‹ Les quinze joyes de mariage. 2. éd. Conforme au manuscrit de la bibliothèque publique de Rouen, avec les variantes des anciennes éditions, une notice bibliographique et des notesChapitre 19 sur 90 · LA QL'ARTE JOYE · texte numérisé non relu

LA QL'ARTE JOYE

^ a quarte ' joye de mariage , si est quand J^'^ celuy qui est marié a esté en son mar^fc^riage, et y demeure vi ou vu, ix ou rr'dS X ans , ou plus ou moins, et a cincq ou

six enfans, et a passé touz les maulx jours, les malles nuitz ^ et maleurtez dessusdites , ou aucunes d'icelles, dont il a eu maint mauves repoux ; et est jà sa jeunesse fort reffroydie , tant qu'il fust temps de soy repouser, s'il peust : car il est si mat , si las, si dompté du travail et tourment de mesnage , qu'il ne lui chault plus de chouse que sa femme lui die ne face, mes y est adurci comme un vieil asne qui par acoustumance endure l'aguillon . pour lequel il ne haste gueres son pas qu'il a acoustumé d'aller.

Le pouvre home voit et regarde une fille, ou deux, ou trois, qui sont prestes à marier, et leur tarde , car on le cognoist ad ce qu'elles sont tousjours jouans et saillans. Et à l'aventure le proudomme n'a pas grant chevance , et il fault aux filles et aultres enfans robes, chausses, souliers, pourpoins, vitaille et aultres choses. Etmesmement les filles fault tenir ioliement pour trois

Page 1