I. Je voudrois. — 2. Ne le rebutez pas trop
s'il ne venoit donner l'eaue benoiste à la dame, et autres femmes d'estat qui sont avecques elle, et elles l'en mercient ; mais le pouvre homme leur feroit bien plus grand service s'il povoit et il leur plaisoit. Il advise que la dame demeure soullette en son banc , qui dit ses heures , et est bien tiffée ' proprement, et se contient doulcement comme ung ymage. Il se approuche d'elle, et parlent ensemble ; mais elle ne lui veult rien accorder, et ne veult rien prendre de luy; mais tousjours elle lui respond en telle manière qu'il cognoist que elle le ame bien , et que elle ne craint que deshonneur, dont il est bien aise.
Hz se départent. La dame et la chamberiere font leur conseil ensemble , et concluent de leur besongne; et dit la chamberiere : « Je scey bien, ma dame , qu'il a grand envie de parler à moy maintenant; mais je luy diray que vous n'en voulez rien faire , dont je suis bien marrie , tant ay grant pitié de lui. Et lui diray que Monseigneur est allé hors , et qu'il viengne devers le soir, et je le mettray en la meson et en vostre chambre, ainsi comme si vous n'en saviez rien : si ferez semblant d'estre bien marrie. Et le faictes bien travaillier, affm qu'il vous en prise mieulx ; et dictes que vous crierez à la force, et me appeliez : et combien que vous n'aiez rien prins, il vous en prisera bien mieux, et vous donra après plus largement que si vous eussez prins de luy avant la main ^. Mais je auray devers moy ce qu'il vous doit donner, car il me le doit bailler