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DES PRONOMS PERSONNELS

Le quichua n'a que deux pronoms personnels :

NoKA, je. K.1M , tu, loi,

qui se déclinent de la même manière que le substantif.

Gén. NOKAP, de moi (Nokak), Kampa. de toi.

Datif, NoKAPAK, à moi, Kampak, à loi, etc.

Le pluriel se forme également d'une façon régulière.

Lorsque l'on examine le pronom de la première personne, l'on est frappé de la ressemblance qu'il offre avec les pronoms analogues des langues sémitiques et thibétaines. Noka est le nga tbibétain et chinois (2)^ le nuk, ANUK, égyptien (3) , le anokhi hébraïque (4). L'on n'est

(2) Foucaux, Gram, thibétaine, p. 146; Abcl Rémusat, Gram. chinoise, p. 117.

(3) Bircb, Uieroglyphic Gram.^ ia Bunsen's Égypt, t. V, p. 628; Tattam, Coptie Gram., p. S7.

(4) Slaughter, Gram. hêhraica, éd. Barges, p. SI -22.

pas moins étonné de retrouver dans le second élément de ce mot la racine fondamentale du pronom de la première personne des langues indo-européennes: sanscrit, aham; grec et latin, iyti, ego\ ail., ich; a. s., ik» dont l'élément principal est un k (I).

Il est également remarquable de voir que dans la plupart des langues la racine du pronom ahanif je (rac.iÂK-AM), renferme les mêmes éléments que êras, un (a-IK-a); de même, en quichua, ^-OKÂ est très-voisin de UK, HUK, qui signifie un, comme êkas. Or, ce radical, HUK, un, est identique au verbe huk, hurkuni, se tenir debout, se dresser, soit parce que la ligne droite est le représentant le plus naturel et le plus universel du nombre un, soit pour toute autre raison également plausible. 5Ï0KA sera donc : N, celui qui est, huk, le premier, Vunique^ c'est-à-dire l'homme par excellence, le premier des hommes, je, moi.

Le pronom de la deuxième personne, Kam, a certainement une forme différente du pronom arien correspondant, TVAS, tu. Il est cependant possible de ramener l'un à l'autre ces deux mots d'apparence si opposée. Dans certains rameaux des langues ariennes, dans le rameau polynésien, le t et le k se confondent de telle sorte qu'il est impossible à un étranger de dire si le son qu'il entend est un son guttural ou un son dental. Transcrivant le mot anglais steel, acier, les Hawaïens l'on rendu par

(I) The nominatiYe has for ihe firsl pcrson in sanskrit ah. The latin and ilie ^reek seein to haTe preserTed the original consonant in the first person; for tlie ^{ermaoîe langnages baie K and Ke (germ. cb.\ which présuppose g in the earlier laogaages. The san.<krii h and zend z, are therefore corruptions of the original «ound. Modem engiisb, I, bas lost the cousonautas compared wiih the old english âk, like the iuUan io as eompared wiih ihe laiio ego. (Glarke, Comp, Gram,, p. 157.

kila; ils ont rejeté la sifQaQte, parce qu'ils ne prononcent jamais deux consonnes de suite» ont changé le t en k» suivant la loi organique de leur langue, et ajouté un ▲ final, parce qu'ils ne terminent jamais une syllabe par une consonne (Ij. Ce fait n'est pas du reste particulier aux idiomes polynésiens ; certains patois du français présentent la même mutation. Molière, dans le Médecin malgré lui, faisant parler des paysans beaucerons, leur met dans la bouche des formes telles que amiquiéf pour amitié, quurquiéf pour quartier. « Il a eun oncle, qui est si riche, dont il est hérir quié. )> « Il gnia office qui çuienne (tienne), j' sis votre sarviteur (2). » L'on peut conclure de ces exemples qu'il y a eu dans les langues une époque où l'articulation gutturale et l'articulation dentale n'étaient pas complètement séparées l'une de l'autre : les langues indoeuropéennes, au moment où ces deux articulations se sont fixées, ont opté pour la dentale tvas^ tvam; le quichua a préféré la gutturale kam (3).

(I) The Polynesian, octobre 1862; Baschmann, Ui Iles Marquises, p. 301.

(2; Molière, Médecin malgré lui, acte II. se. 2 et 5.

(3) Il semblerait qu*il n*y a pas deux consonnes plas distinctes qiM K et T. ; pourtant dans la langue des ties Sandwich ces deux sons se confondent, et il semble impossible à un étranger de dire si ce qu*il entend est un son guttural on un son dental. Le même mot est écrit avec un K par les missionnaires protestants, et atec un T par les missionnaires caihoiiques. Il faut des mois de travail patient pour apprendre à un jeune Ilavalen la différence entre K et T, entre G et D, entre L et R. Physiologiquemeut, nous ne pouvons expliquer une pareille confusion qne par un vice ou une mollesse d'articulation, le plat de la langue allant frapper le milieu du palais entre les points où Ket T prennent naissance, et produisant ainsi un son qui tantôt se rapproche davautage de la lettre dentale, et tantôt de la lettre pilatale. Mais il est curieux d'observer que, selon des juges compétents, quelque chose d'analogue se produit en français et en anglais. Des observateurs attentifs nous disent qu'au Canada les gens du peuple ont coutume de confondre T et K, et disent mékier et moikié au lieu de métier et moitié. Webster va jusqu'à soutenir, dans l'introduction de son Dictionnaire anglais, que les lettres CL sont prononeéci

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