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Les quinze joyes de mariage. Nouv. éd., accompagnée de nombreuses notes et précédée d'une notice

Les Quinze Joyes de Mariage sont un tles jjIlis jolis ouvrages que nous ait légués le quinzième siècle. On sait que c'est par antiphrase que l'auteur a donné ce titre à son livre. Chacune des prétendues/are^ forme un chapitre, et dans ces chapitres sont peintes et analysées les plus grandes douleurs que puisse éprouver un mari du tait de sa femme.

Les petites et grandes misères qui sont alliibuées aux hommes mariés dans les Quinze Joyes ne sont pas des calamités propres à telle ou telle époque. Un bibliographe trouve que ce livre est une étude approfondie des vices et des travers du temps. C'était « de tous les temps » qu'il fallait (lire. L'auteur aurait pu écrire le même livre de nos jours. Il n\- serait plus question de la robe du mari

ni do l'élernelle guerre conlre l'Anglais, mais les Joyes seraient toujours de même nature. Ce serait, en un mol, la même pièce représentée avec d'autres costumes et d'autres décors.

Ceci dit. nous ne saurions trop nous rallier aux précédents appréciateurs de ce livre pour admirer la profonde connaissance du cœur humain dont l'auteur t'ait preuve, l'esprit qui se cache sous sa feinte naïveté, et le charme qu'offrent dans notre vieille langue ces alternatives de notes comiques et de notes émues qui lui sont familières.

Les dames nous pardonneront d'admirer sans réserve une œuvre qui paraît dirigée contre elles. L'auteur des Quin:{e Jqyes convient lui-même, à la lin de son livre, qu'il y aurait bien plus à dire sur les maris que sur leurs compagnes. C'est aussi notre avis. Généralement, d'ailleurs, les femmes ne dédaignent pas de sourire à ces sortes d'attaques. Ne savent-elles pas que, malgré leurs défauts, apparents ou réels, leur empire est immortel ?

On ignora jusqu'en 1830 le nom de l'auteur des Quinze Jqyes de Mai'iage. A cette époque, M. Pottier, bibliothécaire de la ville de Rouen, s'appuyant sur une énigme trouvée à la fin d'un manuscrit de cet ouvrage', put, avec quekiue

' (]e manuscrit l'ait partie de ceux de la bibliothèque de Rouen, parmi lesquels il est coté Y. 15-13, dans le catalof^ue

autorité , rallrihucr à Antoine de La Salle '. L'opinion de M. l^oltier ayant été généralement

provisoire. Il porte la date de 14fi4 et fait partie d'un recueil qui comprend en outre une Relation de la captivité et de la mort de Richard II, roi d'Angleterre, et des Enseignements d'un père à son (ils. « On pourrait croire, dit M. Jannet. que c'est là le manuscrit original, si diverses circonstances, notamment un certain nombre de fautes, ne prouvaient que c'est l'œuvre d'un copiste ((ui ne comprenait pas toujours ce qu'il écrivait. »

' « Voici, dit M. Pottier, dans une Lettre à M. Techener publiée dans la Revue de Rouen (octobre 1830), voici cette énigme et les lignes qui la suivent, transcrites, à la fin du manuscrit, de la même main que le corps de rou\rage :

De labelle la teste oustez Trcsvistement davant le monde Et samere décapitez Tantost et après leseeondc

Toutes trois a messe vendront Sans teste bien chantée et dicte Le monde avec elles tendi'ont Sur deux piez qui le tout acquite.

En ces huit lignes trouverez le nom de celui qui a dictes les XV .loves de Mariage au plaisir et à la louange des mariez. Esquelles Ils sont l)ic>n aises- Dieu les y veille continuer.

Amen. Doo gracias.

« De grâce, Monsieur, qu?l sera l'heureux (Edipe qui surprendra le secret de ce nouveau Sphinx... Pour moi, j'avoue cjue j'y ai p?rdu mon gaulois. J'avais pourtant cru entrevoir une issue à ce dédale cryptonymique; mais mon fil, peu solide d'ailleurs, s'est rompu au cjuatrième vers, et le reste subsiste impénétrable pour moi. Quoi qu'il en soit, je veux vous faire part de ma tentative d'explication...

» C'est évidemment une charade, dont il s'agit de rassembler les membres épars; ce sont des lettres ou des syllabes qu'il faut extraire et coordonner. Or, j'ai pensé que c'étaient des syllabes, et que, puisque l'on devait décapiter la belle, sa mère, et le seconde, si l'on faisait attention c|up ces mots étaient écrits dans l'original de manière à ne composer avec l'article qui les précède qu'un .seul vocable, on devait les considérer

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