‹ Les races chevalines française et anglaisesChapitre 29 sur 90 · rue de Lisbonne. Programmes, règlement et bulletin · texte numérisé non relu

rue de Lisbonne. Programmes, règlement et bulletin

grammes et de distribuer beaucoup d'argent, si cet argent était mal distribué par un jury incompétent et trop nombreux, comme le sont en France la plupart, on pourrait même dire tous les jurys. Dans les concours de la Société du cheval de guerre, le jury n'est composé que de trois membres choisis parmi des connaisseurs (un directeur des Haras, un commandant de Remontes, un « homme de cheval » de la Société). De plus les lauréats sont essayés montés. Un tel classement donne une très grande valeur marchande aux premiers classés qui sont enlevés par le commerce à de très gros prix, ou par les Remontes.

On ne saurait trop insister sur l'autorité que donne d'autre part, aux jurys de cette Société, l'exclusion de toute ingérence politique. La politique est, en effet, un ferment de désorganisation qui fausse toutes les indications des concours. Presque partout on récompense l'éleveur « bien pensant )) et non le « cheval bien marchant », ou parfois, par équité distribulive, on répartit la manne àtourdcrôle. Les deux systèmes sont pour l'élevage aussi mauvais l'un que l'autre.

Si, pour faire œuvre utile, toute société bip-

pique d'encouragement doit, dans l'établissement de ses programmes, s'occuper de l'éleveur, l'étudier dans ses possibilités climatériques, agronomiques et économiques, elle a le devoir, dans la distribution des récompenses, d'ignorer la personnalité et les origines de l'éleveur, pour ne considérer que celle de son cheval. Cette façon de procéder est malheureusement extrêmement rare .

Au début, la Société du cheval de guerre n'acceptait — outre les anglo-arabes qualifiés — que les demi-sang issus d'un père pur sang ; il fallait, en effet, non seulement donner satisfaction à la Remonte, mais mettre en évidence le bon modèle et la qualité de ces fils de pur sang tant décriés par les étalonniers de trotteurs. Il fallait créer un mouvement d'opinion en objectivant les desiderata de la Cavalerie... Depuis, la Société a accepté les produits de la formule inverse (mère pur sang, père demi-sang), formule qui ne donnera que de rares individus, le nombre des poulinières pur sang destinées au demi-sang étant fort restreint et généralement médiocre.

En certains concours, assez peu nombreux

d'ailleurs, la Société a même admis le demi-sang de père et de mère. C'était là une mesure transactionnelle dont on pouvait douter de l'opportunité, le demi-sang par demi-sang recevant d'autre part des encouragements qui lui sont propres. Enfin, en 1913, la Société décida d'admettre, dans ses concours, les fils ou petits-fils de pur sang du côté paternel ou maternel. Les éleveurs, sans sortir de la formule dite du Cheval de guerre, pourront ainsi donner leurs pouliches au demi-sang, afin de rechercher le (( gros » qu'une ascendance trop répétée de pur sang pourrait leur enlever.

On peut supposer que, dès que les Haras se seront procuré des demi-sang qualifiés selle pour poids lourds, les produits de ces derniers seront acceptés dans les concours de la Société.

La Société du Cheval de guerre donne des concours régionaux dans le Sud-Ouest (Lembaj^e, Auch, Beaumont deLomagne, etc.) pour seuls anglo-arabes, avec Pau comme concours principal ; dans le centre (Limoges, Clermont-Ferrand, Niort, Poitiers, Charolles) dans le Nord- Ouest (Carentan), avec Saumur comme concours central pour toute la France.

LE DEMI-SANd GALOPEUR FRANÇAIS 16.*]

Les concours régionaux réunissent certainement l'élite de la production selle de l'armée. Mais c'est à Saumur qu'on peut voir les sujets tout à fait de tête. Aussi « la Semaine de la Société du Cheval de guerre » est-elle de plus en plus suivie, non seulement par les notabilités ofïicielles ou privées de l'élevage français, mais encore par les amateurs français et étrangers. Le concours de Saumur deviendra, nous n'en doutons pas, une sorte de marché spécial pour le cheval de selle. Les premiers primés de la Société y atteignent déjà de hauts prix marchands, et plus d'un éleveur voit, à cause du sérieux et de la sincérité des épreuves, la valeur de son cheval doubler, s'il a pu mériter une première prime, une coupe ou un championnat.

Les autres sociétés qui, avec des programmes divers, s'intéressent au cheval de selle sont :

La. Société sportive cV encouragement [société de courses dont le budget atteint en 1912 4.401.000 francs) consacre 244.065 francs en « encouragements aux chevaux de remonte et de service )). Ces encouragements sont répartis de la façon

suivante : a) Epreuves d'arrondissement et de circonscription : 168.000 francs pour chevaux : 1^ autres que de pur sang ; 2° autres que de pur sang et contenant au moins 25 0/0 d'arabe. Chaque épreuve comporte des allocations aux propriétaires, primes aux naisseurs, primes aux cavaliers ;

/?) Subventions aux concours de chevaux de selle de l'Administration des Haras (61 .665 fr.) ;

c) Subvention à la Société du Cheval de guerre (12.000 francs), distribuée aux épreuves spéciales au galop ;

d) (pour mémoire) Subvention à la Société du trait léger.

La Société des steeple-chases (dont le budget en 1912 est de 3.764.590 francs) distribue 179.000 francs à l'élevage de la façon qui suit :

Cl) Aux chevaux d'armes, en cross countries militaires avec primes aux naisseurs des chevaux vainqueurs et placés : 1"^ en l'^'^ catégorie (58.500 francs), aux issus de pur sang (Caen et Saint-Lô, Mâcon, Faverney, Paris) ; 2'' en 2^ catégorie (20.250 francs) pour pur sang et demi -sang et anglo-arabes (circonscription de

Poltron demi-sang, par Patriote, pur sang, et jument Norfolk, fille de Normande primé par la Société du Cheval de Guerre.

Tarbes) ; S*" 3 cross réservés aux vainqueurs des deux catégories f9.750 francs) ;

Z?) Chevaux de service, cross countries pour chevaux de demi-sang, pour chevaux de demisang anglo-arabes (54.000 francs) ;

c) Primes au naisseur (6500 francs) à la Société du Cheval de guerre ;

c?) (pour mémoire)^ Subvention (57 000 fr.) à des sociétés de course au trot de province. Notons que, cette année, 1912 la Société des steeples a généreusement doté de 30 000 francs le raid dit des patrouilles de la cavalerie.

La Société d encouragement à Vélevage du cheval français de demi-sang, sur un budget de 1.684 800 francs, consacre 22.000 francs à subventionner l'élevage autre que celui du trotteur de la façon suivante : Courses d'obstacles en province, 5. 000 francs; au cheval d'armes, championnat annuel, 10.000 francs ; au cheval de guerre, 5.000 francs ; au cheval de trait léger, 2.000 francs (pour mémoire).

La Société d encouragement pour laméliora^ lion des races de chevaux en France, sur un

1. On ne peut vraiment compter cette allocation comme encouragement à l'élevage du cheval de selle.

budget de 4.140.000 francs, jusqu'à présent ne distribuait aucun encouragement à l'élevage du cheval de selle autre que le pur sang dans les épreuves de vitesse.

En 1913, cette société a institué des Prix de cavalerie, a\ec une dotation de plus de lOO.OOOfr. permettant à la Remonte militaire d'acquérir gratuitement le vainqueur de pur sang de certaines épreuves. L'idée est extrêmement ingénieuse. Elle facilite à nos otïiciers leur remonte avec les meilleurs de tous les chevaux d'armes que la hausse des prix mettait hors de leur portée, ou qu'enlevaient trop facilement les étrangers depuis quelques années.

La Société hippique française réserve au cheval de selle de toutes formules 58.300 francs contre près de 80.000 aux chevaux d'attelage (1810). Ses tendances actuelles, cependant, évoluent heureusement vers la mise en valeur du cheval de selle français auquel des subventions de plus en plus importantes sont accordées.

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