faictesvous, Madame m'amic ? — Mon amy, fait-el, je suy trop malade. — Hellas! fait-il, m'amye, et où sentez vous mal 1 — Mon amy, fait-elle, vous savez que je suis feble dés piecza " et ne puis riens mengier. — Madame, lait-il , que n'ave/.vous ordonné vous faire ung bon coulis de chappon au sucre? — Ce m'aist Uieu, dist-elle, ilz m'en ont fait , mais ils ne l'ont sçeu faire , ne n'en mangé oncques puis que vous me le feistes. — Par ma foy, m'amie, je vous en feray où il ne
I. Puis, depuis. — i. Est tombé. — j. Savantes. — 4. Mauvaise mine. — s. L'entend. — 6. Depuis longtemps.
touchera que moy, et vous en mengerez pour l'amour de moy. — Je le veil bien , mon amy », fait-elle.
Lors se met le bon homme à la voye , et e&i cuisinier, et s'an ' à faire le brouet , ou se eschaude pour le garder de fumer; et tence ses gens, et dit qu'ilz ne sont que bestes, et qu'ilz ne scevent riens faire. « Vraiement, Monsieur, dit la matrone qui garde la dame, qui représente un docteur en sa science, votre commère de tel lieu ne tist aujourduy aultre chose fors efforcer madame de menger; mais elle ne tasta aujourduy de chose que Dieu feist croistre. Je ne scey que el a : j'en ay gardé maintes et d'unes et d'aultres; mes Madame est la plus feble femme que je veisse oncques. <> Lors le bon homme s'en va et porte son brouet à la dame, et la efforce et prie tant que elle en prend une partie pour l'amour de lui , ce dit-elle , en disant qu'il est très-bon , et ce que les autres lui avoient fait ne valloit rien. Lors il commande aux femmes que facent bon feu en sa chambre , et que elles se tiennent près elle. Le bonhomme s'en va soupper : on lui apporte de la viande froide, qui n'est pas seulement demourée des commères, mes est le demeurant^ des matrones, que elles ont patrouillé à journée', en beuvant Dieu sceit comment. Ainsi s'en va coucher en tout soussy.
Or s'en vient le lendemain bien matin veoir la dame, et lui demande comment il luy est , et elle lui dit qu'il lui est ung pou amendé devers le jour, mes que elle ne dormit de toute la nuit ;