‹ Les quinze joyes de mariage. Nouv. éd., accompagnée de nombreuses notes et précédée d'une noticeChapitre 12 sur 116 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

jjiLiriûg-e sont, à mon adris, les plus grans toiirmciis, douleurs, tristesses, et quinze les plus grans inaleuretc\ ' qui soient en terre , esquelles miles autres paines^ sans incision de jnembres, ne sont pareilles à continuer. Et pourtant je ne les blasme pas de soj" ynettre en mariage, mais suis de leur oppinion, et dy quili font bien, pour ce que nous ne sommes en ce uionde que pour faire penitances, souffrir affliction et mater la chair^ afin d'avoir Paradis. Et il me semble que homme ne se peut mètre en plus aspres penitances que de etîdurer et soustenir les grandes peines et les grans tourniens qui cj'-après sont contenus et déclarés. Mais il y a une chose qui me réconforte^ car ceulx qui sont inariés prennent icelles peines et tourniens pour jojes et liesses , et y sont aussi adurés'^ et accoustumés comme ung asne à porter somme"^, et semble qu'il^ soient bien aises; et pour ce c'est à doubter s'il^ en auront nul mérite. Ainsi, regardans cestes peines qu'il^ prennent pour joyes, considerans la répugnance

' Malheurs, infortunes.

* Endurcis.

' Charge, fardeau. De là vient béte de somme.

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