Le supporter, endurer sa conduite
foy, oncques mes de telles chouses je ne me meslé. — Hélas! m'amie, fait-il, conseillés-moy que je feray. — Par mon serement, fait-elle , le meilleur sera que vous parlez à elle : et il est bien à point, car son mary l'a reffusée d'une robe que el lui a demandée , dont el est bien courrocée. Je conseille que vous soiez demain à l'église et la saluez, et luy dictes hardiment vostre fait , et lui présentez ce que luy vouldrez donner, combien que je scey bien que elle ne prendra riens; mes elle vous en prisera plus, et cognoistra vostre largesse et valeur. — Helas ! m'amie, je voulisse ' trop qu'elle print ce que je lui veil donner. — Par ma foy, fait-elle, elle ne le prendroit jamès; car vous ne vistes oncques plus honneste femme ne plus doulce : vous me baillerez ce que vous li vouldrez donner, et je feray tant, si je puis, que elle le prendra; au moins j'en feray mon povoir. — Vraiement, Jehanne, vous dictes très-bien. »
Jehanne s'en va riant à sa dame. <( De quoy vous riez-vous , Jehanne ^ fait la dame. — Par mon ame , il y en a qui ne sont pas bien aise. — Comment.^ fait-elle. — Certes, Madame, il parlera demain à vous à l'église. » Lors luy compte la besongne : « Gouvernez-vous, fait-elle, bien sagement , et luy faites bien l'estrange ; toutesfois ne l'estrangez ^ pas trop , et le tenez entre deux en bonne espérance. »
Or va la dame à l'église , et le gallant y est, passé a trois heures , en bonne devocion , Dieu le scet. Il se tient en un lieu où honte lui seroit