I . Se brûle. — 2. Le reste. — } . Tripoté toute la joumét
DE Mariage. iy
combien que elle a bien dormi, n M 'amie, fait-il. qui doit venir de vos commères aujourduy, il fault penser qu'elles soyent bien aises ; et aussi fault adviser quand vous relieverez : il y a XV jours que vous estes accouchée. M'amie, il fault regarder au moins perdre , car les despens sont grans. — Ha, a, fait la dame, mauldite soit l'eure que je fu oncques née, et que je ne avorté mon enfant ! Elles furent hier céans xv proudes femmes mes commères , qui vous ont fait grand honneur de venir, et me portent grand honneur partout où elles me trouvent; mais elles n'avoient pas de viande qui fust digne pour les chamberieres de leurs mesons quand elles gisent ' : je le scey bien, je l'ay veu. Aussi elles s'en scevent bien mocquer entre elles ; je le cognoissoye bien sans ce que elles s'en apperçeussent. Helas! quant elles sont ou poinct où je suy, Dieu sceit comme elles sont chier^ tenues et honnestement gardées. Helas! il n'y a encore guère que je suy acouchée, et ne me puis soustenir ; et il vous tarde bien que je soye ja à patrouiller par la meson , à prendre la paine qui m'a tuée. — Quoy dea , fait-il, dame , vous avez tort. — Par Dieu, fait-elle, sire, vous voudriez que je fusse morte , et je le vouldroie aussi ; et par ma foy, vous ne aviés que faire de estre en mesnage. Hellas! ma cousine de tel lieu m'avoit demandé si je auroye point de robe à mes levailles >, mais j'en suy bien loing, et aussi il ne m'en chault, et suv d'acord de lever ■* demain ,
I. Quand elles sont en couches. — 2. Chèrement. — j. Relevailles. — a. Me lever.
et aille comme aller pourra ; je voy bien que nous ne avons que faire de convier gens. Hellas! je voy bien que je auray assez à souffrir ou temps à venir, si je avoye ou x ou xii enfans, que jà ne sera , si Dieu plest , plaise à Dieu que je n'en aye jamès plus , et pleust à Dieu qu'il eust fait son commandement de moy ; au moins fusse-je quitte de vous faire desplesir, et de la honte du monde, de ce que j'ay à souffrir. Mais face Dieu sa vouienté. — Avoy, m'amie, fait le proudome, vous estes bien esmeue , et sans cause. — Sans cause ! fait-elle. Par Dieu, sans cause n'est-ce pas : car par Dieu je ouse bien dire que oncques pauvre femme de mon estât ne souffrit plus que j'ay a souffrir en mon mesnage. — Or avant , belle dame, fait-il, je suy content que vous levez quand il vous plaira ; mais au moins dites moy la manière comment vous aurez la robe que vous demandez. — Par Dieu, sire, je n'en demande point, fait-elle, et n'en veil point : j'ay assez robes , car de jolivete ne me chault ; je suis vieille dorénavant, puis que j'ay enfans; et vous en faites bien semblant. Je voy bien comment il me prendra sur le temps à venir, quand je seray rompue d'enfans et du travail de mesnage, comment je suis jà ' : car je vov ma cousine, la femme de tel qui me demanda bien à femme , et y mist bien grant peine , et en fist maint pas, et tant que je fu à marier il ne se voulst * oncques marier. Et quand je vous eu une foiz veu , je fu si folle de vous que je n'eusses pas prins le filz du roy de France. Si scei-je bien à quoy m'en tenir