TS
ts.
LKS i)i:mi-sang du centre 109
Mêmes observations pour l'Ain avee 2.7)61 saillice, pour l'Allier avec 1.703 et pour la Nièvre avec 1.053.
Cet état exceptionnel a pour cause, en ce qui concerne la Saône-et-Loire, — et aussi bien les autres départements cités ci-dessus, — le régime de l'élevage et l'importance des achats de la Remonte. En effet, en Saône-et-Loire, où la densité chevaline est faible, les poulinières destinées à produire le cheval d'armes sont, pour la période de 1905 à 1911, au nombre de 3.100 à 2.700, ce qui n'indique pas un état pléthorique ; hs éleveurs se recrutent surtout parmi les petits cultivateurs.
.\insi, la majorité des éleveurs ne vend qu'un cheval ou deux à la Remonte ; rares sont ceux qui en vendent plus de 5 ou 6.
De plus, l'élevage du cheval n'est pas la seule industrie du cultivateur, et on dit couramment en Charolais que a là où il y a dix bœufs, s'entretiennent gratuitement une poulinière et son produit ». Tous comptes faits, donc, l'élevage chevalin en Charolais n'est pas, comparativement avec d'autres régions, onéreux. Le cultivateur conserve volontiers sa poulinière, d'au-
tant plus que les Remontes achètent certainement 1/3 des animaux présentés, soit deux fois plus qn'en Normandie ^.
L'Allier et la Nièvre sont moins privilégiés (la Remonte y achète 1 cheval sur 6, 5)et l'Ain encore moins (1 cheval su 8).
Il ne faudrait pas croire cependant que le Charolais échappât complètement aux reproches qu'on a formulés d'une façon générale contre la production de demi-sang, comme partout. Les chevaux très réussis y sont peu nombreux, et la moyenne de la production mérite de nombreuses critiques. Elle a donc aussi de très grands progrès à effectuer. Comme partout, le beau cheval de tête est rare, avec de la charpente, de l'étendue, de la lame, du bouquet et des membres. Les concours de majoration sont malheureusement probants sur ce point. Cependant le stock des poulinières primées, livrables à l'étalon de pur sang, s'améliore sensiblement.
Quant au cheval ordinaire, au troupier, la
1. En 1905, 3100 poulinières en Saône-et-Loire, soit 1.8G0 naissances; sur ces produits, 250 déchets ; 1.600 poulains présentés aux Remontes ; achetés 530, soit le 1/3 des présentés.
Remonte trouve assez facilement 250 dragons avec quelques têtes (issus de pur sang de tout premier choix).
Composition du dépôt d'étalons de Gluny.
Pur sang
Trotteurs
Demi-sang normands. .
Postiers
Traits
NA-ÎIONAUX
APPROUVÉS
Si, d'une part, les poulinières sont encore insuffisantes, de l'autre, bon nombre d'étalons du dépôt de Cluny présentent un manque d'adaptation assez sensible aux besoins de la
Les étalons de pur sang ont généralement très bien réussi, et la Remonte de Mâcon a pu acheter en 1911, dans sa circonscription, 207 issus de pur sang. Les étalons de demi-sang^ issus eux-mêmes du pur sang, donnent aussi des
résultats satisfaisants. Les autres étalons, trotteurs ou demi-sang, ne lèguent pas, le plus souvent, le modèle selle à leurs produits.
On souhaiterait voir dans les stations de monte des étalons de demi-sang près de terre, compacts, râblés, bien « tendus », bien ouverts, bien membres. Ils y feraient souche d'excellents artilleurs que ne donnent pas les étalons de demi-sang actuels, à quelques exceptions près.
L'élevage du Centre se répartit en trois régions : la Saône-et-Loire, l'Allier et la Nièvre. On peut y ajouter une partie de l'Ain.
En Saône-et-Loire [Charolah)^ la population chevaline en 1909 atteignait 32.780 têtes, dont 6.920 au-dessous de trois ans.
En 1910, 2.743 juments ont été saillies, dont 531 par le pur sang, 2.142 par le demi-sang et 116 par le trait. Les statistiques comparées dénoncent d'ailleurs une augmentation légère dans le nombre des saillies.
Les achats que les Remontes effectuent peu-
vent y atteindre le chiffre de 600 tètes, dont près de 200 attelages d'artillerie, puis surtout des dragons, peu de légère (40 à 45), et 80 cuirassiers environ.
Le demi-sang s'élève dans les arrondissements de Gharolles et d'Autun et dans les parties ouest de ceux de Chalon-sur-Saône et de Mâcon. Les herbages y sont excellents et les chevaux constamment en liberté y acquièrent beaucoup de rusticité.
Ce que le Charolais réussit le mieux, c'est l'issu du pur sang. Le croisement y donne des chevaux bien épaulés, bien corsages, trempés dans leurs membres, denses dans leurs tissus, brillants, faciles et « cavaliers » dans leurs allures. En 1911, le comité de Remontes de Mâcon en a acheté 207, et la proportion de ceux qui ont été refusés est infime ; il y a donc très peu de ratés au contraire de ce que prédisaient les ennemis du père pur sang.
Les poulains aptes à faire une carrière deconcours se vendent très cher, 700 et même 1.000 francs, à cause de la rareté du type tout à fait complet. C'est parmi ces sujets-là que se recrutent les lauréats du concours de Paris et
les champions du Cheval de guerre, à Saumur.
Il y a lieu de remarquer que les courses au trot (21 hippodromes avec plus de 100.000 francs de subventions sur le territoire du dépôt de Cluny) assurent l'existence d'un certain nombre de poulinières de qualité. Plusieurs bons éleveurs, en effet, se livrent, dans le centre, à l'élevage du trotteur.
Dans la partie nord de Saône-et-Loire (Joucy, la Guiche, Mont Saint-Vincent, Blanzy), plus accidentée, l'herbe est plus sèche, plus substantielle. Aussi les chevaux y ont-ils plus de qualité. Etant, de plus, avancés dans le sang, ils méritent tout à fait le qualificatif de selle.
Dans la partie sud, où l'élevage est très intense (Cluny, Paray-le-Monial, Charolles), les pâturages riches en calcaires et phosphates développent à point le squelette des poulains. On y élève beaucoup en vue du trotting, et c'est là qu'on peut rencontrer des carrossiers vites et brillants, ainsi d'ailleurs que de forts chevaux de selle s'ils se rapprochent du sang. Gilbert, Biliiron, Vitelliiis, pur sang, y sont actuellement les meilleurs étalons ; Uiist, demi-sang par Cherbourg ; Raffiné, demi-sang par Saint-Pair
du Mont, pur sang ; Torticolis, demi-sang par Saint-Pair du Mont, pur sang, produisent aussi parfaitement bien.
La Société hippique de Saône-et-Loire a su influencer l'élevage de ce département d'une façon très louable, et lui procure environ 18.000 francs de subvention. L'influence de la Société du Cheval de guerre et des Remontes militaires influent fort heureusement dans le sens selle.
Concours de selle et de majoration : à Charolles, à la Pentecôte et en octobre ; à Gluny, 20 septembre ; Paray-le-Monial, octobre. Concours du Cheval de guerre en octobre, à Charolles.
V Allier a une population chevaline de 21.350 têtes, dont 3.630 au-dessous de 3 ans. ' En 1910, sur 1.283 poulinières, 1.004 furent saillies par les demi-sang, 279 par les pur sang et 7 seulement par le trait. Le nombre des saillies est en augmentation légère, bien que l'Allier ait été très éprouvé par la crise depuis 1905. Les Remontes y ont acheté 174 chevaux.
dont 133 de selle, parmi lesquels une très forte proportion de chevaux de tête. Ceci s'explique par ce que dans le Bourbonnais les amateurs de chevaux et veneurs sont nombreux et ont placé dans l'élevage de bonnes poulinières qu'ils donnent volontiers à l'étalon de pur sang.
8 pur sang font la monte dans ce département, ainsi que 27 demi-sang et 29 traits fy compris les approuvés).
L'élevage, en somme, peu nombreux malgré des prairies suffisantes, est disséminé et peu homogène. Dans le nord-est (Moulins, Dompierre-sur-Berbre), de bonnes poulinières trotteuses produisent des sujets destinés au trotting. Les autres poulinières, assez communes mais bien établies, donnent souvent, avec des étalons aptes, d'utiles poulains. Du côté de Montluçon, au contraire, dans le sud est, les poulinières se rapprochent du modèle selle, un peu légères peut-être, mais distinguées et trempées. Le pur sang, par leur entremise, donne de très bons produits qui de bonne heure émigrent dans la Creuse et le Puy-de-Dôme.
Dans la Nièvre, où jadis semblait devoir prospérer un excellent demi-sang qui eut son temps de juste célébrité, et qu'on comparait au hunter irlandais, un peu avantageusement car il manquait trop de sang pour cela, dans la Nièvre s'étale aujourd'hui en vainqueur l élevage du gros cheval de trait noir, source de richesse sans grands aléas. 14 étalons de trait nationaux et approuvés y saillissent plus de juments que tous les étalons de demi-sang.
Les cantons où on trouve encore de bons chevaux de demi-sang sont ceux de Saint- Pierre-le-Moustier, Nevers, Gercy-la-Tour. Ils y sont osseux, membres, hanchus et possèdent de bonnes allures. Le sol calcaire et riche en phosphate leur est extrêmement favorable. Leur nombre est assez restreint, car la Remonte n'y peut acheter guère plus qu'une quarantaine de chevaux de selle, dont 6 ou 7 de tête, et le reste artilleur.
La population chevaline s'y élève à 30 . 890 têtes, dont 7.860 de moins de 3 ans.
En 1910, près de 1.949 juments ont été saillies dont plus de 600 par le trait.
Concours : Nevers, Gercy-la-Tour.
L'Ain, avec ses 20.630 chevaux dont 3.060 au-dessous de 3 ans, possède 2.087 poulinières dont 52 livrés au trait, fournit un peu plus de chevaux à la Remonte que la Nièvre.
L'élevage du demi-sang y est numériquement stationnaire. Il se fait dans l'arrondissement de Boury et dans les Dombes en de très mauvaises conditions. Aussi, beaucoup de chevaux sont-ils médiocres, petits, plats, enlevés, issus de poulinières déplorables. On en rencontre pourtant quelques-uns ayant de la distinction et des allures chez de rares bons éleveurs qui savent employer le pur sang et l'anglo-arabe, tels MM. de Monicault et Crozet.
Un certain nombre des produits de l'Ain sont importés en Saône-et-Loire et en Allier, où ils acquièrent du squelette et de la masse.
Il n'y a dans les régions dont nous venons de parler ni marchands de chevaux ni courtiers en dehors des directeurs des écoles de dressage. Celles-ci, par contre, sont nombreuses. Cela tient, sans doute, à ce que les éleveurs, pour leurs travaux agricoles, ne se servent pas de
leurs chevaux, mais seulement de leurs bœufs, et qu'ils sont, par suite, si maladroits avec les chevaux qu'ils sont obligés d'avoir recours au dresseur, même pour présenter un cheval à la Remonte : d'où certaine perte de bénéfice pour l'éleveur. Aussi, il est probable qu'un marchand intelligent ferait fortune dans le pays. Nous savons que de gros courtiers parisiens viennent annuellement y enlever les meilleurs sujets.
Ecole de dressage (Saône-et-Loire) : M. F. Chevalier, à Charolles(z(ie/2z) ; à Gluny, MM. de Bellefon, Rieu, Odoux; à Giry, Le Noble Delorme ; à Toulon, MM. Arroux, Becque ; à Paray-le-Monial, M. Bataille.
Allier : k Moulins, M. Colin; à Bellerive, près Vichy, MM.deClerval et Parade; à Saint- Pourçain, M. Séramy.
Nièvre : à Cercy-la-Tour, M. Baccaud ; à Sainte-Parize-le-Châtel, M. Duret.
Ain : à Villars-les-Dombes, M. Frémont.
Foires : pas de foires importantes de chevaux de demi-sang; sauf celle de Montmerle, dans l'Ain, qui se tient dans les premiers jours de septembre. Jadis bien fréquentée, elle n'est plus qu'une foire de laitons (poulains de 5 à 6 mois), dont il ne se vend guère que 150 à 200 par an et pour 300 francs en moyenne, tandis qu'en Saône-et-Loire, à certains concours de poulinières, sous de très bonnes mères, il est vrai, nombre de laitons issus de père pur sang atteignent jusqu'à 700 et 800 francs.
Concours de selle : l"" A Lyon, fm avril, concours de poulains et pouliches de 3 ans, 10.000 francs de prix, dont 2.000 pour issus d'un étalon de pur sang. On y trouve les futurs lauréats de Vichy, Saumur, etc.
2"" Dans l'Ain, alternativement à Villars, Chalamont, Boury, Thoissey, fm août, pour chevaux de 3 à 7 ans. Concours peu importants.
3*^ Concours de Vichy, juillet (Société hippique française), très important, le plus intéressant après celui de Paris ; concours du Cheval de guerre à Charolles (très bon lot d'animaux
Mignon, demi-sang charolais, par Gilbert, pur sang, primé par la Société du Cheval de Guerre
Frédégonde, demi-sang charollais, par Gilbert, pur sang, primée aux poids lourds parla Société du Cheval de Guerr
de 3 à 6 ans) ; petits concours de sociétés particulières à Charolles en mai, Cliiny en septembre, Nevers fin juillet, Mont-Marault (Allier) fin septembre.
U élevage dans le Berry. On doit aussi ranger parmi les demi-sang du centre ceux du Berry, c'est-à-dire du Cher et de X Indre] avec ceux de la Loire, dont nous parlerons plus loin, ils ne forment assurément pas un ensemble très brillant. On ne doit pas cependant les passer sous silence, car quelques-uns d'entre eux font bonne figure aux concours et aux Remontes.
Avant la Révolution, le cheval berrichon était un bidet commun, mais très bon serviteur, rustique et résistant. Il fut peu à peu transformé par l'amélioration au moyen de Uanglo-normand. Les juments actuelles sont pour la plupart osseuses, utiles mais communes.
Dans les régions du Cher et de l'Indre qui touchent au Plateau central, l'influence angloarabe s'est fait un peu sentir. On y importe quelques originaires du Sud-Ouest qui réussissent fort bien. Mais les juments plébéiennes n'y sont guère que des limousines communes.
Les meilleurs centres d'élevage s'étendent, dans le Cher, autour surtout de la Guerche et de Sancoins, Néronde, Lignères, le Châtelet, Saulzais, de Châteaumeillant (types angloarabes) et, dans l'Indre, autour de la Châtre, Argenton, Saint-Benoist-du-Sault. L'élevage de ce dernier département est moitié moins nombreux que celui du Cher.
Les statistiques ci-dessous donneront une idée de l'importance de la production berrichone. La population chevaline des deux départements s'élève à 77.020 têtes, dont 19.920 au-dessous de 3 ans. Les étalons de pur sang y ont sailli 150 juments, ceux de demi-sang 1.995 juments (dont 695 seulement pour l'Indre) et ceux de trait 2.002 juments, presque toutes dans le Cher.
La Remonte militaire ne trouve à acheter dans cette province qu'environ 100 chevaux de selle, dont 9 de tête et 88 artilleurs traits (1910).
Le département de la Loire, avec une population chevaline peu nombreuse (17.760) et 1.349 saillies en 1910, livre chaque année aux Remontes environ 150 à 170 chevaux, dont une
centaine type dragon et l'autre artilleurs attelage.
Les chevaux de la Loire, issus des étalons de Cluny, se rapprochent assez des Saône-et-Loire. Ceux du Forez sont plus légers, mais bien trempés.
Le pur sang saillit environ 190 poulinières et les demi-sang et les trotteurs le reste. Un centre excellent se trouve à Feurs (hippodrome de trot, élevage de M. Ory). On trouve quelques types cuirassiers dans la région de Montbrison, produits nés et élevés dans le pays. Des chevaux d'attelage genre artilleur, venant des Dombes, sont élevés du côté de Roanne.