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CHAPITRE IX

La Vendée hippique. — Etat satisfaisant de l'élevage. — Tj'pes anciens et modernes. — L'influence du pur sang. — La Loire-Inférieure. — Les Deux-Sèvres. — Les Gharentes. — Maine-et-Loire. — Renseignements divers.

Les demi-sang vendéens et charentais sont généralement compris sous la même rubrique, spécialement par l'administration des Haras. En fait, ces animaux, bien que d'origines identiques comme étalons, devraient être classés séparément. Le sol de la Vendée, celui des Charentes, certaines tendances et habitudes d'élevage étant différentes dans chacune de ces deux régions, la même race de chevaux s'y est modifiée assez pour se différencier d'une façon notable.

La Vendée hippique ^ comprend les départements de la Vendée, de la Loire-Inférieure et des Deux-Sèvres. Onpourrait yjoindre le Maine-

1. Dépôt de Remontes de Fontenay ; dépôt d'étalons de de la Roche-sur- Yon.

Gouveniaiite, vendéenne, par Genlilly, trotteur primée du Concours central des reproducteurs

TJ^F^^lf I

Hochetle, 1 m. 64, par Chambert, demi-sang, née eu Loire-Inférieure, primée par la Société hippique française.

et-Loire, où rélevage du demi-sang s'apparente comme t3^pe plutôt au vendéen qu'au normand, car les poulains importés y soat vendéens. Pourtant le Maine-et-Loire dépend du dépôt d'étalons d'Angers, tandis que la Vendée, la Loire-Inférieure, les Deux-Sèvres, dépendent de celui de la Roche-sur- Yon.

L'état actuel satisfaisant de l'élevage vendéen (spécialement en Vendée et Loire-Inférieure) est dû à l'amélioration relativement récente du fond indigène par l'étalon anglo-normand et par le pur sang étalon. On sait qu'il existait dans la Vendée proprement dite, deux types principaux de poulinières, le type du Marais, jadis souvent grand, fort, disgracieux, lymphatique, descendant en partie du flamand, type transformé aujourd hui en bons dragons et cuirassiers, et le type bidet du Bocage, très plébéien, petit, mais nerveux, cheval de selle en son temps.

Le cheval vendéen actuel, qu'il soit trotteur, carrossier ou cheval de selle, grand ou petit, est d'un modèle souvent distingué, plus allongé, mais moins lourd que celui du normand, non seulement à cause de l'influence de l'habitat, mais à cause de l'avancement de nombreuses pou-

linières dans le sang. Beaucoup d'éleveurs livrent leurs poulinières au pur sang pour obtenir — souvent avec succès — le bon galopeur réclamé par les Remontes.

Cependant l'influence du pur sang n'est pas encore si grande qu'on pourrait le croire, puisque sur 6.325 saillies (Loire-Inférieure et Vendée), en 1910, 692 reviennent au pur sang, contre 6.325 au demi-sang, et cela avec une population chevaline totale de 76.020 têtes.

Les centres le plus renommés de l'élevage vendéen sont Saint-Gervais, et, pour le Marais, les environs de Luçon et le Bocage, plus au nord, oii les chevaux sont plus légers.

La Vendée a fourni, en 1910, plus de 800 chevaux pour l'armée. Les Haras s'y fournissent tous les ans d'une vingtaine d'étalons.

La Loire-Inférieure devient une région d'excellente production.

Pays naisseurs : le Pellerin, Saint-Etiennede-Montluc, Moutiers de Bretagne, Savenay, Guémené, Nort-sur-Erdre où se fait un excellent élevage de chevaux fashionables. Mâche-

coiil, Frossay, où on trouve dans ses pâturages salés, de Jjeaux chevaux de réserve (près de 400 achats par les Remontes en 1910).

Pays éleveurs : Saint-Père-en-Retz, centre important où de bons éleveurs réussissent d'excellents poulains, chevaux de concours achetés avec soin en Vendée et en Loire-Inférieure à des prix variant entre 400 à 800 francs au sevrage.

Les Deux-Sèvres présentent comme particularité d'élever du mulet d'une façon intensive. On n'y trouve guère que 1.700 poulinières dont 916 sont saillies par le demi-sang et 38 par le pur sang. Par contre, la population mulassière y atteint presque le chiffre de 6.000, le tout sur un ensemble de 40.900 têtes de chevaux de toute sorte.

Les Remontes n'achètent guère que 80 à 95 chevaux dans ce département. On doit signaler que des éleveurs des Deux-Sèvres font à Ménigoute et à Saint-Maixent l'élevage de quelques anglo-arabes provenant du Midi, du Puy-de-Dôme, de la Creuse, de la Haute- Vienne, dans le but de les vendre comme étalons aux Haras.

L'élevage chevalin est, dans les Deux-Sèvres, en décroissance régulière, tandis que, au contraire, en Vendée et dans la Charente, l'élevage se maintient depuis quelques années après avoir, lui aussi, subi sa crise.

La population chevaline de ces trois départements monte à 107.300 têtes, dont 37.000 poulains au-dessous de 3 ans.

Le Charentais proprement dit ^, qui s'élève surtout dans la Charente-Inférieure (Rochefort, Saint-Aignan, Marennes, Saujon) et dans les cantons de la Charente Favoisinant (Montmoreau, Chalais, Villebois-la- Valette), est généralement d'un modèle plus important que le vendéen, moins distingué, plus trotteur, moins cheval de selle quand il n'est pas très près du sang.

La population chevaline totale des deux Charcutes s'élevait en 1909 à 77.880 têtes, avec 11.040 chevaux au-dessous de trois ans, parmi lesquels la Remonte a pu, en 1910, acheter à

1. Dépôt de Remontes de Saiiit-Jean-d'Angél}^ dépôt d'étalons de Saintes.

Hercule, 5 ans, 1 m 60, par Sahel, pur sang, né en Charente Inférieure, primé aux poids lourds, Société du Cheval de Guerre, à M Roy.

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Hoichkiss, 5 ans, 1 m. iil, par Remorqueur, demi sang, né dans l'Ain, i^rimé par la Société hippique française.

peu près 500 chevaux environ, plus une cinquantaine seulement en Charente. Il est aussi à remarquer qu'en 1910, dans ces deux départements, le pur sang a sailli 354 juments.

L'élevage des charentais et vendéens a suivi les mômes fluctuations que celui des normands ; il en est encore dépendant jusqu'à un certain point.

Les vendéens et charentais figurent au même Stud book. Ils coopèrent au service de la monte générale, de par les achats réguliers que font les Haras Ainsi, en 1910, l'administration a acheté 23 demi-sang nés dans la région, au prix moyen de 7.000 francs K

1. La région cliarentaise et vendéenne est desservie par les dépôts de Saintes et de la Roche-sur-Yon avec 37 pur sang anglais, 8 pur sang anglo-arabes, 1 demi-sang anglo-arabe, 228 demi-sang normands ou vendéens, 53 trotteurs, 13 postiers bretons.

Nous avons signalé que certains éleveurs vendéens et charentais achètent annuellement un nombre grandissant d'angloarabes nés dans la région pyrénéenne. Ils les élèvent dans leurs gras pâturages où ces animaux prennent de l'ampleur en perdant un peu de leur trempe et sont ensuite vendus soit aux Remontes, soit aux Haras. Ainsi, en 1910, les éleveurs vendéens et charentais ont cédé aux Haras, lors des achats

Plusieurs centaines d'étalons privés de trait saillissent 3. 000 juments de trait et mulassières. Le pa3^s de production du mulet est le Poitou et le^ régions limitrophes. Certaines statistiques font livrer au baudet près de 45.000 juments dans la seule région de l'Ouest. Cependant la dernière statistique des Haras fixe à une vingtaine de mille seulement les représentants de l'espèce mulassière dans l'Ouest.

Les courses au trot sont nomîjreuses dans le pays (76 hippodromes et plus de 150.000 francs d'allocations).

Les principaux éleveurs sont : MM. Garreau et Mabilais, à Saint-Etienne-de-Montluc (Loire- Inférieure) ; Gauvreau, à Angles (Vendée) ; Bonnin, à Grues (Vendée) ; Priouzeau, à Péault (Vendée) ; Rivierre, à Saint-Cyr-en-Talmondais (Vendée); Begaud, Pignon, àArdillières (Charente-Inférieure) ; Marchesseau, à Aigrefeuilled'Aunis (Charente-Inférieure), etc.

d'étalons de Toulouse, 9 étalons angio arabes au prix de 5 à 6.000 fr. pièce. Au Concours des reproducteurs, les angloarabes élevés dans l'ouest obtiennent d'importantes primes.

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Le Maine-et-Loire, autrefois, dans les arrondissements de Segré, Cholet, Saumur et Angers, présentait un élevage prospère. On y trouvait des chevaux à deux fins réputés pour leur qualité. Aujourd'hui, le gros cheval y détrône le chevalde sang. L'élevage s'y spécialise et le cheval de selle y devient plus rare, mais, par contre, meilleur. Ainsi, dans les concoursdeNormandie voiton parfois primer des animaux nés en Anjou.

En 1910, 5.852 poulinières de demi-sang (contre 5.076 en 1904) ont été saillies, dont 433 par le pur sang.

Les concours de selle et du Cheval de guerre à Saiinmr ont mis hors de pair quelques très beaux sujets K Cependant la moyenne de la production est assez ordinaire, et les Remontes ne peuvent guère y acheter qu'une centaine de chevaux dont une soixantaine d'attelages.

Les meilleurs élevages se groupent autour de Chemillé, Beaupréau, Cholet, Segré, Saumur, Angers .

1. C'est à ce Horse Show de Saumur, concours central de la Société du Cheval de guerre, que l'amateur de beaux chevaux de selle français trouvera les meilleurs galopeurs sous du poids.

Nous ne parlerons ni de la Mayenne ni de la Sarthe, où on ne fait que du trait et où nos Remontes ne peuvent acheter que 30 à 35 chevaux selle et artillerie desservies aussi par le dépôt d'Angers.

Concours de selle : Machecoul, Sainte- Pazanne ; Rochefort, en avril et juin, septembre et décembre ; la Roche-sur-Yon en Juillet.

Concours de Cheval de guerre : Rochefort, Poitiers, Angoulême (alternativement).

Concours hippiques : la Rochelle tous les deux ans ; Royan, Poitiers, Angoulême, Nantes.

Ecoles de dressage : Rochefort-sur-Mer, la Roche-sur-Yon, Saint- Gervais, Challans, Luçon, Nantes.

Fadelte. demi sang vendéenne, par Cleodore, pur sang, primée par la Société du Cheval de Guerre.

(jladialciir, demi-sang, pelit-fils de Lauater, troUeur.

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