‹ Les quinze joyes de mariage. 2. éd. Conforme au manuscrit de la bibliothèque publique de Rouen, avec les variantes des anciennes éditions, une notice bibliographique et des notesChapitre 33 sur 90 · I. Je voudrois. — 2. Ne le rebutez pas trop · texte numérisé non relu

I. Je voudrois. — 2. Ne le rebutez pas trop

s'il ne venoit donner l'eaue benoiste à la dame, et autres femmes d'estat qui sont avecques elle, et elles l'en mercient ; mais le pouvre homme leur feroit bien plus grand service s'il povoit et il leur plaisoit. Il advise que la dame demeure soullette en son banc , qui dit ses heures , et est bien tiffée ' proprement, et se contient doulcement comme ung ymage. Il se approuche d'elle, et parlent ensemble ; mais elle ne lui veult rien accorder, et ne veult rien prendre de luy; mais tousjours elle lui respond en telle manière qu'il cognoist que elle le ame bien , et que elle ne craint que deshonneur, dont il est bien aise.

Hz se départent. La dame et la chamberiere font leur conseil ensemble , et concluent de leur besongne; et dit la chamberiere : « Je scey bien, ma dame , qu'il a grand envie de parler à moy maintenant; mais je luy diray que vous n'en voulez rien faire , dont je suis bien marrie , tant ay grant pitié de lui. Et lui diray que Monseigneur est allé hors , et qu'il viengne devers le soir, et je le mettray en la meson et en vostre chambre, ainsi comme si vous n'en saviez rien : si ferez semblant d'estre bien marrie. Et le faictes bien travaillier, affm qu'il vous en prise mieulx ; et dictes que vous crierez à la force, et me appeliez : et combien que vous n'aiez rien prins, il vous en prisera bien mieux, et vous donra après plus largement que si vous eussez prins de luy avant la main ^. Mais je auray devers moy ce qu'il vous doit donner, car il me le doit bailler

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