‹ Les quinze joyes de mariage. 2. éd. Conforme au manuscrit de la bibliothèque publique de Rouen, avec les variantes des anciennes éditions, une notice bibliographique et des notesChapitre 22 sur 90 · De quoi. — j. A la dévotion · texte numérisé non relu

De quoi. — j. A la dévotion

dame , et les a tous endoctrinez, et s'ilz faisoient aucune chose contre sa doctrine , il conviendroit qu'ilz alassent ailleurs quérir service, et ilz ont bien essayé la dame : et pource il pert sa paine de rien commander, s'il ne pleist à la dame. Si le pouvre vallet qui a esté avecques lui demande aucune chose, pour luy ou pour ses chevaux, il sera suspect et rebouté ', qu'il n'osera rien dire. Et ainsi le bon homme , qui est sage et ne veult point faire de noise 2, ne troubler sa famille , prent tout en pacience , et se siet bien loing du feu, combien qu'il ait grant froit; mais la dame et les enfans sont à l'environ ; et regarde à l'aventure la contenance de la dame , qui est maie et diverse , et ne fait compte de lui ne de faire aprester à souper, et tence ' et dit parolles de travers, cuisantes, qui tousjours chargent le pouvre homme , qui ne sonne mot. Et avient souvent que , par la fain et le travail qu'il a , et pour la manière de sa femme, qu'il voit si merveilleuse, qui fait semblant qu'il n'y ait riens en la meson , le bon home se cuide courroucer, et dit : «Vraiment, dame, vous faites bien des vostres ! Je suy las et travaillé , et ne beu et ne mangé huy, et suis moillé jusques à la chemise, et vous n'en faites compte, ne d'aprester à souper ne autrement. — Par ma foy, vous avez fait ung beau fait! j'ay plus perdu en mon lin ou en mon chanvre , que je n'ay eu qui les me ait mis en l'aire roir (pource que vous aviez mené le vallet) que vous ne gaingnerez , par le sacrement de Dieu, de cy à quatre ans. Je vous

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